#61 – Montpelliérien #061 – Ça va bieux

Fini la sensation d’avoir la tête comme une pastèque, je retrouve peu à peu mon melon habituel. J’avais oublié cette sensation de vivre à l’intérieur de soi comme à l’extérieur. Quand les oreilles sont tellement bouchées que les seuls sons audibles sont les battements du cœur. Quand on a des ziguigui presque invisibles qui gigotent devant les yeux tels le plancton des profondeurs qui s’irise mais pas trop, et qu’on a beau cligner mais rien n’y fait, et qu’on regarde dans l’autre coin de la pièce, mais non, c’est toujours là. Quand on sent ce qui passe où ça passe, et si ça file plutôt droit dans les tuyaux ou si les angles touchent le bord. Je parle de boire et de manger, bande de sales. À mesure que je progresse en tâtonnant dans mes sensations internes qui s’imposent à ma conscience comme de réels stimulus extérieurs, alors que d’habitude je les ignore tout simplement, je sens qu’autour de moi les parois sont de moins en moins gluantes, que ça renifle moins au bout du couloir, que les oursins fichés dans le secteur du larynx commencent à tomber leurs piquants, ça doit être le printemps. Enfin bref, je le sens, je commence à voir la lumière de derrière le rideau de mucus, le bout du tunnel quoi. J’en suis sûr, la sortie c’est par là.

Photo par Gwlad (rue Cité Benoit)

Si j’avais le temps d’aller voir un concert ce soir, ce serait les Gramophone Stomp au Broc’ Café, 2 boulevard Henri IV. C’est gratuit, ce qui en soit pourrait suffire, mais surtout le dernier concert que j’ai vu là-bas, celui des Canibal Dandies, ma donné envie d’y retourner histoire de confirmer s’ils avaient toujours autant de goût pour choisir les artistes qui passent chez eux. En plus, on aura peut-être droit à une coupure de courant, et laissez-moi vous dire que si vous n’avez jamais vécu une coupure de courant au Broc’ Café, c’est que vous n’êtes jamais allés au Broc’ Café. Moi j’aime bien les coupures de courant, je trouve que ça met l’ambiance.

Mais je n’en aurais pas le temps, vous me direz comment c’était. Ce soir, c’est la soirée bouclage de Numéro 0. Si vous savez pas de quoi je cause, vous pouvez vous mettre à jour en lisant cet article d’avant la Grande Crève : Connaissez-vous Numéro 0 ?

Je vous rappelle également que les bouquinistes sont installés, comme chaque samedi, aux Arceaux et sur l’esplanade Charles du Gaulle, qu’ils ont des livres à pas cher du tout, à trop chers pour moi, à juste le bon prix pour qu’on hésite une bonne demi-heure avant de céder.

Allez, à demain, en espérant avoir retrouvé toutes mes facultés d’ici là, parce que je vous raconte pas comment je rame pour écrire trois mots ces derniers jours…

#59 – Montpelliérien #059 – Badhébadigues

Connaissez-vous le célèbre conte de « Celui qui voulait fermer les yeux vingt petites minutes, c’est tout, et qui se réveilla à 22h » ? Là d’où je viens, tout le monde le connaît, mais peu savent qu’il y a une fin alternative. Laissez-moi vous raconter.

Dans une ville lambda d’un pays mu sur le continent nu d’une planète xi dans un système omicron d’une galaxie pi d’un univers rhô, on considère un homme iota dans un appartement kappa qui se sentait fatigouse depuis plusieurs jours. Bien décidé à faire une petite sieste pour rattraper un sommeil qui lui avait manqué ces derniers temps, et faisant fi des avertissements de ses amis et mies qui lui disaient « le sommeil en retard ne se rattrape pas » car ils l’avaient lu sur internet, il s’allongea sur un canapé, lança 平成狸合戦ぽんぽこ dans une langue epsilon ou Pompoko dans une langue zêta, et ferma les yeux à t = 0. Lorsqu’il les rouvrit il était t = 18000 secondes. Je vous laisse un peu de temps pour calculer combien ça fait en minutes et en heures. Bref, il était maintenant 22h au système standardisé de fragmentation de la durée d’une rotation complète de la planète xi. Notre homme iota se dit qu’il n’arriverait jamais à se rendormir. Mais il le put, quelques heures plus tard à peine, après n’avoir véritablement prêté attention ni à 平成狸合戦ぽんぽこ ni à 進撃の巨人.

  • La première fin possible à cette histoire, et la plus courante, est celle-ci : iota se rendormit à t = 25200s et se réveilla à nouveau à t = 39600s sans plus être capable de refermer l’œil de la nuit. Dépité, il se leva et se maudit d’avoir voulu dormir vingt petites minutes, c’est tout. Le reste de sa vie fut un enfer car, non-seulement il était plus fatigué encore qu’avant cette mésaventure étant donné que le sommeil, non vraiment, ça ne se rattrape pas, et en plus il était tout décalé, et c’est vachement difficile de reprendre le rythme quand on est tout·e décalé·e. Mais, aujourd’hui, on va essayer d’être un peu originaux :
  • La seconde fin, c’est celle ou en fait, en se réveillant à t = 99999s, notre homme se rendit compte qu’on avait remplacé sa gorge par un brasero au dessus duquel quelque virus ou bactérie sans domicile fixe était en train de se chauffer les mitaines, qu’on lui avait coulé de la pâte à crêpe dans les sinus, et remplacé le cerveau par des touffes de coton imbibées d’éther.  Il décida que tous ses plans pour la journée étaient annulés, qu’il allait, comme il le pouvait, remplir un blog thêta et retourner au plus vite se coucher.

Moralité : vous n’êtes décidément pas très fort·e quand il s’agit de convertir des secondes en heures.

Photo par Gwlad (rue du Guesclin)

Cet article manque sans doute un peu de rigueur scientifique, mais comme je ne suis pas en état de me rappeler ni de relire ce que je viens tout juste d’écrire, je compte sur vous pour relever les erreurs et incohérences qui s’y seront glissées avant que je l’envoie pour être publié dans Folklores algébriques.

Ce soir moi je serai au chaud dans mon lit, comme cet aprem, mais je suis sûr que vous trouverez tout un tas de choses à faire à Montpellier.

#55 – Montpelliérien #055 – Dormir jusqu’à pas d’heure

Aujourd’hui, je n’ai pas mis le réveil.

Je me suis lâché la grappe, comme on dit. J’avais accumulé pas mal de sommeil en retard ces dernières semaines. Évidemment, j’ai quand même pensé au blog, je me suis dit c’est pas sérieux. Mais en vérité, même quand je me dépêche pour sortir un article à 9h30, je remarque que la plupart d’entre vous ne commence à débouler que vers midi environ, et puis je n’ai jamais promis de publier les articles à une heure précise, en fait. Hier, j’ai donc décidé de ne pas mettre le réveil pour ce matin.

Ce matin, parlons-en. Je suis dans mon lit, en train de me sortir du sommeil tout seul comme un grand, les idées encore un peu embrumées, et je sens bien qu’il est exactement la même heure que d’habitude, que quand je le mets, mon réveil. Je me dis tiens, je vais leur raconter ça sur mon blog. Bien sûr ça n’intéressera personne, mais il faut bien que je leur raconte quelque chose à ces braves gens. Là, à ma grande surprise, le réveil sonne. Tout en décidant de ne pas le programmer, je l’avais quand même fait. Sans doute par réflexe. Je l’arrête et je jette un bref coup d’œil à mon écran : il est effectivement exactement la même heure que d’habitude. Sur ce, je me lève un peu déçu, j’enfile un froc, me ramène dans le salon, je dis bonjour à mon ami qui a dormi là et qui en est déjà à son second café. Je lui dis aussi putain, même quand je mets pas le réveil (ce n’était qu’un demi-mensonge) je me lève à la même heure ! Et il me dit, mais non, on est passé à l’heure d’été.

Des dimanches qui commencent comme ça…

C’était la rubrique « Si t’as rien à dire, te force pas ! Enfin… maintenant qu’on est là… »

Photo par Gwlad (rue de la Méditerranée)

De nos jours, tous les appareils se mettent à l’heure automatiquement, on peut plus savoir. La dernière fois, ma mère m’a appris à l’occasion d’un de nos appels presque mensuels qu’on avait changé d’heure deux semaines auparavant, je ne m’en étais toujours pas aperçu.

Bon, passons à autre chose. En ce dimanche 25 mars se déroule toujours le festival des jeux de rôle Au-delà du Dragon, salle Pagezy, de 9h à 20h, entrée gratuite. Sinon, avec le printemps, c’est le retour des vide-greniers. Aujourd’hui, vous en avez un de 7h à 17h, allée Artémesia Gentileschi et allée Donatello. Voilà un très bon sites pour savoir où et quand trouver ces marchés de l’occasion : https://vide-greniers.org/. Il y a aussi les antiquaires et brocanteurs d’objets inutiles et trop chers pour moi au Peyrou, jusqu’à 14h environ. Et ce soir, Neil Conti & the Lazy Sundaze à la Pleine Lune, je vous en avais déjà causé ici : Neil Conti & Paul & Valerie & The Lazy Sundaze. C’est de 18h à 22h à la louche, et c’est gratos aussi. Ou alors vous avez soirée open mic à l’O.D.B. à partir de 21h. Alors venez pas me dire que vous avez larvé parce qu’il n’y avait rien à faire.

Sur ce bon dimanche grisailleux et à demain !

#53 – Montpelliérien #053 – Le Grand Ménage

Je n’ai jamais bien compris d’où ça venait, ce grand ménage de printemps. Pourquoi là, maintenant ? Pourquoi pas le grand ménage d’automne, après l’été poussiéreux ? La raison en est-elle qu’on sort du coma dépressif hivernal et qu’on retrouve assez d’énergie pour s’y mettre, à ce ménage qu’on repoussait depuis des mois ? Mouais, y a de l’idée. Est-ce parce qu’à partir du printemps on a tendance à inviter plus souvent ses amis·es chez soi et qu’on a honte de l’état de l’appartement ? Ça me ressemble assez. Aurais-je le courage de dénicher sur internet les origines de ce rituel ? La réponse est non, mais vous le saviez déjà. Et surtout : a-t-on une date précise de l’évènement ? Évidemment que non. Sinon tout le monde ferait semblant d’avoir autre chose à faire ce jour-là, et personne ne ferait jamais son grand ménage de printemps. Remarquez, moi, j’ai dû le faire deux fois dans ma vie, et encore, on m’a forcé.

Je dois vous avouer que j’étais parti pour vous écrire que j’allais faire mon grand ménage aujourd’hui, mais ça n’aurait pas été très honnête. En fait c’est juste mon ménage bimestriel classique, et il se trouve que c’est le printemps. Pur hasard. Tout ça parce que je me demandais a) comment j’allais vous expliquer que l’article serait court car je dois faire le sol ? b) quel titre pas trop naze lui trouver ? C’est dangereux, un titre. Pour peu que vous le trouviez avant d’avoir terminé de rédiger votre texte, vous allez vous sentir inévitablement attiré·e par le désir d’en rajouter un peu là, d’en rogner par ici, juste pour renforcer l’aspect thématique du texte, ou pour combler les attentes créées. Ça n’aide pas à donner dans l’authentique. Donc voilà, aujourd’hui je vais faire le ménage, mais en vérité, ce n’est pas parce que c’est le printemps. C’est parce que des amis et de la famille viennent passer le week-end à la colocation, que je n’ai pas participé à la dernière séance de nettoyage, et que ma chambre ressemble à une décharge.

Photo par Gwlad (rue du Guesclin)

Décidément sur ce blog on passe du concert underground au repareillage de mes chaussettes, il n’y a aucun fil conducteur. Mais je sais que vous êtes des lectrices et des lecteurs bienveillantes·s. Vous vous dites sans doute simplement : « en voilà un qui n’a pas peur de se mettre en danger, qui ne craint pas de perdre ses vingt lecteurs en changeant de genre d’une billet à l’autre. » Et c’est vrai que je suis courageux, c’est gentil à vous de le remarquer. Ou alors vous vous dites : « quel écrivain versatile ! » Et on ne pourra pas vous donner tort. En tout cas pas si vous pensez au versatile anglais, synonyme de polyvalent, et non au versatile français qui signifie personne en qui on ne peut avoir confiance tant elle change souvent d’avis. Heureusement, la signification anglaise tend à remplacer la française peu à peu, grâce aux mauvais sous-titrages des films sur internet. À quelque chose amateursime est bon. Ou bien encore vous pensez : « c’est vrai que ce type est un génie, mais pourquoi tient-il toujours à nous montrer l’arrière-boutique ? Ça devient obscène. » Euh… merci ?

Sinon, ce soir, il y a vernissage de l’exposition Balade Poétique, qui réunit les œuvres des trois artistes : Débit de Beau, Big Pin’Up et Miladream. C’est à 18h30 à l’AteLiées, 8 rue André Michel. On avait déjà évoqué Débit de Beau dans l’article Street Art à Montpellier, la conf, mais les deux autres je ne les connais pas. Il n’est malheureusement pas sûr que je puisse m’y rendre, alors vous serez gentilles·s d’y aller et de me dire comment c’était.

Et quoi d’autre à faire ? Oh, pas grand chose, simplement une vingtaine de concerts pour une quarantaine d’artistes, je ne sais pas si vous allez réussir à trouver quelque chose qui vous convienne avec si peu de choix. Allez voir le site du Mama Sound quand même, sait-on jamais.

Un autre grand ménage, c’est celui qui semble s’être produit à la faculté de droit au cours de la nuit. Le doyen de la faculté aurait ouvert la porte à un groupe de personnes cagoulées qui, armées de matraques et tasers, se seraient chargées de foutre à la porte, manu militari, ceux et celles qui se trouvaient dans l’amphi occupé. Le tout sous les yeux de la sécurité. On prend l’info avec précaution, mais c’est quand même assez inquiétant : https://twitter.com/SolidairesEtu34/status/976996510134087680.

À demain.

#48 – Montpelliérien #048 – Les tôt-métrages

Troisième fois de la semaine où je dois me lever tôt pour partir à l’aventure. Il est 5h45. À 6h30 j’aurai passé la porte. Un dimanche. Un dimanche !! Et pourquoi ? Pour tourner un court-métrage. Non, non. Pas pour un rôle. Ni gloire, ni richesse en perspective. Sans doute plutôt pour tenir la perche ou déplacer des câbles. On m’a demandé si je voulais venir assister au tournage, puisque j’en fais la musique. J’ai dit oui, c’était sympa. Et vous vous souvenez de la fois où je vous disais qu’une fois engagé j’honorais ma parole ? Bon, ben voilà, quand j’ai su qu’il me faudrait être à 7h sous le Polygone pour servir de ce à quoi servent les mecs qu’on fait déplacer des trucs, je ne pouvais plus reculer. Parce qu’on m’a bien fait comprendre que si on me faisait venir c’était pas pour m’inspirer de l’ambiance steampunk du lieu, thème de la fournée des courts-métrages réalisés pour le Kino cette session-ci, non, c’était pour tenir des trucs lourds. Bon. On y est. Dimanche. 6h. Il fait nuit. Il fait froid.

Ça va sans doute bien durer jusqu’à midi, et ensuite ? Ensuite, à 14h au Gazette Café, c’est la journée prototypes. Des créateurs de jeux viennent faire tester leur… Devinez. Leur … ? Indices : leur … vidéo, leur … de plateau ou leur … de rôle. Si vous n’avez pas trouvé la réponse, inutile de vous déplacer jusqu’au lieu de l’évènement, c’est sans doute pas fait pour vous. Si vous avez trouvé, faites ce que vous voulez, ça me regarde pas.

Et puis après ? Après, je me farcis la correction d’un mémoire d’une amie et après je dors. Alors vous imaginez bien que le blog, aujourd’hui encore, hein…

Photo par Gwlad (rue Cité Benoit)

Allez, on va essayer de pas marcher sur les cadavres de la Saint Patrick.

#43 – Montpelliérien #043 – Faites-moi confiance, puisque je vous dis qu’on peut compter sur moi !

Voilà quatre jours que je vous rédigeais de beaux, mouais, de longs, ça c’est sûr, articles, il fallait bien qu’arrive le moment de la panne d’inspiration. Est-ce dû au fait qu’hier, à part pour une brève balade d’une demi-heure le soir ainsi qu’une sortie furtive en quête de 200g de houmous et de deux baguettes, j’ai passé la journée enfermé à installer lubuntu sur un netbook de 2009 ? Sans doute un peu. Est-ce que ça fonctionne au moins ? Disons que oui, dans son ensemble, mais il me reste encore à faire marcher correctement l’un des deux systèmes pour écrire en japonais. On pourrait penser que je m’y connais en informatique, hein ? J’aimerai bien vous le laisser croire, mais vous savez comment c’est, on commence par un petit mensonge innocent et d’eau chaude en tisane on est rendu·e vendeur·se. En vérité, je parcours les forums d’aide de tout l’internet et suis à la lettre les solutions proposées jusqu’à trouver la bonne. D’où la journée pas fofolle. Cela dit, c’est un peu pour vous, pour rédiger mes notes de blogs d’où que je me trouve, et ce sans risque de niquer mon ordinateur principal qui a bientôt dix ans lui aussi. Parce que je vous signale que ça fait quarante-trois jours d’affilée que je tiens ce blog, et que c’est autant de nuits sans découcher pour pouvoir vous divertir chaque matin. J’aimerai bien que ce petit moment de plaisir quotidien ne m’empêche pas d’être mobile pour autant.

Enfin, tout de même hier mon cousin est passé chez moi l’après-midi. Quoi mes histoires de famille on s’en tape ? Attendez, il y a une morale à la fin. On s’est maté, en même temps que je triturais le netbook, la chaîne YouTube de Nuclear Blast Records, pour se marrer un peu. Moi Norman et Cyprien je les trouve nuls à en chier sur son clavier et à tamiser le tout pour que ça rentre bien sous les touches, mais par contre, quand je veux rire, je regarde la chaîne de Nuclear Blast Records, le pire du métal qui n’arrive pas à se dépêtrer des clichés créés au cours des années 90. Là on rigole franchement, sans se forcer, sans pouvoir se retenir, même que c’est pas fait pour, on rigole donc d’autant plus. La moralité ? Bah, heureuse la génération internet qui n’a plus besoin d’acheter les DVD des clips Nuclear Blast pour se payer une après-midi de fou-rires. Vous vous attendiez à mieux ? Je vous ai dit que j’avais pas l’inspiration aujourd’hui.

Photo par Koinkoin (rue des Balances)

Sinon, ce soir, exposition-conférence « Le cerveau en musique » à la Maison des étudiants Aimé Schoenig à 19h. Je vous copie la description que j’ai trouvée en ligne, mais je vous enlève les mots qui ne servent à rien, comme ça on pourra pas dire que j’ai juste copié et on louera ma faculté de synthèse : « neurosciences comprendre émotions musique effet cerveau neuromédiateurs dopamine sérotonine endorphine maladies psychiques dépression anxiété schizophrénie douleur applications thérapeutiques microscopie électronique ».

Je vous conseille d’y aller puisque moi je ne pourrai pas y être, comme ça vous pourrez me raconter. Pourquoi je ne pourrai pas y être ? Parce que je vais garder les enfants d’un couple ami qui, lui, y sera… Et oui, moi qui fait de la musique ! Mais je m’étais engagé avant d’apprendre l’existence de cette conférence, et j’aime savoir qu’on peut compter sur moi, ne sait-on jamais. Ne sait-on jamais que si un jour j’ai besoin de faire appel à mes propres services j’apprécierai sans doute de pouvoir me faire confiance.

À part ça, les gars et les gals de Paul-Valéry continuent leur semaine consacrée aux droits des femmes intitulée Paul et Valérie. Vous trouverez le programme en deuxième partie de l’article d’hier.

Sur ce, il faut que j’aille en faire, de la musique. Je me suis engagé sur un projet Kino et un autre avec des gens qu’on retrouve au Kino mais pour un projet indépendant de l’association. Si vous ne savez pas ce qu’est le Kino, c’est que vous avez pris le blog en cours de route, oui vous avez l’air bête mais on va remédier à ça, vous pouvez vous rattraper en allant lire la seconde partie de cet article. Ça m’angoisse un peu, de reprendre la musique. J’ai pas touché Logic Pro depuis bientôt trois mois. Enfin pas le choix. Engagement, confiance, tout ça, connaissez la chanson.

Passez donc toutes et tous une bonne journée, et à demain ! Je vous raconterai sans doute comment s’est passé le babysitting.

#32 – Montpelliérien #032 – Les toits de Montpellier

Hier (si je comptais le nombre des mes posts qui commencent par « Hier, »…), mon mur suintait. Contrecoup de la tombée de neige, qui est encore bien présente sur les toits, et de la pluie qui, ayant pris le relai de la neige au bout d’une douzaine d’heures, est tombée en continu jusque tard cette nuit. Je n’avais encore jamais eu de problème d’infiltrations dans cet appartement. Mon mur suintait, donc, en divers endroits, en haut au niveau de l’entrée du tuyau d’acheminement de l’eau chaude dans le mur, au milieu sur les bords du cadre de la fenêtre, en bas au niveau d’une espèce de grille d’aération. Le plafond, lui, ne suintait pas, il s’est contenté de prendre une teinte jaune tout au long de la journée. Ce matin, la neige est toujours sur les toits mais la pluie s’est arrêtée, le mur ne suinte plus, la peinture dudit plafond est émiettée au sol.

Chez moi

Pourquoi que je vous cause de ça, hein ? Et ben, parce qu’à Montpellier, c’est courant. C’est même la norme. Les propriétaires Montpelliériens·nes sont bien connus·es pour prendre le fric et te laisser très longtemps dans la merde dès qu’il y a un problème, pour louer hors de prix des appartements minables et parfois insalubres. Leur solution à tous les problèmes ? La tête dans le sable, attendre que la, le ou les locataire·s parte·nt, et mettre un coup de peinture. Le coup de peinture, ça n’arrange rien, mais ça permet de gagner du temps. Bon allez, je dis que c’est courant, je ne voudrais pas qu’on me prenne pour un menteur. Devinette : quelle autre personne présente sur ce blog a subi un dégât des eaux hier ?

Chez Gwlad

Et oui, évidemment. Du coup on va prendre les paris sur qui aura son plafond réparé en premier. Vous pouvez miser dans les commentaires. Mais ça ne s’arrête pas là, qui encore présent sur ce blog a subi un dégât des eaux récemment ?

Chez Koinkoin

Koinkoin, donc, qui a emménagé il y a deux mois à Montpellier dans un appartement « entièrement rénové ». Il a mis environ un mois à faire faire rénover son toit alors qu’il a plu parfois pendant une semaine non-stop et que tout coulait pile sur son lit.

Vous voyez, on est trois sur ce blog, et on est trois a avoir subi un dégât des eaux en moins de deux mois. Faites le calcul 3/3 = 1, on est donc un à avoir… non, ça ne marche pas comme ça, on est donc tous dans une situation pourrie, c’est le cas de le dire, à cause de propriétaires qui tirent sur la corde jusqu’à ce qu’elle pète. C’est plus que courant et la liste de mes connaissances a qui c’est arrivé récemment est plus longue que ça, mais vous ne les connaissez pas alors je ne vous en parle pas. Certains ont mis presque une année avant d’avoir le droit à des travaux, mais pourquoi faire des travaux, hein ? Ça coûte cher, les travaux, on va pas dépenser tous ces sous durement gagnés à grands coups de loyers déraisonnables. Et puis ça va changer quoi ? C’est pour ne pas respirer chaque jour des champignons ? Vous savez, les champignons ça se vend cher, avec le bon état d’esprit vous feriez fortune. C’est pour ne pas vivre dans un environnement dont le taux d’humidité dépasse celui du sud-est de la Chine ? Écoutez, c’est le dépaysement à peu de frais !

Allez, assez de conneries pour ce matin, je file, j’ai une agence à appeler, souhaitez-moi bonne chance.

#28 – Montpelliérien #028 – Le matin de tous les possibles

Si j’avais commencé à publier des articles le 1er février, celui-ci serait le dernier du mois. Mais il a fallu que je commence le 30 janvier, et donc, malgré le fait que ce soit le vingt-huitième, il m’en reste encore deux à écrire pour février. C’est le destin qui s’acharne, que voulez-vous.

Quand je me suis réveillé ce matin, je me suis dit tiens, je vais leur parler du rêve que je viens juste de faire, ça sera intéressant. Maintenant je doute. Seriez-vous intéressées·s par le fait de savoir que je suis remonté dans le temps, jusqu’en 1993, dans un hôtel en montagne, des clients partout, avec des petits couloirs et des halls où tout le monde discutait et était accessible, que j’avais dans mes poches et dans mon sac à dos toutes les preuves pour convaincre que je venais du futur, que ça intéressait les gens et me valait quelque succès auprès des filles, mais qu’il y avait là mes parents car nous y avions passé des vacances quand j’étais petit et que, me voyant à l’âge de six ans, je découvrais qu’en vérité j’étais handicapé mental et que personne ne me l’avait dit jusque là ? Est-ce que ça vous intéresse vraiment ? Parce qu’on peut entrer dans les détails si vous voulez, hein. C’est bien ce que je pensais. On va essayer de trouver un autre sujet.

En ce moment, j’ai un peu l’envie de voyager. Pas dans le temps, non, même si aussi. Juste partir de Montpellier, ne serait-ce qu’une semaine. Ça fait bien un an que ça ne m’est pas arrivé. Quant à voyager hors du sud de la France, ça fait bien quatre ans. Je crois qu’un de ces jours je vais prendre un bus et aller me perdre quelque part en Bretagne. Enfin, une dizaine de bus probablement. En un an j’ai réussi à économiser cinq-cent euros sur un compte à part auquel je m’interdis de toucher pour les besoins de la vie quotidienne. Ça me met un peu la pression de devoir les dépenser correctement, faudrait pas que mon seul voyage depuis si longtemps et qui ne se reproduira pas de si tôt soit raté. Penser comme ça c’est le meilleur moyen de passer des vacances de merde. Déjà il ne faut pas que je parle de vacances, il faut que je me dise que je pars à l’aventure ! L’aventure en auberge de jeunesse ou en couchsurfing, on ne sait jamais sur quoi on va tomber, un·e co-chambreur·se qui pue des pieds ou des punaises de lit. Héroïque épopée en perspective.

Est-ce que vous sentez que c’est le matin et que je vous écris tout ça depuis cette espèce d’état où on profite d’être encore sous l’influence des rêves pour imaginer qu’on peut changer sa vie du tout au tout, partir au Guatemala sur un coup de tête cet après-midi même, et que ce sera plaisant, et qu’on fera plein de rencontres, et qu’on prendra des apéros jusqu’à pas d’heure dans des petites cours éclairées de lampions où il y aura des musiciens et des musiciennes, des chants d’oiseau et beaucoup de rires, le tout dans une éternelle atmosphère de soirée de printemps ?

Photo par Koinkoin (rue des Gagne Petit)

Mais non, je suis bel et bien à Montpellier. Cette sensation de nuit prolongée dans la matinée commence à s’estomper et je ne partirai pas au Guatemala.

Je ne vous ai pas vraiment parlé de ce qui se passait en ville aujourd’hui. Ben non. J’ai même pas regardé. J’ai envie de dire des banalités. J’aimerai bien vous y voir vous, à faire un article par jour quand on a une vie commune comme pas permis. Donc, banalités. Il fait super beau, ça durera pas. Aujourd’hui c’est le printemps, dès après-demain c’est l’hiver qui reprend. Si vous voulez aller travailler, faites comme bon vous semble, mais moi à votre place j’irais plutôt me promener. Oui, c’est sûr, c’est pas comme ça que vous vous paierez des vacances à Hokkaido. De toute façon y a toujours un truc qui va pas avec vous.

#21 – Montpelliérien #021 – Ça ira mieux demain

Alors, ils vous ont plu les petits films d’hier ? C’était rigolo ? Bien. J’espère que vous en avez profité. Aujourd’hui c’est un lundi. Aujourd’hui c’est pas drôle. Les personnes qui travaillent retournent au travail, les étudiants retournent en vacances, et moi je ne retourne à rien. Si vous voulez de la bonne humeur, il est toujours temps d’arrêter là ou de retourner lire un article plus ancien. Z’êtes prévenus·es.

Hier, je vous disais en passant que j’étais fatigué, comme souvent mais plus encore. Que quelqu’un avait du mettre quelque chose dans mes cigarettes samedi soir. Évidemment c’était faux, j’ai juste tiré sur quelques joints qui passaient devant moi. J’aurais pas dû. J’ai passé la soirée flippé, à pas pouvoir dire un mot, j’ai passé le lendemain au lit et déprimé comme ça faisait très longtemps que ça m’était pas arrivé, submergé par la honte d’avoir cédé alors que je savais que ça se passerait exactement comme ça. C’est toujours le cas maintenant quand je fume. Même une ou deux taffes. Le problème c’est que je n’arrive pas à refuser un joint. J’arrive à ne plus en acheter, à ne plus y penser au cours des journées, mais si on m’en propose je prends. Dans ces soirées-là, toujours avec les mêmes personnes, le résultat est toujours le même. Ça fait des années que ces gens-là ne me voient que dans cet état, puisqu’il y a toujours des joints à ces soirées. J’en éprouve une honte terrible. Parmi eux, que des amis que j’apprécie vraiment mais avec qui on ne se voit jamais qu’à l’occasion de soirées apéro dans lesquelles invariablement on me tend un joint que je prends et boom. D’ailleurs l’une de ces personnes qui sait très bien que ça fait quatre mois que je ne bois plus m’a même proposé de la bière en cours de soirée. Incroyable. Je veux bien avoir une volonté assez solide pour arrêter l’alcool et la fumette, voire la clope en même temps, en tout cas l’alcool sûr et la fumette quand on ne me propose pas de tirer sur un joint en soirée, ce qui n’était pas arrivé en plus d’un mois, mais si même vos amis·es les plus proches ne font pas gaffe, vous êtes mort·e.

Photo par Gwlad (rue du Grand Saint Jean)

Le pire de tout, c’est qu’hier soir, dimanche, je devais voir des amis, dont une personne que je n’avais pas vue depuis un moment et qui n’avait qu’un soir de libre avant de repartir en sa Tchéquie natale. Et ben j’étais encore cramé de la veille, impossible de rester concentré trente minutes d’affilée, impossible de trouver un intérêt au fait d’être là. L’envie de rien. L’envie que ça passe au plus vite pour pouvoir me retrouver chez moi et déprimer sans faire chier personne, sans personne pour me voir dans cet état. Un seul sentiment présent à ce moment-là, la culpabilité d’être dans cet état. Ça y a pas de souci, pas besoin d’en avoir envie, elle est là sur le moment, elle est là le lendemain, elle est même encore là le surlendemain puisque je me sens le besoin de vous en causer.

Y a un rapport avec Montpellier ? Sans doute y en a-t-il un. De mauvaises habitudes prises en venant faire mes études ici. Des habitudes liées aux soirées vraiment marrantes entre amis·es étudiants·es. Les amis·es sont partis·es, les soirées se font rares, les mauvaises habitudes sont tout ce qui reste de cette période. Il faut du temps pour comprendre que pour quelques gorgées d’alcool qui soulagent un peu la nostalgie et la solitude, les quelques litres qui vont suivre seront eux complètement contreproductifs. Ça on y échappe pas, le temps, une bonne volonté, et des amis·es présents·es quand le fond de tout ça c’est le sentiment d’être seul (si ça ne pouvait être qu’un sentiment ce serait génial). Moi ça m’a pris dix ans, et la bonne volonté je l’ai maintenant, même si je me doutais bien qu’il y aurait quelques faux pas sur le chemin de la sobriété totale. Quant aux amis·es, je ne peux rien faire pour moi à leur place. Faut savoir s’aider soi-même, les autres n’y peuvent rien. S’il y a bien une chose à comprendre c’est que les amis·es, faut prendre ce qu’ils veulent bien vous donner, mais ne rien attendre d’eux. Quand on se sent mal et seul c’est ce qu’on a le plus de difficulté à accepter aussi. C’est con comme marchent les choses.

Bon, aujourd’hui encore les effets des spliffs de samedi soir ne se sont pas totalement dissipés. Je suis plus à l’ouest que d’habitude. J’ai pas retrouvé toute ma bonne humeur. Tout ce texte est donc à prendre pour ce qu’il est, une écriture presque automatique, sans correction, un truc motivé par un petit coup de déprime. J’avais envie d’en parler, mais personne pour me tenir le crachoir. Promis demain j’essaie de vous faire marrer à nouveau. Ou de vous parler d’un truc chouette du coin. C’est fou comme on s’observe le nombril quand ça ne va pas bien alors que c’est bien la dernière des choses à faire pour aller mieux.

#13 – Montpelliérien #013 – Je suis toujours vivant

Ça va mieux, merci. C’est gentil de vous inquiéter. Je me réveille encore les oreilles bouchées mais, ça, comme me l’a dit l’ORL, c’est que j’ai un conduit labyrinthique et que la petite masse de cérumen qui s’y forme s’en échappe difficilement, de même que la moindre quantité d’eau y reste bloquée des semaines. Et l’eau, ou la transpiration, plus le cérumen, qu’est-ce que ça donne ? Des bouchons. Bravo, vous avez tout compris.

Hein ? Plus fort, j’ai dit que je ne vous entendais pas. C’est dégueulasse ? Et oh, c’est vous qu’êtes dégueulasses de me dire que je suis dégueulasse. On a tous un cul. On a tous du cérumen, oh. Alors comme ça y a des sujets dont vous n’aimez pas trop qu’on cause ? Des sujets tabous. Très bien. Je vais m’adapter. Je ne voudrais pas vous gâcher ce beau dimanche qui s’annonce. Je vais vous raconter ma balade au cimetière Saint-Lazare.

Hier, on savait pas trop quoi foutre avec mon pote Koinkoin (c’est lui qu’a choisi son pseudo, allez pas m’accuser de), mais il faisait beau et on voulait pas rester enfermés. On est donc sortis en ville, lui dans l’espoir de prendre des photos sympa même pas pour mon blog, moi dans l’espoir de rien. On a tourné longuement dans le quartier des Beaux Arts sans rien trouver de beau, puis on s’est décidés pour le cimetière Saint-Lazare. Koinkoin le rolleiflex en bandoulière, moi la clope au bec.

On a pas vu d’enterrements, tant mieux. On a essayé d’éviter les gens qui venaient pas juste pour se balader. On avait quand même bien l’allure des touristes qu’on était. Surtout l’appareil photo, mais je vise personne. J’osais pas trop fumer au départ mais vue la rafale d’encens (et de cendres ? c’est bien possible) qu’on s’est prise dans la gueule à un moment, j’aurais pas dû m’inquiéter autant. Vous aurez compris, j’ai repris la clope pour l’instant, vous viendrez m’apporter des fleurs, hein ?

*PLIBIDOUBIDIBAAAH* BREAKING NEWS *TUDULUDUUU*

Notre reporter photo dépêchée aux drames sociaux et aux faits divers scabreux nous fait hélas part de deux nouveaux suicides. Comme nous vous l’avions déjà tristement rappelé dans notre article #009 à Montpellier, les cas de suicide de vélos et autres engins à deux roues se multiplient. Souvenez-vous de ces bicyclettes au bord du gouffre, prêtes à sauter :

Un énigmatique dernier message a été griffonné à la va-vite sur le mur par ce BMX en détresse, il ne lui reste plus rien d’autre à dire ou à faire. Il va sauter. Photo par Gwlad (avenue Georges Clémenceau)
On peut voir qu’un système de filet anti-suicide a été installé, mais cela suffira-t-il à sauver ce pauvre bougre de lui-même ? Photo par Gwlad (rue Galavielle)

Et bien voici maintenant, en exclusivité, deux nouvelles images terribles pour illustrer la gravité du phénomène. Âmes sensibles s’abstenir :

Un cliché rare de passage à l’acte, comme on dit en milieux médicaux. Effroyable. Heureusement, notre reporter était là au bon moment pour immortaliser cet instant. Photo par Gwlad (rue Chaptal)
Sans doute la plus glaçante de ces images. Où l’on voit que le suicide n’épargne pas les enfants. Photo par Gwlad (rue Bourrely)

*PLIBIDOUBIDIBAAAH* BREAKING NEWS *TUDULUDUUU*

Décidément, ce reportage était bien morbide, notre reporter pourrait tout à fait travailler pour le e-metropolitain.

Bon, où on en était. Ah oui, les cimetières. Souvent les gens me demandent ce que j’y trouve. Ça les fait flipper, ils trouvent ça triste, ils me demandent pourquoi aller m’y promener. Et bien déjà le calme, la beauté architecturale, le penser-à-la-mort pour mieux profiter d’être encore en vie, l’imagination qui s’agite devant ces listes de noms et de dates. J’aime les tombes juives, avec leurs jolies lanternes, leurs pierres posées sur la pierre. Les parties pour enfants aussi, avec les petits jouets, les bonbons, les billes mexicaines qui figurent des bonbons et qui sont des jouets à la fois. Cette fois on y est pas passé, il y avait un couple au dessus d’une tombe. On vient peut-être faire du tourisme mais on respecte quand même les gens qui souffrent, on est pas venus leur jeter des cacahuètes comme à des animaux dans un zoo, même si les gens sont des animaux et qu’on ne doit pas nourrir ces derniers dans les zoos.

On peut aussi voir les tombes des gens qui sont morts à la guerre. Pas de bol ou bien fait, selon le cas, on ne saura jamais. Vraiment pas de bol pour ceux qui sont morts en septembre 1918. Cette fois on a repéré la tombe d’un gamin qui est décédé à 12 ans en 1909. Lui il a vraiment eu de la chance, s’il avait vécu plus longtemps, à tous les coups il serait parti à la guerre et il serait mort. Il y a aussi la dépouille d’Hélène de Savoie. Enfin il y avait, elle a été exhumée et rapatriée en Italie l’année dernière. Un jour je vous parlerai d’Hélène de Savoie, c’était une chic femme. On a pu aussi voir un type qui, tellement vantard durant sa vie, n’a pas pu s’empêcher de faire inscrire « magistrat » sur le marbre de son caveau de famille, histoire de savoir à quelle type de mort on a à faire, pas n’importe qui dis-donc, faites une courbette, ôtez votre chapeau. Une autre famille, qui, d’une constance hors du commun, a rempli son caveau de 1880 à 2008, mais a tout de même trouvé encore un tout petit peu de place en bas de la stèle pour venir vous resquiller une prière en faisant graver « un de profundis S.V.P. ». Et puis quoi encore, y a suffisamment de vivants pour faire la manche, si les défunts s’y mettent on va pas s’en sortir. Et puis si tout le monde faisait la même chose, on avancerait plus, ça créerait des bouchons dans les allées, ça ne va pas ça. Et puis encore, c’est un de profundis pour chacun des trente membres de la famille, ou un seul pour le lot ? C’est pas précisé. À votre bon cœur.

Bon allez, ça suffit pour aujourd’hui. J’ai encore beaucoup à dire sur les cimetières et la mort, mais vous n’aimez pas lire de gros pavés alors ce sera pour une prochaine fois. Bon dimanche à toutes et à tous. Profitez d’être en vie, ça ne durera pas éternellement.

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(toujours pas ça le pseudo, pourtant je fais des efforts)