#300 – Femmes enceintes, ne vous grattez pas n’importe où, surtout si vous avez la fringale

Alors qu’une fois encore je farfouillais dans le catalogue vertigineux de la BnF, du côté des périodiques anciens, v’là-t’y pas qu’je tombe sur un enfant à deux têtes ! Enfin, sur le rapport que fait un certain Monsieur Comiers (on en reparlera sans doute un jour de celui-là) de la naissance et de l’autopsie d’un enfant né avec deux têtes, dans le Mercure Galant de février 1683.

Ce rapport est intéressant à deux niveaux puisqu’il nous permet non seulement d’entrevoir ce qu’on savait ou pas du corps humain et de son développement à cette époque-là dans les sphères savantes, mais qu’en outre l’auteur nous y livre quelques précieux conseils de bonnes pratiques durant la grossesse.

Dernier détail avant la reproduction de l’article la plus fidèle qu’il me soit possible de faire sur ce blog, le texte était à l’origine accompagné de trois dessins, hélas perdus. Dans toutes les éditions numérisées que j’ai pu trouver, les dessins étaient toujours manquants et ils n’ont apparemment été reproduits dans aucune des revues scientifiques de l’époque. Toutefois, sur la version numérisée par la BnF, on peut voir que l’encre du dessin de la Figure 1 a laissé une marque sur l’une des pages précédant l’article, j’ai donc essayé de bidouiller l’image pour rendre celle-ci le plus lisible possible, mais c’est pas génial.

Allez, passons au texte.


LETTRE
DE Mr COMIERS
d’Ambrun, Profeſſeur des Mathématiques à Paris.

VOicy, Monſieur, ce que je vous avois promis ; la Relation particuliere de l’Enfant à deux teſtes, né le 7. Janvier dernier, & les trois Figures tirées au vif par Mr Compardel, un des plus excellents Peintres de Paris, & qui réüſſit auſſi aux Portraits en Mignature. Vous pouvez en faire part au Public, comme vous l’avez fait eſperer par voſtre dernier Mercure.

Marie-Anne Cacheleu, âgée de 30. ans, Femme de Maiſtre Pliecq, auſſi âgé de 30. ans, Marchand Chapelier, à l’Enſeigne du Bon Laboureur, Ruë Jean-Robert, Paroiſſe S. Nicolas des Champs à Paris, ayant fait cinq heureuſes couches d’un ſeul Enfant à la fois, ſe trouva pour la ſixiéme fois en travail d’Enfant le 7. Janvier 1683.

La Sage-Femme, Madame Marcel, appela à ſon ſecours Mr Bonamy, Maiſtre Chirurgien. Par leur expérience, accompagnée de leurs ſoins, la Malade accoucha le meſme jour à huit heures du ſoir cet Enfant à deux teſtes, quatre bras, & deux jambes, & à une ſeule marque du Sexe maſculin, comme on voit dans les Figures 2. & 3. Cela n’empeſche pas que l’on ne les puiſſe appeller deux Enfans accolez, empruntant ce terme du Blazon.

L’Enfant B, qui eſtoit à droite, & qui reſſembloit au Pere, préſenta un de ſes bras, c’eſt pourquoy on le baptiſa. Il fut nommé Claude. Il falut faire effort pour le tirer hors de ſa première priſon ; & bien qu’il euſt beaucoup ſouffert avant que d’eſtre au jour, il donna encore des marques de vie. Pour l’autre Enfant A, ou ſi vous voulez l’autre moitié de cet Enfant à deux teſtes, il ſortit facilement du ventre de la Mere, & je ne croy pas qu’il ſoit poſſible de voir en cire un plus bel Enfant. Il mourut en meſme temps que ſon Frere aîné collateral.

Pluſieurs Dames m’ont demãdé ſi le Sacrement de Bapteſme, qui n’avoit eſté donné qu’intentionnellement à un ſeul de ces Enfans, pouvoit extenſivement ſervir à l’autre, à cauſe de leur connéxion, veu meſme qu’ils n’avoient pour tous deux que les meſmes jambes, & une ſeule marque d’Homme ; & ce qu’il ſeroit à propos de faire, lors qu’une Sage-Femme a lieu de douter qu’il y ait deux Enfans accolez comme ceux-cy, & qu’il n’y en a qu’un qui préſente quelconque partie de ſon corps. Comme mon ſentiment ne pourroit tout au plus fonder qu’une opinion probable, j’ay répondu qu’il en faloit attendre une juſte déciſion d’une Aſſemblée de Docteurs.

Ce fâcheux accouchement de ces deux Enfans accolez, fut bientoſt ſuivy de la naiſſance d’un autre Garçon, qui ſe porte tres-bien & la Mere auſſi. Ce troiſiéme Enfant n’eut pas à ſouffrir pour entrer au monde, puis que ces deux Freres qui l’avoient devancé, avoient (comme on voit dans la Figure I.) dix-ſept pouces de longueur C E, & ſept pouces de l’épaule O à l’épaule M.

Les Anatomiſtes, & les Curieux ne ſeront pas fâchez de trouver icy que pour déboiter les os, comme auſſi pour les bien & facilement décharner, il les faut faire boüillir dans de l’huile.

Depuis que Mr Theodore Kerckering, a montré évidemment dans ſon Anthropogeniæ Icnographia, ce qu’on peut voir dans les Mémoires concernans les Arts & les Sciences, préſentez à Monſeigneur le Dauphin en 1672. par Mr Denis, Medecin ordinaire du Roy, Que les Femmes font des œufs, comme tous les Oiſeaux, qu’elles les couvent elles-meſmes, & les font éclore au bout de neuf mois, & qu’enfin c’eſt à ces œufs que les Hommes doivent leur origine, j’attribuë cet Enfant double, ou ces deux Enfans accolez, à la colliſion des deux œufs, faite par quelque matiere glaireuſe, puis meſme que nous trouvons aſſez ſouvent deux jaunes, & deux germes dans une même coquille d’œuf car bien que la force de l’imagination puiſſe beaucoup ſur la formation de l’enfant, elle ne ſçauroit neantmoins luy procurer deux teſtes, deux cœurs, &c.

La Relation que je fis de cet Enfant double, dans une des plus belle Maiſons de Paris, porta Madame de B. tres-illuſtre par ſa naiſſance, par ſon mérite, & par ſa vertu toûjours ſolide & exemplaire, à dire que feu ſon premier Fils avoit eſté agreablement marqué, depuis le deſſous de l’oreille le long du col, d’une Jonquille tres-bien formée, dont les cinq feuïlles & la tige paroiſſoient tres-diſtinctement, pour s’eſtre touchée en cette meſme partie avec deux Jonquilles. Elle aſſura encor que Mademoiſelle A. avoit apporté ſur la cuiſſe droite la marque tres-bien formée d’une Couronne, & des Chifres, tels qu’on les voit en pluſieurs Meubles ſuperbes de cette Maiſon, & cela ſeulement pour avoir mis ſur ſa cuiſſe droite, le modelle en terre que le Sculpteur luy en avoit apporté. Enfin je conclus que s’il ne faut que de l’eſprit pour ſeconder une belle & vive imagination à produire des effets cõme ſurnaturels, cette illuſtre Dame auroit pû enfanter des Corps tous ſpirituels, & des Enfans tous brillans de lumiere, & leſquels s’il eſtoit poſſible, d’avoir icy bas plus d’eſprit qu’ils en ont, ſeroient autãnt pleins de feu & de rayons que le Soleil ſimbole de leurs Armes.

Pour éviter que l’imagination, ou l’appetit dépravé du commun des eſprits foibles des Femmes enceintes, ne produiſe des marques fâcheuſes ſur le corps de leurs Enfans, il eſt bon de les avertir qu’elles doivent cracher auſſi toſt qu’elles ſe ſentent avoir quelque appetit violent ou deſordonné, & qu’elles ont, comme on dit, la ſalive à la bouche de ce qu’elles deſirent ardemment, & qu’elles doivent dans ce moment-là éviter de ſe regarder dans un Miroir, & de paſſer la main ſur le viſage, ſur la gorge, ſur les bras, ny ſur autre partie découverte.

Revenons à nos deux Enfans gemeaux accolez. Ils n’avoient comme on voit dans les Figures, qu’un ſeul corps, deux teſtes, & deux cols ou gorges bien dégagez, quatre bras bien faits, & auſſi bien dégagez, une poitrine, un bas ventre, & une ſeule marque du Sexe, deux cuiſſes, avec leurs jambes & pieds R S à l’ordinaire, le tout bien formé & proportionné.

De l’extremité de l’os ſacrum marqué I dans la troiſiéme Figure, ſortoit une appendice membraneuſe & glanduleuſe de la groſſeur du petit doigt de la main, & un peu aiguë au bout, & retreſſie ſur le milieu. Sa racine eſtoit mince, elle prenoit ſon origine de la vraye peau, la Mere s’eſtant gratée au meſme endroit dans le temps qu’elle avoit envie de manger de Sauciſſes.

Voilà ce que le 9. Janvier au matin nous examinâmes à loiſir ches Mr Houſſu, Marchand Boucher, en la Salle duquel le Sujet avoit eſté porté, avec Mr le Prince Borghezzy, Mr Lucas Antoine Guaſtaldy, Mr Hubin, Mr Auzout, & autres Sçavans.

Madame Marcel Sage-Femme, & autres Dames, eſtant arrivées, Mr Bonamy Maiſtre Chirurgien, qui avoit aſſiſté à l’accouchement, fit l’ouverture du dedans de ce Sujet.

L’on commença à ſeparer les integumens & les muſcles de la poitrine, pour voir de la maniere que les coſtes, leſquelles provenoient des deux épines, eſtoient formées. Elles parurent bien faites juſques à la troiſiéme de vraye des deux coſtez, où l’on trouva une gibboſité & union de ſix côtes cartilagineuſes, entre le milieu des deux clavicules arrivant à la partie poſtérieure, juſques aux vertebres lumbaires interſequez les unes avec les autres, faiſant en la partie poſtérieure preſque la figure d’un ſternon, n’eſtant neantmoins que l’embraſſement des coſtes des deux coſtez, leſquelles toutes enſemble ne formoient qu’une ſeule cavité de la poitrine.

Les vertebres du col, du dos, & des lumbaires eſtoient des deux coſtez ſemblables ; & en arrivant aux lumbaires, elles eſtoient ployées comme en demylune, laiſſant vers la partie latérale une eſpace à mettre le pouce, au bout deſquelles eſtoit l’os ſacrum, où terminoient les dernieres vertebres lumbaires.

Apres avoir remarqué les parties externes, on fit l’ouverture du bas ventre ; on n’y trouva qu’une veine umbilicale, mais le double plus groſſe qu’elle n’eſt ordinairement. Les autres vaiſſeaux umbilicaux eſtoient auſſi deux fois plus gros qu’à l’ordinaire.

Le ventricule ou eſtomach, eſtoit double, l’un vers la partie gauche, l’autre vers la partie droite, avec le deux œſophages. A chacun deſdits ventricules ſuivoient les inteſtins ou boyaux grelles ; ſçavoir le duodenum, le jejunum, & l’ileon, à la fin deſquels il y avoit deux boyaux que l’on appelle cæcum, éloignez l’un de l’autre d’environ quatre pouces, leſquels enſuite ſe réüniſſant formoiẽt un ſeul boyau Colon, qu’on trouva remply des excremens, qu’on appelle mechonium, lequel ne ſortoit pas de la région épigaſtrique, comme naturellement ſe rencontre dans tous les ſujets ; mais apres avoir formé deux fois la figure d’un S romain ; dans le meſme endroit ſuivoit le boyau rectum, lequel à cauſe de la grande compreſſion que toutes les parties du bas ventre ſouffrirent en ſortant de la matrice, ſortoit de l’Anus, comme une production de la groſſeur du pouce.

Sous chaque ventricule eſtoit un pancreas, & chaque duit verſſungien entroit dans chaque boyeau duodenum.

Le foye eſtoit un peu plus grand qu’à l’ordinaire, avec deux veſſies du fiel, à quatre doigts l’une de l’autre, & chaque duit ou pore biliaire, entroit pareillement dans un deſdits boyaux duodenum, à l’endroit des duits verſſungiens à l’ordinaire.

La rate s’y trouva ſeule, & auſſi le rein un de chaque coſté. Les vaiſſeaux ſpermatiques & les teſticules n’eſtoient qu’un de chaque coſté ; on les trouva dans l’aine, n’eſtant pas encor deſcendus dans la bource ou ſcrotum. La veſſie eſtoit ſeule, & le diafragme pareillement.

A l’ouverture de la poitrine, on trouva un ſeul mediaſtin, & un péricarde, lequel occupoit preſque toute la poitrine, quoy qu’elle fuſt aſſez grande.

Ce péricarde eſtoit diviſé dans ſon milieu, & formoit deux bourſes, chacune deſquelles contenoit un cœur. Le cœur gauche eſtoit aſſez bien formé ; mais non pas dans le milieu du Thorax, & tournoit ſa pointe au coſté droit. L’autre cœur n’eſtoit pas ſi bien formé, puis qu’il reſſembloit par le dehors à un rein. Il avoit neantmoins toutes ſes parties ; ſçavoir, les deux ventricules, les quatre vaiſſeaux principaux, & ſes valvules.

Les poulmons de la partie gauche n’eſtoient que de la groſſeur du pouce ; ceux de la partie droite, eſtoient tant ſoit peu moindres.

Enfin toutes les parties du coſté gauche, eſtoient mieux formées.

Les teſtes ne furent point ouvertes, parce que nous eſtions bien aſſurez qu’il y avoit deux cerveaux, puis qu’il y avoit deux médulles ſpinales par les quatre ordres des nerfs qui ſortoient des vertebres.

Si cet Homme double eut vécu, il n’auroit pû eſtre marié, à moins que la Femme eut obtenu permiſſion d’épouſer les deux Freres à la fois, outre que les Enfans qui ſeroient provenus de ce Mariage, auroient neceſſairement eu deux Peres.

Mr Hubin a eu le ſoin de faire ſoufler un grand vaiſſeau de verre de criſtal, pour conſerver dans l’eſprit de vin ces deux Enfans accouplez. Mr Bliecq le Pere, doit les faire voir aux Curieux.

Je ne puis finir cette Lettre, ſans vous dire qu’ayant ſuſpendu au milieu de mon Lit mon Phoſphore liquide, duquel vous avez fait mention dans voſtre dernier Mercure, j’ay reconnu qu’il n’a pas beſoin d’eſtre ouvert pour devenir lumineux : il me ſuffit de l’empoigner tirant la main chaude hors du Lit ; & cette phiole pleine d’une agreable lumiere, ſuffit du moins pour connoiſtre quelle heure il eſt à une Montre de poche. Je ſuis voſtre, &c.


COMIERS D’AMBRUN, Claude. « Lettre de Mr Comiers d’Ambrun, Professeur des Mathématiques à Paris. » Mercure Galant (février 1683). Paris, 1683, pp. 227–248. (Voir sur Gallica)


Loin de moi l’idée de faire passer les anciens savants pour des débiles, bien sûr. Il nous a fallu en croire des conneries pour arriver à ce que l’on sait des choses aujourd’hui, et aujourd’hui encore il nous faut en croire des conneries, pour qu’en arrivent demain celles et ceux qui devront bien arriver quelque part demain. Mais bien sûr aussi que si j’ai publié ce texte sur mon blog c’est avant tout parce que ces enfants nés malformés avaient une queue vestigiale dû au fait que leur mère s’était grattée là alors qu’elle avait envie de manger des saucisses. On n’est pas des bêtes, on ne peut pas rester insensibles à ce genre de fines analyses scientifiques.


Police d’écriture utilisée pour la reproduction du texte ancien : IM FELL DW Pica. The Fell Types are digitally reproduced by Igino Marini. www.iginomarini.com

#299 – Squelette de jeu de zombies pour Twine

Le nombre de projets qu’on ne mène pas à terme, c’est quand même fou.

En fouillant mes fonds de tiroir, voilà que je retrouve le squelette d’un jeu textuel de zombies en mode rencontres aléatoires (je dirai pas procédural mais il s’en est fallu de peu), réalisé sur Twine il y a quelques années.

Le jeu est totalement jouable en l’état, seulement il ne comporte aucune description. C’est pourtant ça qui en aurait fait un petit jeu très cool, des descriptions, plein de descriptions, de zombies, de tripes, de sang, de lieux glauques, de combats… qui vous seraient balancées de manière aléatoire à la gueule, si bien qu’à chaque fois que vous relanceriez une partie, vous auriez l’impression de suivre un chemin inédit alors que tout ça ne serait que de l’aléatoire.

Le but était de réaliser ce jeu en utilisant le moins de « passages » Twine possible, tout en me laissant la possibilité d’écrire le plus de descriptions différentes pour chaque élément du jeu. Une espèce d’équilibre à trouver quoi.

Je vous présente donc tout ça maintenant, de la manière la plus concise possible.


Avant toute chose :
– Pour télécharger Twine, c’est ici que ça se passe :
http://twinery.org/
– Pour tester le squelette en question cliquez sur ce lien :
Jeu Zombies Twine – Version explicative
– Pour ouvrir le projet sur Twine (et comprendre comment ça marche), enregistrez simplement la cible du lien précédent sous (c’est un fichier html), et ouvrez-le dans Twine. Il passe sans problème sur Twine 2.3.2 (j’ai pas testé plus récent).

Je vous conseille tout de même de lire la description du jeu avant d’essayer la version explicative jouable, pour mieux piger, mais c’est comme vous voulez.


JEU DE ZOMBIE MINIMALISTE, À RENCONTRES ALÉATOIRES, SUR TWINE.

https://www.ecrivouilleur.fr/files/jeuxhtml/trucouilleur-jeu_zombies_twine-version_explicative.html

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Ceci est un squelette de jeu fonctionnel.
Il est librement utilisable et modifiable.
Il n'y manque que les centaines de descriptions d'éléments, de lieux, de zombies etc... à rédiger.
Ce que vous pouvez très bien faire si vous le voulez, mais moi ça me barbe.


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LES VARIABLES EN JEU

Tour de jeu : n sur 15
Niveau de stress : n sur 8  (affiché à l'écran)
Encombrement : n sur 3 (affiché à l'écran)
Mordu : True or False
Contamination : n sur 5
Arme : True or False
Arme utilisée : True or False

C'est tout.


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PRINCIPES DE BASE

Votre personnage se réveille dans un grand bâtiment dont il ne connaît pas les plans (hôpital, hôtel...). Vous vous déplacez donc de salle en salle au hasard. Le bâtiment est infesté de zombies. Vous cherchez à en sortir.

Le personnage trouvera la sortie après 15 tours de jeu s'il ne meurt pas avant. (Le joueur ou la joueuse ne le sait pas, et ne connaît pas le nombre de tours de jeu déjà effectués puisque le personnage n'est pas supposé savoir ni où est la sortie, ni combien de temps il mettra pour l'atteindre.)

À chaque tour vous avez autant de chances de tomber sur une salle avec un zombie qu'une salle sans zombie.

Sur votre chemin vous pouvez trouver 2 types d'objets :
- arme (permet de combattre)
- objet rassurant (diminue le niveau de stress)


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TOUR DE JEU

Un tour de jeu passe à chaque fois que vous arrivez dans une nouvelle pièce.


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SALLES SANS ZOMBIE

1 chance sur 3 pour que la pièce contienne une arme cachée
1 chance sur 3 pour qu'elle contienne un objet rassurant caché
1 chance sur 3 pour qu'elle soit vide

Deux options :
- fouiller
- continuer sans fouiller

Si vous trouvez un objet rassurant, vous le prenez obligatoirement, votre état de panique ne vous permet pas de l'ignorer. (+1 encombrement, - 1 stress)

On commence la partie avec un niveau de stress = 2, ce qui permet de tomber sur un objet rassurant dès le départ sans que son côté bénéfique ne soit perdu.

Si vous trouvez une arme vous la prenez (+1 encombrement) seulement si vous n'en avez pas déjà une, et si votre niveau d'encombrement < 3.
(3 = encombrement max)

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SALLE AVEC ZOMBIE

(+ 1 niveau de stress quoi qu'il en soit.)

Deux options :
- Tenter de fuir
- Combattre

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FUIR

Vous pouvez fuir avec succès si encombrement < 3 ET si niveau de stress < 8.

Si encombrement = 3, vous vous faites mordre.

Si stress = 8, la panique vous paralyse et vous vous faites dévorer (Mort type 1).

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COMBATTRE

Vous pouvez combattre un zombie avec succès seulement si vous possédez une arme, sinon vous vous faites mordre.

Au bout de deux utilisations votre arme est détruite et 1 encombrement est libéré.


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MORSURE

Si vous vous faites mordre, vous prenez +1 point de contamination à chaque tour suivant. (se faire mordre une seconde fois ne change rien)

Si vous atteignez 5 points de contamination avant la fin des 15 tours du jeu, vous mourrez et vous transformez en zombie dans le bâtiment (Mort type 2).

Si vous atteignez la sortie avec < ou = 5 points de contamination : Fin réussite moyenne. (Vous sortez mais vous savez que vous mourrez bientôt.)

Si vous atteignez la sortie sans vous être fait mordre : Fin parfaite.


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RÉSUMÉ FINS POSSIBLES

Mort type 1 : incapacité de fuir car encombrement = 3
Mort type 2 : points de contamination = 5 avant d'avoir atteint la sortie
Fin moyenne : atteindre la sortie après avoir été mordu
Fin parfaite : atteindre la sortie sans avoir été mordu


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TACTIQUES

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CAS DE MAUVAIS ALÉATOIRE
Chaque rencontre de zombie ou salle sans zombie est déterminée aléatoirement.

Il y a donc toujours la possibilité de ne faire QUE des rencontres avec des zombies. Dans un tel cas le contrôle échappe totalement au joueur qui ne peut qu'échouer.

C'est la vie ma pauvre Lucette.

Dans le cadre d'un jeu qui se voudrait réaliste, c'est sans doute ce qui arriverait.

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CAS D'ALÉATOIRE ÉQUILIBRÉ
Dans le cas d'une partie ou l'aléatoire est équilibré (ça arrive 2 fois sur 3 je dirais), les dilemmes sont les suivants:

- Si l'on ne fouille aucune salle sans zombie, on ne trouvera donc aucun objet rassurant et l'on mourra vite du niveau de stress.

- Si l'on fouille toutes les salles, on peut vite se retrouver trop encombré pour fuir si l'on ne tombe que sur des objets rassurants.
Cela dit on a toujours l'espoir de tomber sur une arme.

- Si on possède 2 objets rassurants et qu'on tombe sur une arme, on pourra combattre deux zombies avec succès puis fuir les suivants puisque l'encombrement sera retombé à 2 après la destruction de l'arme, ce qui laissera la possibilité de retrouver une seconde arme par la suite.


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DESCRIPTIONS, FLAVOUR TEXTS

Pour chaque:
- salle zombie
- combat
- tentative de fuite
- salle fouillée objet rassurant
- salle fouillée objet arme
- salle fouillée vide
- Mort type 1
- Mort type 2
- Fin moyenne
- Fin parfaite

On peut écrire autant de descriptions différentes que l'on veut, sans limite, et qui seront affichées aléatoirement, afin qu'à chaque relance de partie on ait l'impression d'une nouvelle aventure.

Entre une cinquantaine et une dizaine de descriptions serait l'idéal selon le type d'élément. Ce qui explique pourquoi je n'ai jamais pu me résoudre à faire de ce squelette de jeu un véritable jeu.

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Pour le passage Twine principal ("salles") qui sert de hub et oriente vers les passages avec zombie, salle avec arme, salle avec objet... (voir projet Twine sinon vous allez pas comprendre):

On peut, pour chaque élément, écrire autant de descriptions que l'on veut TANT que l'on respecte la proportion de salles sans zombie et de salles avec zombie, et tant que l'on respecte la proportion de type de salles sans zombie entre elles. (Au minimum en tout: 1 salle arme, 1 salle objet rassurant, 1 salle vide, 3 salles zombie.)

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Évidemment on peut également adapter ce jeu à d'autres thèmes que celui des zombies.

Voilà. Étant trop fainéant pour rédiger des tonnes de descriptions juteuses mais se prêtant au caractère aléatoire du jeu, je n’ai jamais fait aboutir ce projet, mais libre à vous d’en faire quelque chose, de le modifier, de vous en inspirer, de l’imprimer dans son entièreté sur du papier chiottes et de vous essuyer avec (mais c’est pas super écologique).

Si vous voulez tester un jeu terminé, allez faire un tour sur mon article de blog précédent.

Allez, bises.

#298 – Le bleu du cimetière

S’il y a bien une chose que je prouve à chaque fois que je poste un mot sur ce blog, c’est à quel point je ne suis qu’un gros paquet de contradictions. Dans mon dernier message je m’exclamais « salut les morts ! », aujourd’hui je vous présente un jeu qui se déroule dans un cimetière.

Bon.

C’est un petit jeu que je viens tout juste de terminer de bricoler, sous l’impulsion de la NaNoRenO édition 2020, une game jam qui invite chacun·e à produire un jeu de type visual novel en trente jours. Bon, moi j’en ai pris que douze parce qu’il m’est trop difficile de rester concentré sur un même machin trente, mais normalement les gens prennent leur temps et font ça bien.

Je sais bien que le paragraphe précédent est truffé de mots barbares pour le néophyte mais… Oui alors là je me suis tâté à dire le et la néophyte, mais le néophyte est une plante, vous êtes donc cette fois-ci, mesdames, dans le le. Moi j’ai l’habitude d’être dans le le, mais pour qui est souvent désignée par le la et pas que le le, je conçois que ce soit déroutant. On pourrait en faire une chanson tiens :
« Il est le le et que le le,
Elle est le la, pas que le le,
Laï laï laï laï, laï laï !
Laï laï laï laï, laï laï ! »

À chanter accompagné·e d’un ukulélé, bien entendu.

Où j’en étais ? Vous voyez ce que ça me fait de bosser douze jours d’affilée sur un même machin… Ah oui ! Le jeu, le néophyte, tout ça. Donc les termes barbares.

  • Game jam : évènement invitant tout un tas d’individus à créer des jeux dans un temps imparti, le plus souvent autour d’un thème défini.
  • Visual novel : genre de jeu basé sur le texte (novel signifiant roman en anglais), agrémenté d’images, de musiques et de sons.
  • NaNoRenO, une game jam à l’occasion de laquelle on est invité·e à créer une visual novel.

Je devrais dire un game jam et un visual novel puisque on doit supposément employer le neutre devant les termes étrangers, mais hein, bon. C’est moche. Un Game Boy, une Game Boy. Même débat.

Bon mais dites quelque chose vous, sans rire ! Vous voyez que je me perds en digressions et vous faites même pas un signe. Vraiment on se demande à quoi vous servez.

Allez, passons au jeu. Il s’appelle :

Le bleu du cimetière

Et il est disponible au téléchargement, gratuitement, pour Windows, Linux et Mac, à cette adresse : https://ecrivouilleur.itch.io/le-bleu-du-cimetiere

Il a été réalisé par moi-même sur le moteur de jeu Ren’Py entre le 14 mars et le 26 mars 2020.

Il vous tiendra occupé·e environ 1h00 ~ 1h30.

Si vous avez ce temps à consacrer à de la lecture agrémentée de musique et d’images, allez-y. Sinon téléchargez-le quand même et gardez-le sous le coude pour plus tard. Ou encore troisième option, ne le téléchargez pas et n’y jouez jamais. Tout est possible dans la vie.

Si jamais j’arrive à compresser un peu mieux le contenu média du jeu, il est possible qu’à terme vous puissiez même y jouer directement depuis ce site. Enfin, je serais vous je compterais pas trop là-dessus. Si jamais c’était le cas je mettrais à jour cette note de blog et vous pourrez également le trouver dans la partie Trucouilleur du site, plus exactement ici.

  • Les photos pour ce jeu ont été prises à Prague, dans le cimetière d’Olšaný, dont je vous avais déjà parlé ici.
  • La police d’écriture utilisée pour l’interface est celle que j’ai réalisée il y a quelques mois et dont je vous avais parlé . Vous la retrouverez également dans la partie Typographouilleur du site.
  • Quant à la bande-son, j’ai allègrement pioché dans mes archives personnelles, et vous pourrez retrouver tous les morceaux ici ou là dans le grand bazar.

Voilà. Je crois que je vous ai tout dit.

Bon ben maintenant je vais aller me reposer que ça m’a fatigué tout ça.

Laï laï laï laï, laï laï…

#297 – Salut les morts !

Voyez comme je calcule peu. En essayant ma tablette graphique hier, et en dessinant ce que j’ai dessiné, j’aurais pu choisir de ne publier la monstruosité qu’à l’occasion de la Saint Valentin, ce qui aurait été thématique. Eh bien non, car, je vous l’ai dit, je ne calcule pas. Pourquoi réserver l’amour et le cul à la Saint Valentin, l’horreur et l’angoisse à Halloween ? Suivre la vague pour surfer sur la tendance, comme c’est vulgaire. Mais puisque je trouve également vulgaire de trouver les choses vulgaires, laissez-moi me dédouaner de ce comportement tout à fait empêtré dans le snobisme vulgueux en vous avouant qu’en vérité je n’ai aucune notion des dates, fêtes et anniversaires. La chandeleur c’est quand ? Aucune idée ? L’anniversaire de ma mère ? C’est quand elle m’envoie le SMS « Tu n’as rien oublié aujourd’hui ? »

Je calcule peu et pourtant je peux vous dire que cela fait déjà cinq jours que je suis de retour en France pour un petit entracte dans ma vie de travailleur à Prague.

Tout ça a commencé bien petitement. Passons donc sur l’essentiel, et plongeons sans attendre au cœur de l’anecdotique. On aura bien le temps de revenir sur mon emploi de ces quatre derniers mois et sur ma démission un jour. On aura le temps ? J’espère. Faudra pas calancher avant, ni vous ni moi.

Arrivé en bus à Lyon, je cherche un journal à me mettre sous la dent de l’œil pour patienter jusqu’à l’annonce dans quelques heures de mon train destination le Biterrois. Pas un tabac presse ouvert dans le quartier. Je me rabats sur une librairie, tombe sur le roman Kitchen de Banana Yoshimoto (吉本ばなな), suivi de la nouvelle Moonlight Shadow. J’achète. Si vous tombez dessus, ne vous laissez pas tromper par la quatrième de couverture. Ici pas de petites recettes qui réchauffent les estomacs et les cœurs, mais du deuil à toutes les sauces. Non, ne dites rien, je me déteste bien assez comme ça quand j’essaie de filer des métaphores aussi piètrement. Du deuil, donc, par nuits claires, du deuil par jours de neige, du deuil d’âge mur, du deuil de jeunesse, du deuil qui étouffe, du deuil qui rappelle à ceux qui restent de respirer. Je me suis enfourné ça dans les six heures suivant l’achat, je conseille ce bouquin à tout le monde. Cela dit, je n’ai pas fait le trajet jusqu’à chez mes parents l’esprit aussi léger que si je ne l’avais pas lu. Quoi que, quand on voit la gueule des journaux en France, ç’aurait peut-être été pire si j’en étais resté à ma première idée.

Le lendemain, ma mère avait réuni la famille, que je n’avais pas vue depuis presque un an, pour de petits retrouvailles dominicales. Malgré les réjouissances, nous attentions le coup de fil de Barcelone qui devait nous informer de la mort du cousin de ma mère et mes tantes. Le médecin de l’hôpital psychiatrique avait prévenu, plus que quelques heures. Cet homme, que je n’ai que peu côtoyé mais dont j’entendais fréquemment parler, et que j’appréciais notamment car dans sa jeunesse il s’amusait, accompagné de sa guitare, à chanter les chansons de Brassens qu’il traduisait en Catalan, cet homme, donc, a chuté en quelques années à peine tous les étages de ce grand immeuble HLM en béton pourri qu’est la vie, avant de venir s’écraser la gueule sur l’asphalte. Tut tut, relisez plus haut ce que j’ai dit de l’enfilage de métaphores. En quelques années, donc, moins de dix ans, sa femme l’a quitté, il a perdu son emploi, il a subi une opération à cœur ouvert suite à laquelle il a perdu son second emploi, est tombé dans l’alcoolisme (ou peut-être était-ce avant que ça femme ne le quitte, mystère), forcé de retourner partager le logement de 30 m² de ses parents septuagénaires dans la banlieue barcelonaise, s’est découvert Alzheimer comme son père, est devenu presque légume en quelques mois, a atterri dans un hôpital psychiatrique parce que devenu violent, incapable ne serait-ce que de se souvenir comment on buvait une verre d’eau dans les dernier jours et passait son temps à se fracasser la tête dans les vitres et les miroirs dès qu’il en croisait. Médicaments, alcool, blessures volontaires, dénutrition. Il a passé ses derniers jours sous morphine à l’hôpital jusqu’à ce que le cœur lâche, comme il se doit. L’appel annonçant sa mort est d’ailleurs arrivé à 15h30, très poliment, juste après le gâteau. Un bras de vénus, mon préféré. Brazo de gitano, en catalan.

Le soir mon amie m’appelait. L’une de ses connaissances était décédée d’un cancer. À quelques milliers de kilomètres d’elle, je n’avais pas les bras assez longs pour la prendre dans mes bras et je m’en voulais un peu de n’avoir pas mangé assez de soupe quand j’étais petit, comme on me l’avait recommandé.

Le lendemain, puisque décidément je n’en avais pas eu assez de ma ration de mort, j’ai dévoré dans la journée le dernier livre de Cavanna : Crève, Ducon ! Décidément l’un des grands amours de ma vie, ce mec. J’avoue avoir été pris d’une légère mélancolie lorsque m’apercevant qu’ayant lu tous ses livres précédents et venant de lire le dernier qu’il écrirait jamais (puis qu’il est décédé en 2014, en janvier ou février (moi et les dates…)), je n’aurai plus jamais un ligne inédite de sa plume à découvrir. Cela dit, le coup de blues est vite passé. C’est comme ça, lire Cavanna vous pousse à vivre et à aimer vivre tout en regardant la mort bien dans les yeux. C’est chouette.

Voilà comment se sont passés mes premiers jours de vacances. Alors, salut les morts ! et maintenant foutez la paix aux vivants, on n’a pas que ça à faire de pleurnicher à vos mémoires. Avec toutes ces bières à boire, ces baisers à donner, ces fou-rire à fou-rirer, vous pensez pas que vous êtes un peu égoïstes à réclamer autant d’attention ?

#295 – Allez voir ailleurs si j’y suis. SPOILER : j’y suis pas.

Mais Feldo y est. Oui, encore Feldo, toujours Feldo. Heureusement que j’ai des amis qui font des trucs, ça me permet de vous occuper pendant que mon blog est en jachère.

Et où est-il donc, Feldo ? En République Tchèque. Enfin non, il est en France. C’est moi qui suis en République Tchèque, mais c’est lui qui en parle. Et où en parle-t-il donc ? Eh bien sur le site fiction-interactive.fr, dans l’article : Films interactifs – Kinoautomat.

Ici pas de conseils touristiques, mais un très intéressant article sur un film produit il y a une cinquantaine d’année, précurseur d’un certain procédé cinématographique.

Sur ce, je retourne me faire exploiter par les stakhano-capitalistes que sont mes patrons, et j’espère que d’ici quelques semaines j’aurais à nouveau le temps d’enrichir le site plus fréquemment, vu que je viens de donner ma démission.

#294 – Ortographe et Expressions Françoises.

Les réformes de l’orthographe, on en cause, on en causait, on en causera toujours. En cela c’est un parfait sujet pour déclencher une belle engueulade familiale au réveillon, dans quelques jours. Essayez, vous verrez, ça vous évitera peut-être de vous y emmerder comme tous les ans. Notez tout de même que l’ampleur de l’engueulade est proportionnelle au nombre d’enseignants présents autour de la table, et que si votre famille est constituée uniquement d’enseignants, par mesure de précaution, appelez les pompiers avant de lancer le sujet. On en causait déjà, donc, en décembre 1665, des réformes de l’orthographe. Un certain D. E. D. nous fait le topo.

NOVVELLES
svr
LES SIENCES

Mercredy 2. Decembre m. dc. lxv.
Par D. E. D.

(…)

ORTOGRAPHE ET EXPRESSIONS
Françoiſes
.

L’Ortographe, ou la droite & veritable écriture, êt celle qui répond plus parfaitement à la prononciation, & à l’uſage des Savans. Pluſieurs veulent que par l’Ortographe on évite encore les Equivoques, mais on ne les évite gueres que par le ſens, lequel il faudroit avoir perdu, ſi par exemple quand un Cavalier demande ſes botes, on le croyoit parler ou des botes de foin, ou des coups de fleuret, qu’on dit encore & qu’on écrit botes. L’Equivoque que ie voy plus generalement évitée par la nouvelle Ortographe, êt des i & des u conſonnes ou voyelles. Car aujourd’huy l’u quarré & l’i ordinaire sont voyelles : l’v rond & l’j long consonnes, par exemple dans le nom de cét Auteur jevius.

Ie croy que le retranchement des létres ſuperfluës, lequel on peut en ce temps remarquer dans la plus part des Livres, vient des Etrangers & des Hollandois principalement : de quelques Meſſieurs de l’Academie Françoiſe : de defunt Monſieur Sancteuïl : enfin de pluſieurs autres qui écrivent à peu prés comme on parle, & qui dans les connoiſſances qu’ils ont des Langues, ne craignent pas qu’on leur reproche d’ignorer la Gréque & la Latine, dont la nôtre dépend.

On a donq premierement rentranché l’S de tous les mots où l’on ne l’entend pas, comme d’être & de connoître. 2. l’H de pluſieurs autres mots : comme de Caractere, de la ſeconde ſyllabe d’Ortographe & d’Auteur qui vient d’Auctum pris dans Lucrece pour faire. 3. le P de Domter, qui vient de domitum. 4. le C de Savoir, que l’on voit eſtre tiré de ſapere. Pour le mot de Sience, il êt vray que les Latins l’écrivent aveq un C. Mais on peut aprendre dans l’Ariſtarque de Voſſius, que les Antiens le prononçoient comme un K ou un Q, & comme nous prononçons la premiere ſyllabe de Squinance. S’il falloit toûjours suivre l’Ortographe Gréque ou Latine, il faudroit écrire gar pour car, & grephe pour gréfe, Prebſtre, doubte, Cæſar, l’Hom ou l’Homme dit, au lieu d’on dit. Enfin on a retranché d’autres létres, comme l’un des deux a d’âge, le premier a d’à ſavoir, & l’e d’eu que quelques-uns écrivent û, le t de fruis, & ſemblables.

Rien ne choque davantage la plus part des Lecteurs, que de voir le verbe êt ſans s : enquoy ils témoignent peut-être plus d’habitude que de raiſon. Ils écrivent être & eſt : comme i’eſpere qu’ils écriront mettre & meſt pour met. Si l’écriture ſelon eux fait de la diference entre les choſes : comment n’en fait-elle point entre le verbe & le vent d’eſt. La raiſon qu’ils raportent, qu’on prendroit êt pour & conjonction, êt nulle. Car le ſens & l’accent l’en diſtinguent aſſés : comme ils diſtinguent aſſés ſon é ouvert des autres ſortes d’é, que les Grammairiens de nôtre langue expliquent.

On n’a pas ſeulement retranché des létres : on en a encore changé, comme ph de Filoſofe. Et à n’en mentir point, c’êt une maniére d’écrire, ſi on la ſuivoit, commode pour abreger, & pour éviter encore la prononciation de Pfiloſopfe, comme celle de Pfundanius pour Fundanius, remarquée par les Antiens.

Quelques-uns ont encore changé en s l’x final des mots, par exemple de ceux-cy, aus deus animaus, & l’s en z, uzage. M. Du Rier a encore changé le c final en q, par exemple dans aveq, afin de fermer le mot enſemble & la létre, car c n’êt qu’un q fermé, & afin de garder la méme létre dans l’alongement du méme mot, aveq avèque. Pluſieurs ont pareillement changé au en o comme en Povreté, où nul ne peut prononcer Pou-reté, à moins d’ignorer les premers élemens de l’Ortographe, & la diſtinction des létres.

Ce qu’on pourroit ſouhaiter, ſeroit d’étendre ces retranchemens & ces corrections de nôtre écriture, à quelques maniéres de nôtre expreſſion : car pour celles de la vie, ie les laiſſe, & ne parle que du parler méme. Surquoy ie m’étonne, qu’en la perfection où êt preſentément nôtre Langue, pluſieurs diſent & écrivent ou deux mots pour un : encore bien que, comme par exemple, puis apres, pour & afin, enfin pour concluſion, ou un mot pour un autre, comme auparavant luy pour avant luy, dedans les Livres pour dans les Livres, Chez Platon pour dans Platon.

En cette Sentence mémes : Il êt des Maîtres comme des Medecins : il faut toûjours prendre ceux qui ont plus d’eſprit, de doctrine, d’experience, & de fidelité, ce ſeroit ce me ſemble un pleonaſme ou une abondance vitieuſe, de dire le plus d’eſprit, le plus de doctrine.

Entre ces autres expreſſions : un Homme ſe remuë, une choſe ſe fait ou ſe dit : la premiere êt bonne & veritable. Mais pour les deux derniéres & toutes les ſemblables, il me ſemble que les gens d’eſprit commencent d’en corriger le contre-ſens, & de croire qu’une choſe ne ſe fait pas & ne ſe dit pas elle-méme : mais qu’on la fait & qu’on la dit, &c.


Source :
D. E. D. « Ortographe et expressions Françoises. » Nouvelles sur les siences, 2 décembre 1665, Paris, 1665, pp. 2–4.

Disponible sur Gallica.


Espérons que ça fasse relativiser un poil les puristes à la chouinette sensible qui passeraient par ici. Quoi ? C’est bientôt Noël, on peut toujours rêver.

#293 – C’est peut-être de la merde, mais maintenant c’est de la merde légale

Je viens de faire l’acquisition, très légalement cette fois-ci, du synthétiseur Vocaloid et de la voix synthétique nommée Flower. En trente petites minutes, on peut créer grâce à tout ça d’infâmes morceaux pop à base de voix robotiques, ce qui me plaît beaucoup puisqu’en ce moment je n’ai ni le temps ni les moyens matériels de faire mieux.

J’en ai bien bavé pour télécharger des gigabytes à 120 kb/s à l’heure où tous les voisins pompaient la bande passante ce soir, mais j’ai quand même pris quelques minutes pour tester le machin avant de devoir aller me coucher :

Test viteuf de VOCALOID5 et v4_flower

Vous pouvez entendre de la reverb, elle est native du logiciel. Pas mal d’effets sont déjà présents (compresseur, delay, disto… une dizaine en tout) de bonne qualité (c’est un produit Yamaha, les mecs débutent pas dans le métier…), et il y a encore plus de paramètres pour régler finement ses voix et les rendre les plus humaines possible que ce que j’expliquais de vocaloid 4 dans ces articles. C’est même incomparable niveau accessibilité, tous les défauts que je trouvais à l’ancienne version ont été gommés. N’importe quel-le amateur-trice (comme moi) peut en quelques secondes, et avec un peu de motivation, mettre en œuvre ses idées et les faire sonner correctement à grands coups de presets avec cette version 5 du logiciel.

Seul hic, toujours aucun vocaloid francophone. Il faudra faire avec la phonétique anglaise ou japonaise. Perso je prends la japonaise, mais comme je n’ai toujours pas le niveau pour écrire des chansons en japonais, c’est un vrai frein à la création. On reste dans l’onomatopée, les oooh, les aaah, les kiki kaka. Je veux dire qu’on serait forcé d’y rester, dans l’onomatopée, même en prenant plus de 20 minutes pour faire un vrai morceau, faute de paroles originales. Ou faudrait se cantonner aux reprises. Ou trouver un ou une poète du Japon pour nous pondre un joli texte.

Bon ben dans tous les cas maintenant je pourrais faire chanter des kaka kiki à un robot japonais en toute légalité, et qu’est-ce que vous dites de ça ?

#292 – J’ai trois minutes pour vous causer de mon cul

C’est une image. Mon cul en lui-même n’a rien à déclarer, sinon les ordinaires hauts et bas qu’un cul peut expérimenter dans le cadre de ses fonctions lorsqu’il change brusquement de pays et donc de régime. Passons.

La série sur le Fantastique Japonais de Félix Régamey était prête depuis plus de deux mois, il ne manquait que quelques notes de bas de page à terminer et quelques images à trouver, et je n’ai pu la poster qu’il y a deux semaines. J’vous essplique.

Vous vous rappelez peut-être comme je fanfaronnais d’avoir refusé un emploi à l’école Montessori de Prague car le contrat était bidon, eh bien j’ai signé un autre contrat encore plus bidon. Disons que j’ai tout de même bien moins de responsabilités et de travail pour le même salaire et la même absence totale d’assurance chômage et maladie. Quand je dis moins de travail, ça veut dire que je peux tirer au flanc quelques heures par nuit sur le lieu de travail, pas que je travaille moins d’heures. Par nuit ? vous dites-vous. Eh oui. Je suis désormais réceptionniste de nuit dans une auberge de jeunesse en plein centre de Prague, 12h par nuit, 7 nuits toutes les deux semaines. Je suis également prof de français quelques heures par semaine dans une école Britannique internationale, ça c’est les après-midi, histoire d’être bien sûr de n’avoir absolument aucun rythme de sommeil régulier.

Vous allez me dire que même si on rajoute les déplacements, cela ne fait toujours que 50h hebdomadaires (pour 800€), et que donc ça laisse bien du temps pour rédiger quelques notes de blog. Vous auriez raison si je n’avais eu à déménager mes affaires de Lyon à Prague en bus. Ce qui nous rajoute 36h de bus aller-retour à chaque fois, plus 24h à faire des valises et des cartons.

Je connais bien la Suisse maintenant. Enfin surtout les douanes.

Pour venir compléter cette emploi du temps que certains macronistes d’entre-vous trouveront un peu light, n’oubliez pas qu’il me faut également dormir un peu, faire les courses, les repas et le ménage. Tâches toutefois partagées par mon amie, elle occupée à travailler 40h/semaine avec des personnes porteuses de handicap, rédiger un mémoire à distance avec allers/retours Prague-Bruxelles et passer son permis de conduire.

Apparemment le traducteur ou la traductrice n’a pas touché un centime sur les prunes.

Voilà donc pourquoi je n’ai pas donné signe de vie depuis tout ce temps. Mais je suis toujours là, le déménagement est maintenant terminé et je commence (très doucement) à m’adapter à mon rythme de travail (beurk), je vais donc à nouveau pouvoir m’occuper du site.

Je me rends d’ailleurs compte qu’il doit désormais être indexé par les gros moteurs de recherche car je dois supprimer environ 50 spams dans les commentaires tous les deux jours depuis deux semaines, ce qui me fait me demander si c’est une bonne ou une mauvaise chose.

Dans les choses prévues pour la suite : un portrait de Félix Régamay pour venir compléter le dossier de son Fantastique Japonais, me remettre à alimenter le blog indépendant de la section musicouilleur, et si possible même composer quelques nouveaux morceaux.

À bientôt, donc, et merde au travail.

#291 – Le Fantastique Japonais de Félix Régamey (6)

LE FANTASTIQUE JAPONAIS (1)

II
le feu (Suite)

Soghen, mauvais prêtre, a scandalisé les fidèles par sa conduite dévergondée et déconsidéré l’église. Il a été bien sévèrement puni, car voici sa tête convulsée, soufflant, sifflant, grinçant des dents, qui passe emportée dans un tourbillon de flammes ; elle va, se heurtant à tous les obstacles que rencontre en chemin son vol capricieux, ainsi que celui des chauves-souris crépusculaires zigzagant dans l’espace. C’est à Kiotto, aux alentours du temple de Onganzi, qui fut le théâtre de ses exploits passés, que s’accomplit la pénitence de ce Juif-Errant des airs (Fig. 22).

Wa Nioudo, est le nom qu’on donne à cette machine phénoménale qui doit son origine à l’avarice extrême d’un bonze médiocre, dont le châtiment rappelle celui du précédent.

Depuis sa mort, sa tête monstrueuse, séparée du tronc, s’en va, roulant éperdue dans la nuit ; elle est devenue le moyeu d’une lourde roue enflammée qui court les rues de Kiotto, jetant l’effroi sur son passage, et c’est une fâcheuse rencontre que de se trouver nez à nez avec ce véhicule effréné ; plus fâcheuse encore s’il vient heurter à votre seuil ; le moyen d’éviter qui pousse plus avant existe cependant ; il ne s’arrêtera pas chez vous, si vous avez eu soin d’écrire ce simple mot : « Komotokoroshoponosato » ! (Fig. 23)

Les Japonais disent : « Frappez du doigt à petits coups sur le crâne d’un bonze, le son sera le même que si vous frappiez sur une calebasse vide. » Ce proverbe ne témoigne pas d’un respect bien profond pour le sacerdoce ; c’est qu’aussi à côté d’individualités douées de rares vertus et d’un haut mérite, les faibles d’esprit, ratatinés par l’abus des patenôtres accompagnées de roulement de gros tambour qui durent des journées entières et du couchant à l’aurore, ne sont pas rares, et nous venons de voir que ces religieux n’ont pas plus qu’ailleurs le monopole exclusif de la vertu.

Ce ne sont cependant pas ces brebis galeuses qui pourront ébranler sérieusement cette foi aimable, naïve et aussi gouailleuse, qui fait, au Japon, si bon ménage avec l’esprit d’obéissance et de discipline, et chacun n’en remplit pas moins très exactement — sans trop d’emportement toutefois — les prescriptions du culte.

Il est d’usage de célébrer au temple un service pour les morts de qualité : c’est la nuit pendant la veillée funèbre qu’apparaît l’oiseau noir aux yeux luisants qui vomit du feu par le bec, avec un grand bruit d’ailes (Fig. 24).

Omoraki, oiseau funeste, que t’a fait ce cadavre dont tu viens troubler le repos ? Cette question, que nous n’avons pas eu d’ailleurs, l’occasion de lui poser directement, est restée sans réponse. Nous n’avons donc d’autre ressource que de nous perdre en conjectures.

L’histoire naturelle a été, dans tous les temps et dans tous les pays, une source inépuisable de récits fabuleux, de cocasseries fantasques ; les bons auteurs japonais ne sont pas restés en arrière sur ce chapitre, comme bien on pense. Non contents d’inventer de toutes pièces toutes sortes de bêtes apocalyptiques telles que le kilin, le dragon, etc., ils ont prêté à certains animaux existant réellement des traits et des mœurs que Buffon n’a jamais entrevus.

C’est ainsi que, d’après eux, le tapir peut procurer des rêves heureux, à la condition de broder son image sur les oreillers ! Qu’un corbeau noir habite le soleil et qu’un lapin blanc est visible dans la lune où il pile sans relâche du riz dans un mortier.

Voici maintenant pour le tigre : Cet animal qui a la taille d’un bœuf, dort le jour dans les cavernes, ne sort que la nuit en quête d’une proie, et alors un jet de lumière s’échappe d’un de ses yeux, éclairant la campagne qu’il fouille avec l’autre !

Ce qu’on raconte du chat n’est pas moins surprenant. Ce n’est pas à cause du fameux ver dont il est parfois question dans nos loges de concierge, que les Japonais coupent inexorablement le bout de la queue de leurs chats — c’est pour qu’ils ne deviennent pas trop vieux.

Le chat doit l’immortalité à sa queue intacte, disent-ils. Ne chicanons pas là dessus, mais en quoi l’immortalité des chats peut-elle bien les gêner ? et est-il bien sûr ensuite que le moyen employé pour les y soustraire soit bien efficace ?

Le chat, après qu’il a vécu des siècles, devient terrible, son poil se hérisse et il n’apparaît plus qu’environné de flammes ; il change alors son nom ordinaire de Nekko en celui de Kansha, et se livre à des déprédations redoutables ; bien des bouleversements lui sont dus, et il montre un goût particulier pour les femmes dont il déterre les cadavres, qu’il dévore (Fig. 25).

C’en est assez, n’est-ce pas, pour motiver toutes les précautions, et puisque le Kansha ne se montre plus depuis qu’on coupe la queue du chat à sa naissance, c’est bien la preuve que la précaution est bonne à prendre.

Voici maintenant les furets flamboyants, titans en miniature, qui semblent vouloir escalader le ciel, à les voir se dresser, grimpant les uns sur les autres au sommet des arbres. (Fig. 26).

Cela n’est pas vu d’un très bon œil par les bonnes gens voisins de l’endroit où ont lieu ces acrobaties — Signe d’incendie, disent-ils, au diable les furets flamboyants ! »

Enfin, voici une sorte de vampire fulgurant, aux yeux ronds, aux crocs aigus et à forte griffe (Fig. 27).

Toujours bondissant, il opère de préférence dans les jardins ; les dégâts qu’il cause sont considérables, son haleine brûlante dessèche les plantes frêles, flétrit les fleurs et fait tomber les feuilles des arbres, et partout où il passe, c’est comme si le feu y avait passé.

(A suivre)

Félix Régamey.

(1) Voir le t. III, p. 141, 189, 257, 576, 639.


  • Soghen : Sōgenbi (叢原火 ou 宗源火)
TORIYAMA, Sekien (鳥山石燕). « Sōgenbi (叢原火) », Gazu Hyakki Yagyō (画図百鬼夜行), 1776.
  • Kiotto : Kyōto (ou Kyōto-shi 京都市)
  • Temple de onganzi : Fait probablement allusion à l’un des bâtiments liés à la secte Hongan-ji (本願寺)
  • Juif-Errant : personnage mythique privé de la mort et condamné à errer sur terre éternellement.
  • Wa nioudo : Wanyūdō (輪入道)
TORIYAMA, Sekien (鳥山石燕). « Wanyūdō (輪入道) », Konjaku gazu zoku hyakki (今昔画図続百鬼), 1779.
  • « Komotokoroshoponosato ! » : 此所勝母の里 (このところしょうぼのさと) kono tokoro shobo no sato « Ici c’est le village de Shōbo ». D’après l’article d’Andrew Kincaid citant lui-même l’ouvrage Yokai Attack! The Japanese Monster Survival Guide de Hiroko Yoda et Matt Alt (Tuttle, 2012), ce serait une référence à une histoire confucéenne dans laquelle l’un des disciples de Confucius aurait évité la ville de Shōbo dont les caractères, 勝母, peuvent être lu comme « triompher de sa mère ».
  • « Frappez du doigt à petits coups… » : J’ai pas trouvé l’origine de celle-là, mais ça m’intéresse…
  • Omoraki : Onmoraki (陰摩羅鬼 ou 陰魔羅鬼)
TORIYAMA, Sekien (鳥山石燕). « Onmoraki (陰摩羅鬼) », Konjaku gazu zoku hyakki (今昔画図続百鬼), 1779.
  • Kilin : kirin (麒麟, きりん), créature de la mythologie chinoise, mélange de cerf et de cheval portant souvent pelage et écailles.
  • Buffon : Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon, (1707-1788). Naturaliste, biologiste et philosophe, auteur de L’histoire Naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roi, publiée en 36 volumes entre 1749 et 1789.
  • Tapir brodé sur l’oreiller : baku (獏 ou 貘), il dévore les cauchemars.
  • Corbeau dans le soleil : Yatagarasu (八咫烏), corbeau à trois pattes qui représente le soleil et l’habite.
  • Lapin sur la lune : Tsuki no Usagi (月の兎), sur son astre il pile du riz dans son mortier au Japon, s’attelle à la préparation d’un élixir de vie en Chine.
  • Tigre : Je n’ai trouvé aucune référence au tigre à l’œil-torche ailleurs.
  • Kasha (火車) :
TORIYAMA, Sekien (鳥山石燕). « Kasha (火車) », Gazu Hyakki Yagyō (画図百鬼夜行), 1776.
SAWAKI, Suushi (佐脇嵩之). « Kuhashiya (くはしや) », Hyakkai Zukkan (百怪図巻), 1737.
Anonyme. « Kasha (火車) », Bakemono no e (化物之繪), c. 1700. CC BY-SA 4.0, Brigham Young University.
  • Furets flamboyants : Ten Itachi (鼬)
TORIYAMA, Sekien (鳥山石燕). « Ten (鼬) », Gazu Hyakki Yagyō (画図百鬼夜行), 1776.
  • Sorte de vampire fulgurant (fig. 27) : Furaribi (ふらり火)
TORIYAMA, Sekien (鳥山石燕). « Furaribi (ふらり火) », Gazu Hyakki Yagyō (画図百鬼夜行), 1776.
SAWAKI, Suushi (佐脇嵩之). « Furaribi (ふらり火) », Hyakkai Zukkan (百怪図巻), 1737.
Anonyme. « Furaribi (ふらり火) », Bakemono no e (化物之繪), c. 1700. CC BY-SA 4.0, Brigham Young University.

Pour voir l’intégralité du contenu lié au Fantastique Japonais de Félix Régamey dans la Revue des Traditions Populaires, consultez le dossier (Régamey file / 一件書類).