#175 – Lyonniais #002 – La révolution ? T’es sûre ?? Moi j’avais noté jeudi dans mon agenda.

Il paraît que ça manifeste en France en ce moment. Je n’ai trop saisi de quoi il s’agissait. J’ai bien entendu certaines expressions revenir fréquemment ces derniers jours : gilets jaunes, gilets violets, carburant, retraites… Bon, j’imagine vaguement de quoi on se plaint, mais pas plus. Ceux et celles qui se sentent concernés et nées ce coup-ci doivent s’agacer rien qu’en lisant ça. Ils auront sans doute raison de me reprocher le fait que si leurs revendications de sont pas écoutées par le pouvoir, c’est de la faute de types comme moi qui ne bousculent pas leur quotidien pour s’informer→menacer→gueuler→bloquer→saboter jusqu’à ce que, acculé, le gouvernement ne puisse plus que céder. Et je n’en suis pas fier, mais voilà : chez moi, ça fonctionne par périodes, le fait de suivre ou non l’actualité, de m’engager avec le collectif dans des démarches de résistance ou de réinvention de la société. Et bon, en ce moment, l’actu, je n’y jette même pas un regard en coin.

Moi-même, quand j’allais manifester, quand je me fondais dans un mouvement contestataire, j’en voulais assez aux gens qui n’y prêtaient pas attention. Après tout, je pense que oui, le succès d’une telle démarche tient au nombre d’individus qu’on parvient à mobiliser. Pas seulement parce que ça impressionne quand on est beaucoup sur les images au J.T., mais parce que plus les gens en parlent, plus l’opinion change et plus les politiciens, ou les industriels, sont bien forcés de prendre en compte cette opinion dans leurs tentatives de se faire aimer, eux ou leurs produits, des masses. Quoi ? Hein ? Je raconte n’importe quoi ? Sans doute. Je n’ai jamais étudié la politique. C’était simplement mon impression. Je m’excuse auprès des savants.

Aujourd’hui, j’oscille entre indulgence (envers les autres et moi-même) et radicalité dans mes choix de vie personnels. Au niveau alimentaire (pensez végétarisme, souffrance animale) ou du lieu et de la provenance des achats que j’effectue chaque jour, ainsi qu’au niveau des mes activités (qui me rémunère, à quoi je participe, quelles sont les finalités pour moi, pour l’entreprise —au sens large—que je sers, quelles valeurs est-ce que je renforce —le pognon ou le bien-être avant tout ? l’individu libre ou le groupe solidaire— ?). J’ai vraiment envie d’en vouloir, par exemple, à ceux qui pour oublier la brutalité de notre société se noient dans le divertissement au lieu de s’y opposer. Pourtant j’admire toutes les formes d’art et celles et ceux qui les pratiquent. D’ailleurs, j’en pratique beaucoup moi-même et ma vie serait d’un ennuie mortel sans musique, sans littérature, sans cinéma, sans jeux. Alors au final je ne sais plus trop ce qu’il faudrait penser, ce qu’il faudrait faire… J’ai la tête qui tourne… Je suis pétri de contradictions.

Je m’impatiente souvent, par exemple, de voir se généraliser ce pas de côté que nous proposait Gébé il y a presque cinquante ans, car j’estime l’avoir moi-même effectué pour la première fois il y a bien longtemps et avoir continué à le pratiquer à haute fréquence depuis. Mais pour d’autres, assez éloignés de moi, qui ont un autre point de vue sur la scène, qui sait si je ne donne pas l’impression de continuer à avancer dans une file indienne bien droite, bien nette… en marchant en crabe, oui, peut-être, mais sans jamais m’extirper du courant général. Tout en ne rompant avec aucune des manies sociales bien enkystées, je m’ajouterai en plus le ridicule de croire en être sorti. Ah… Combien de causes dont je me moque éperdument et en lesquelles d’autres fondent tous leurs espoirs d’un avenir meilleur ?

Mais… attendez ! On ne serait pas en train de s’emmerder terriblement pour cette seconde note de blog ? Carrément, je suis d’accord avec vous. Allez, en plus j’ai d’autres choses à faire que de me triturer la culpabilité parce que je n’en ai rien à foutre des dernières manifestations. C’est un comble d’en avoir quelque chose à faire de n’avoir rien à faire de quelque chose. Arrêtons ça tout de suite. On se revoit demain si je ne vous ai pas définitivement gonflé·e (quel dommage de ne pas avoir un vrai neutre dans notre langue pourtant si foisonnante de subtiles variations et de bidules à enculer les mouches [nous en reparlerons un jour, de l’écriture inclusive]), et on verra si j’ai finalement trouvé un sujet intéressant d’ici là.

Bisettes.


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