#269 – Carnets gâchés

Voilà qu’on vous offre un joli carnet, tout vierge, tout neuf : vous êtes bien embêté·e. Eh oui. Si vous dessinez dedans, il est quasiment certain que votre gribouillis ne soit qu’une insulte à la page blanche, mais si en revanche vous n’y dessinez rien, c’est une insulte à la personne qui vous a fait ce cadeau. Dans les deux cas, vous voilà bien. Rassurez-vous cela dit, car vous n’êtes pas seul·e dans ce cas. C’est comme ça pour tout·es les dessinouilleurs et ·illeuses du dimanche. D’ailleurs, s’il y a une chose de sûre, c’est que moins on dessine, moins ce qu’on dessine est beau. Alors, à un moment, faut se lancer.

Voici donc quelques unes des dernières pages que j’ai moi-même osé gâcher dans un carnet qu’on m’a offert (saufs celles sur papier noir, je me le suis offert tout seul celui-là). Comme on pouvait s’y attendre, c’est en majorité mauvais, mais il y a quand même quelques traits et points bien placés dans le tout. Si vous trouvez lesquels, écrivez-moi, vous avez gagné.

#268 – À Prague (suite et fin)

Oui, alors, avant que je ne vous laisse lâchement tomber il y a deux mois, j’étais en train de vous montrer les jolies choses que j’avais vues à Prague. Je ne suis plus à Prague mais le téléphone dont je me suis séparé était quand même rempli de photos de la ville. Je vais donc partager quelques unes d’entre elles. Attention, je n’ai choisi que les meilleures.


Première image. Où l’on voit que les Tchèques ne respectent absolument pas la langue française :

Si vous trouviez que l’allemand était compliqué à cause des déclinaisons, essayez un peu le tchèque pour voir

Si vous trouvez de quel bar ces têtes en fer forgé ornent la façade, vous avez gagné :


Comme dans toute ville ancienne, on retrouve sur les plus vieilles pierres d’antiques graffiti qui nous donnent le vertige quand on pense aux années qui nous séparent du moment où ils furent inscrits :


Un Nazgûl :

Oui, je sais. Mozart, tout ça…

Un distributeur qui prend la poussière :


Un immeuble dont la façade ferait sans doute grincer des dents aujourd’hui. Mais là c’est patrimonial, pas pareil :


Là j’ai juste appuyé sur le bouton au mauvais moment, mais je vous la mets quand même :

N’empêche que d’entre toutes les merdouilles que j’ai pu prendre en photo, ces petites pierres cubiques qui servent de pavés sont sans doute la chose la plus typiquement praguoise que vous verrez ici.

Si vous sortez un peu de Prague, à 45 minutes en train, allez visiter Sedlec et Kutná Hora. À Sedlec il y a le fameux magnifique ossuaire et son énorme chandelier en ossements humains. Chaque os du corps y est présent au moins une fois. À Kutná Hora on peut visiter l’église Sainte-Barbe qui est honnêtement l’église la plus belle que j’ai jamais visitée, du dedans comme du dehors. Mais ce n’est pas ça que je vais vous montrer ici. Non. Ici, je vais vous montrer que dans cette commune de Sedlec-Kutná Hora, vaut mieux payer en couronne tchèque bien que les euros soient acceptés partout :

Pour référence, à ce jour 1 euro = 25,7 couronnes tchèques

Cela dit, maintenant que j’ai parlé de l’église Sainte-Barbe, je vais quand même vous montrer un tableau qu’on peut y trouver :

Oui.
Ce mec-là mate un homard qui passe devant le soleil.

Ça, me demandez pas, je ne sais pas ce que c’est, je suis tombé dessus en pénétrant par erreur dans une cour intérieure :

C’était la nuit, du coup on voit pas bien mais c’est le crépi qui est soulevé par le crochet, c’est pas un drap.

Alors là, par contre, je vais vous donner plus d’explications, parce que ça le mérite :

Sur ce sac plastique est dépeinte une scène traditionnelle qui se joue à Pâque. Notez bien la baguette de bois dans la main du jeune homme et la jeune fille qui court devant lui.

Le lundi de Pâques, il est de tradition que, le matin, les garçons se munissent de cette sorte de baguettes-fouets (pomlázka) faites de branches de saule tressées et décorées de rubans, et aillent fouetter les fesses des filles du quartier. Pour se sortir de cette situation, les filles peuvent donner des œufs décorés aux garçons. Elles ont aussi le droit de leur balancer un seau d’eau à la figure.

Je vous laisse en tirer les conclusions que vous voudrez.


Un ordinateur analogique made in Tchécoslovaquie dans les années 70, le MEDA 41TC, exposé au Musée Technique National de Prague :

Parce que les calculateurs numériques c’est pour les noobs.

À l’Académie des Arts, de l’Architecture et du Design de Prague (UMPRUM), on trouve les chiottes les moins gender-ability neutral de la ville :

On notera que pour ne pas passer totalement pour des conservateurs, les architectes ont décidé que les enfants se feront changer dans les toilettes pour hommes handicapés. Si vous êtes une mère sans handicap et que vous souhaitez changer votre enfant, vous pourrez à loisir vous demander si on va vous laisser entrer dans ces toilettes-là, et si on vous y laisse entrer est-ce que ça valait bien le coup de faire autant de pièces différentes pour au final laisser n’importe qui entrer n’importe où.


Enfin, sur le chemin du retour, j’ai pu constater que sur la tablette intégrée à chaque siège du bus, il y avait de la littérature pour les enfants, de la littérature pour les femmes, mais aucune littérature pour les hommes ! Un scandale.

C’est peut-être la section AutoMotoRevue, si on suit la logique de ces dernières décennies.

Voilà. J’ai vidé ma pellicule « République Tchèque », j’espère encore une fois vous avoir fait rêver et que votre tête est maintenant remplie paysages paradisiaques. Je vous laisse sur cette image de bébés sans visage escaladant une tour de 216 mètres :

Il s’agit des « Miminka » de David Černý. On peut également les voir de (trop) près dans le parc Kampa.

#267 – C’est sûrement la batterie

Qu’est-ce qui alimente un blog ? Facile. Un blogueur. Qu’est-ce qui alimente un blogueur ? Difficile. Une multinationale qui donne dans la mode ou la cigarette, un agacement authentique mais néanmoins de spectacle, une envie de briller socialement ? Que sais-je… Appelons ça la batterie. La mienne semblait à plat. Oh, semblait, vraiment ? Au passé ? Non, vous avez raison, n’allons pas trop vite. La mienne semble défaillante en ce moment. C’est mieux comme ça. Les posts vont continuer à se succéder lentement si j’arrive à retrouver un peu de motivation mais je ne promets rien.

Quoi de beau aujourd’hui, donc ? J’ai changé mon téléphone portable. L’ancien n’allait pas ? Non, il n’allait plus. C’était la batterie ? Non, mais ça aurait pu. Après avoir conservé mon précédent téléphone 7 ans, j’avais été horrifié par les réponses aux nombreuses question sur les forums du genre : « quel modèle de téléphone a la plus grande longévité ? » Les réponses en général ressemblaient à ça : « celui-ci il a une durée de vie de ouf, j’en avais un il a tenu 2 ans ! »

Bon, mais on s’en fiche car ce n’est pas une question de batterie. Enfin si. Enfin… Laissez-moi trois secondes pour m’expliquer. Depuis longtemps, je travaille sur moi pour atteindre un niveau de consommation de produits technologiques qui me convienne éthiquement. Après m’être, au cours des années, débarrassé de tout produit et service Facetruc, Gmachin, iBidule (vous pouvez allez (re)lire cet article où je cause de tout ça) la dernière étape était de me séparer du smartphone. Ce machin est un fléau pour la planète comme pour les esclaves qu’on envoie aux mines chercher les matières premières, souvent un chauchemar aussi pour les ouvriers exploités des usines de fabrication. Autre problème du smartphone qui fonctionne sous android, c’est que le systeme android était opensource mais a depuis longtemps été récupéré par Gmachin et que je ne veux plus aucun lien de près ou de loin avec cette entreprise et ses filiales.

Seulement, mon smartphone marchait bien, je n’allais pas le jeter, ç’aurait été du gaspillage. Et là, coup de bol ! La solution est arrivée toute seule, miracle de l’obsolescence programmée. La batterie a foiré. Non, je vous l’ai dit, pas la batterie de mon téléphone. La batterie du téléphone de mon amie. Fastoche, donc : elle récupère le mien, puisqu’elle n’est pas prête à lâcher ce genre de machines, et moi j’en achète un, le plus basique, le moins complexe.

Et c’est ce qu’on a fait. Aujourd’hui, je suis le fier possesseur d’un téléphone à clapet, sans appareil photo, sans même une prise casque, avec 1Mo d’espace de stockage de médias mais aucun moyen de transférer quoi que ce soit dessus. Je peux stocker jusqu’à 40 sms d’un coup sur ce téléphone. 40 !! C’est beaucoup trop. J’ai repris la bonne habitude de les effacer à mesure qu’ils arrivent. Pas de MMS, pas d’emoji, pas d’e-mails. Pour tout ça il y a l’ordinateur.

Une seule question maintenant, tiendra-t-il au moins trois ans ? Je l’espère parce que le but n’est pas d’avoir un téléphone jetable dont on se fiche. C’est d’avoir un téléphone qui ne vous fiche pas et qui ne fiche pas la planète en l’air non plus. Donc, il doit durer le plus longtemps possible.

La prochaine question sera : chez quel opérateur prendre son forfait pour avoir le moins l’impression de participer à la destruction de l’état social et de financer la campagne du prochain président de droite ? Là, vous pouvez m’aider, je suis complètement perdu.

Voilà. Vivre aujourd’hui sans ces services et sans ces machines, c’est possible. J’ai un blog et une adresse e-mail qui tournent sur des serveurs pensés de manière à ne pas détruire la planète à grande vitesse, je refuse de laisser exploiter mes données par des multinationales dont le seul principe est le profit, réseaux sociaux et autres services gratuits piège-à-cons c’est de vous que je parle, et je souhaite que mon confort ne s’établisse pas au prix de l’esclavages d’autres êtres, humains ou pas, à l’autre bout de la planète. Pour autant, je ne vis pas dans une grotte ni dans une forêt, mais en plein centre de Lyon, j’écris, je fais de la musique, je dessine, je bois des verres et des limonades en terrasse en compagnie d’amis ou de bouquins, je ris plusieurs fois par jour et rarement tout seul, je me déplace où je veux par les transports en commun, il m’arrive même de travailler si je trouve un emploi qui me convienne éthiquement. Je ne manque de rien, je me prive parfois quand je sais que pour un petit plaisir instantané je participe à pourrir la vie d’autres, et parfois la mienne, à long terme, c’est tout, et je n’en suis que plus heureux. Hésitez donc pas à faire tous ces changements dans vos vies, vous ne vous retrouverez pas seuls ou isolés pour autant, si c’est votre crainte. Je pense également que l’avenir des populations sera grandement déterminée par le pouvoir acquis par ces multinationales ayant fait fortune dans les technologies et que, que ce soit au niveau du climat, de la vie privée ou de la paix globale, notre avenir paisible, c’est aujourd’hui et sur ce terrain aussi qu’il se joue.

#266 – Vyšehrad

Vyšehrad est une forteresse médiévale encore peu visitée du public à Prague. Je vous en conterai peut-être un jour l’histoire dans les détails mais aujourd’hui, comme promis, place aux images prises et sélectionnées avec soin.

Comme toute forteresse de cette taille, c’est-à-dire immense, de la taille d’une petite ville, celle-ci comporte plusieurs portes, la Porte Tabor, la Porte de Briques, la Porte de Leopold… Mais en voici une que vous ne trouverez sur aucun guide :

Détail :

Car, face aux assaillants, que vaut une porte qu’on aurait oublié de fermer, hein ?


Les basiliques me poursuivent. Non, franchement, à chaque fois que je tombe sur une église, c’est une basilique. Pouvez vérifier ici et . Celle-ci semble avoir bénéficié d’une aide venue du ciel pour son édification, et par aide venue du ciel, je parle pas de Dieu, si vous voyez ce que je veux dire :

On ne pourra pas ici accuser les religieux de faire un tabou de la question sexuelle. Les attributs génitaux mâles et femelles fièrement représentés à la porte de l’édifice, dans un feu d’artifice de couleurs n’ayant rien à envier au drapeau LGBT+ :

Mâle
Femelle

Enfin, les fondations de l’impressionnante acropole :

Ouais, c’est le petit rectangle de pierres là.

C’est d’ailleurs aussi ancien qu’impressionnant. Peut-être même plus.

Voilà pour aujourd’hui ! Il est 23h59, je vais me coucher. J’espère qu’après avoir vu ces magnifiques images, vous aussi irez vous coucher des paysages de rêve plein la tête.

#265 – Les pieds qui doublent de volume, c’est bon signe ou pas ?

Voilà. On est arrivés à Prague. Accueillis par un bon repas et un lit qui nous attire fort. Si fort qu’on va pas tarder à s’y écrouler. Il faut dire qu’on vient de se taper vingt heures de trajet de Lyon à Praha avec une seule petite pause d’une heure trente à München, le temps d’avaler un café et de changer de bus. Nous n’aurons vu Genève et Zurich que de nuit, et ce que j’ai pu en voir était fort laid. Moi les baraques plus hautes que larges… Enfin, évidemment, nous n’avons aperçu que ce qui était éclairé par des lampadaires, c’est-à-dire les centre-villes. Sûr qu’on a raté les jolies petites campagnes.

Les petites campagnes de bord d’autoroutes allemandes, par contre, nous les avons vues au lever du jour. C’était fort lassant. M’a laissé l’impression que l’Allemagne n’était qu’une vaste zone industrielle en chantier, étendues plates et arbres secs. C’était sans doute pas le chemin le plus intéressant, j’imagine qu’on l’a tracé pour faire au plus court, et pourtant c’était déjà trop long. D’accord, c’était vert, mais tellement intensément rébarbatif… Une forêt de bouleaux, tout de même, m’a fugacement tiré une pensée pour Feldo qui les aime tant, mais c’était l’unique sur des kilomètres et elle était vraiment rikiki. J’ai dû avoir le temps d’être ému au moins dix secondes avant qu’elle ne disparaisse, aussi vite qu’elle y était entrée, de mon champ de vision délimité par ma partie de la vitre du bus. Quelques parties vallonnées auront tout de même réussi à atténuer cette monotonie, disons un quart d’heure au total, en parfaites reproductions naturelles d’un écran de fond windows xp qu’elles étaient.

Bref, la Suisse, l’Allemagne, dans ces conditions… Ah si. Quand même. La vision du lac de Constance à l’aube en passant par Lochau (Autriche). J’avoue que c’était beau. C’était… vaste. Là, okay, ça m’a laissé rêveur. Aussi rêveur qu’on peut l’être après dix heures de bus sans pause, deux heures de sommeil au max par sessions de quinze minutes, et des pieds au volume doublé par le manque de mouvement et les vibrations incessantes du gros bus mercedes qui vous trimballe. Et un petit mystère qui nous a tenu en haleine jusqu’à sa résolution en arrivant grâce à wikipédia : dans les environs de Wolnzach, dans tous les champs sur des hectares et des hectares, des poteaux plantés à intervalles réguliers, reliés entre eux par des fils de fer tendus en lignes parallèles, mais rien en dessous. Impossible de comprendre ce que c’était, à part bien sûr que tout cela servirait à la culture d’une plante grimpante lorsque ce serait la saison. Genau ! Il s’agit de cultures de houblon. Pas un champ qui ne soit dédié à cette épice à bière dans le coin. On aura au moins appris quelque chose. Ils ont même un musée du houblon, à Wolnzach, paraît-il, j’aurais bien aimé y faire un tour.

Et puis ! finalement ! on a passé la frontière tchèque, sans vraiment nous en rendre compte. Alertés uniquement par le changement de réseau sur le cellulaire de mon amie (c’est quand même sympa l’Europe). Et après quelques minutes… du relief, de beaux hameaux vieille pierre, des forêts super hautes et un énorme lièvre qui gambade ! Tout ça l’espace d’une heure. C’était presque trop rapide après les 17h d’un ennui mortel, j’ai failli faire de la tachycardie. Oui, de la Suisse à la République Tchèque pas un seul animal sauvage aperçu par les champs à part ce lièvre, et pourtant j’ai cherché, croyez-moi, j’avais que ça à foutre. Mystère.

J’aurais voulu prendre des photos, mais j’avais éteint mon téléphone puisque avec mon forfait pauvre je ne peux recevoir que des sms et même pas y répondre, et l’appareil numérique était bien planqué au fond d’un sac. Mais promis, au prochain article, j’essaie d’agrémenter tout ça avec de l’image.

Allez, un verre d’eau et au pieu. À bientôt !

#264 – Le printemps à Prague

Comme je vous le disais brièvement hier, ce soir c’est le départ pour Prague. Pas de déménagement, simplement un petit voyage comme ça. On va visiter la belle-famille. Cela dit, mon amie à tout de même un entretien d’embauche là-bas. Il n’est donc pas exclu qu’on parte y vivre quelques mois par la suite, mais pour l’instant rien de sûr.

Ces dernières semaines, quand j’annonçais aux proches et connaissances qu’on se préparait à partir pour la République Tchèque, tous semblaient unanimes. La chance, Prague, c’est super/ça a l’air super. C’est pourtant pas l’idée que je m’en fais. Je ne sais presque rien de cette ville ni de ce pays, sinon par quelques souvenirs d’enfance que me raconte parfois mon amie et ce que m’en ont dit les quelques drôles qui sont déjà allés faire un tour du coin. Quand j’entends Prague, je pense « froid », « hordes de touristes » et « chars russes » d’un côté, et « belle architecture », « bières pas chères », « top models » de l’autre. Voyez comme je suis fort mal cultivé… D’autant que les chars russes ont décarré depuis longtemps, que je ne bois plus et que je serai déjà accompagné par la fille qui me rend complètement niais. Il reste donc « froid », « hordes de touristes » et « belle architecture », ce qui ne me met pas plus que ça en appétit. Ce petit séjour, hors des parcours touristiques, je l’espère, et au contact d’autochtones, me permettra sans doute de ramener moins de clichés dans mes valises que ceux avec lesquels j’étais parti.

Deux propos impopulaires à tenir dans notre société contemporaine :

  • Voyager ? Mouais, sans plus.
  • Prague ? Si tu y tiens vraiment…

Cela dit, une fois sur place, quasiment garanti que j’aurais pas envie de rentrer au bercail. Les pays voisins ou lointains ne me paraissent ni plus ni moins agréables que celui dans lequel je suis né et vis depuis un peu plus de trente ans. Il suffit d’ordinaire que je m’installe quelques jours dans un endroit quelconque pour m’y sentir bien et ne plus avoir beaucoup de motivation à le quitter. Fini le temps où l’herbe me paraissait moins jaune dans un ailleurs toujours ailleurs. Sûr que je tiendrai pas le même discours si j’avais été pondu au Yémen ou dans un autre de ces lieux où vous risquez d’apprendre plus vite de quelle couleur sont les tripes de vos proches que leur nom, mais enfin, heureux (pour moi) hasard, c’est n’est pas mon cas.

Je prends quand même l’appareil photo, car je compte tenir le blog autant que possible et vous agrémenter tout ça d’un maximum de photos non-esthétiques du genre qu’on se garde bien de vous inclure dans les guides touristiques. Enfin, ça c’est l’idée, je ferai avec ce qui me tombe sous l’objectif.

Bon allez, me faut finir les valises. À bientôt.

#263 – L’ordre ou la paix ?

Combien d’années que je n’ai pas quitté le pays ? Ça commence à faire. La dernière fois c’était en octobre 2009. Je partais pour neuf mois en Angleterre. Études. Erasmus. Alcoolisme. La totale. Bientôt dix ans, donc. Cette fois ce sera pour une durée bien plus brève. On part pour une vingtaine de jours en République Tchèque. Vacances. Visite à la belle-mère. Sobriété.

Enfin. Sobriété… Va quand même bien falloir que je m’en fasse couler une, de ces fameuses bières tchèques. Pas mourir idiot. Et puis nous avons des amis qui nous rejoignent là-bas et qui vont faire la gueule si je ne trinque pas au moins un coup avec eux. Hein que vous allez faire la gueule ? Bon.

Nous partons demain soir. Dix-huit heures de bus avec escale à Munich.


Mais c’est pas de ça qu’on va causer aujourd’hui. Non. On va causer du nom donné à la nouvelle ère du Japon qui devrait s’ouvrir le 1er mai prochain, date à laquelle le futur empereur (Naruhito), fils de celui qui abdiquera la veille (Akihito), montera sur le trône. Selon les lois japonaises actuelles : un nouvel empereur, un nouveau nom d’ère. Je vais pas vous la jouer Stéphane Berne, hein, les dynasties, les empereurs… je m’en tape. Je passe donc sur les détails-pourquoi-comment de la transmission de pouvoir, du rôle et du symbole de l’empereur au Japon.

Alors quoi ? Ben il se trouve que le prochain nom d’ère a été révélé aujourd’hui même :

令和

Reiwa, ça s’écrira officiellement par chez nous, et ça peut vouloir dire plusieurs choses.

Vous le savez peut-être, les Japonais utilisent dans leur système d’écriture, entre autres, des idéogrammes chinois (parfois un poil modifiés) qu’on appelle kanji sur le petit archipel. Ce nouveau nom est composé de deux kanji : 令 et 和.

Selon le mot dans lequel il se trouve, ou s’il est isolé, un kanji peut se prononcer de différentes manières et porter différents sens. Pour fabriquer ce mot, reiwa, les experts chargés de trouver le nouveau nom d’ère sont allés à la pêche aux kanji à deux endroits différents du manyōshū, la plus ancienne anthologie de poésie japonaise compilée autour de 760 après le crucifié le plus célèbre de l’histoire.

Ils ont donc choisi :

  • 令, à prononcer « rei » (le « i » marque juste l’allongement du « e » qui se prononce « é », prononcez donc plutôt « réé »), pour signifier « bon, bien, beau, belle » à un endroit de l’anthologie où il apparaissait dans le mot reigetsu : « de bonne augure »
  • 和, à prononcer « wa », pour signifier « harmonie, paix », de la phrase kaze yawagaru (yawagaru, autre prononciation possible de ce kanji) : « un vent paisible »

Les critères pour la sélection de ce nouveau nom étaient au nombre de six :

  • signification porteuse d’un idéal approprié pour public Japonais
  • composé de deux kanji
  • facile à écrire
  • facile à lire
  • jamais utilisé comme nom d’ère ou nom posthume d’empereur
  • ne pas être un mot utilisé dans le langage courant

On peut noter également que pour la première fois de l’histoire les deux kanji ont pour source un texte japonais et non chinois. De quoi faire se tripoter la nouille aux patriotes de l’archipel un petit moment. Certains suspectent ce choix d’avoir été effectué pour prendre en compte la montée de l’hostilité des Japonais à l’égard de la Chine. En vérité, on n’en sait rien. Remarquez, on le saura peut-être un jour si ce n’est pas coupé au montage, car il paraît que tout le processus de sélection du nom a été filmé pour la postérité. Grande première également. Champagne !

En français, donc, la traduction la plus élégante serait sans doute :

« belle harmonie »

Seulement.

Seulement les kanji sont farceurs. Prononciation mise à part, ne gardons que les idéogrammes. 令 peut signifier « ordre » ou « ordonner » ou encore « règle, loi » et 和 peut signifier « japonais, à la manière japonaise. »

Alors, « belle harmonie » ou « l’ordre à la japonaise » ? L’avenir le dira.

Takamura Kaoru, célèbre romancier, craint par exemple que le nom ne soit interprété comme « contrôler le peuple pour harmoniser », rapporte le Mainichi.

Une typographie bien choisie peut vous aider à clarifier votre interprétation du mot Reiwa.

La population japonaise a quand même l’air d’accueillir le nouveau nom sereinement ou de juste s’en foutre.

C’est-à-dire qu’à quoi sert-il, ce nom d’ère ? Pas grand chose en vérité. Calendrier pour paperasse officielle et amoureux·ses des vieilles traditions. Selon ce système de datation nous sommes actuellement en l’an 31 de l’ère Heisei. Et si tout roule selon le plan, au 1er mai 2019, le Japon entrera dans l’an 1 de l’ère Reiwa. Dans un autre article du même journal, on apprend que seulement 34% des personnes interrogées par le quotidien déclarent préférer le système des ères au calendrier occidental.

Tout ça valait bien la peine.

Allez, à bientôt.

mise-à-jour 02/04/2019 : au vu des questionnements suscités par le nouveau nom d’ère, le gouvernement japonais vient d’annoncer que la traduction officielle en anglais de reiwa était : « beautiful harmony ».

#262 – Le cahier de la mort

Avant-hier, alors que je bénévolais tranquillou pour l’asso dont je vous causais dans cet article, voilà que je suis tombé sur un curieux cahier. J’étais en train de vider les caisses que l’on prépare à l’atelier pour mettre tout le fourbi qu’elles contenaient en rayon. Remplies à craquer d’articles de papeterie, les cagettes-plastique. Feutres à 1€ la trentaine, stylos à 0,50€ pour le même nombre, classeurs, carnets, cahiers à 0,50€ ou 1€ l’unité selon la qualité… Je triais donc tout ça et le déposais dans la bonne étagère, quand, au milieu de ce bordel, un cahier tout noir me chope l’œil.

Ouais, ouais.

« Oh putain ! » que je me dis. Oui, je suis assez aride en vocabulaire sous le coup de la surprise et les grossièretés moralo-sexistes bien franchouillardes m’échappent encore malheureusement assez vite. J’y travaille, mais enfin, c’est des choses incrustées depuis l’enfance. Bon, combien qu’il coûte ? 1€ ? Pas cheros. Je prends, par curiosité.

Pour ceux et celles qui ne connaitraient pas, j’essplique : un Death Note est un cahier d’un genre un peu spécial. Inscrivez le nom d’une personne sur l’une de ses pages type papier-lettre, visualisez bien son visage dans votre petite caboche meurtrière, et la personne clabote d’un arrêt cardiaque dans les 40 secondes qui suivent si vous n’avez pas été assez pervers·e pour spécifier la cause et l’heure du trépas programmé. En gros. C’est tout le concept du manga du même nom (by le mystérieux Ōba Tsugumi au scénar et le fameux Obata Takeshi au dessin). Je vais pas vous décrire tout ça méticuleusement. C’est paru il y a 16 ans déjà, facile à trouver et sans doute à bon prix. Si ça vous intéresse je vous conseille la version manga, c’est assez long et rébarbatif passé le premier quart, mais l’animé est pire et toutes les adaptations filmiques sont absolument mauvaises. Je vous pousse pas à l’achat, les divers wiki de fans consacrés à vous narrent l’intrigue dans le détail.

Enfin bref. Ayant lu ce manga, justement, je ne pouvais pas moi-même ne pas me questionner sur l’utilisation que je ferais d’un tel objet si je mettais un jour la main dessus ? Un vrai, hein. Propriétés magiques et tout le bazar. Sans doute n’oserais-je pas écrire le moindre nom. Un tel pouvoir, ça doit faire gamberger sévère, détruire une vie, la sienne, en plus de celles des malheureuses et ·reux que vous avez pris·es en grippe. Qui tuez-vous ? Hein ? D’un simple coup de bic, à distance, bien planqué·e. Un dictateur sanguinaire ? Et si celui·celle qui le remplace est pire, vous recommencez ? Combien de temps ça va durer ? Peut-on s’arrêter une fois qu’on a commencé ? Serait-ce-t-y pas vous qu’êtes rendu·e sanguinaire autocrate en fin de compte ? Dissertez.

Bon, j’ai de la chance. Ce n’était pas un vrai. Ai-je inscrit un nom et constaté qu’on n’annonçait nulle part sur les réseaux, pourtant prompts à colporter les détails scabreux de l’existence, que ladite personne avait calanché ? Non. Pas si gogo, je suis. Et quand bien même j’aurais été un demeuré total, les différents logos de la série présents à chaque coin de page, les noms déjà inscrits à l’intérieur, ceux que le personnage principal de l’histoire originale est supposé avoir notés, typographiés, m’auraient aiguillé quant à la nature merchand-merdeuse du machin. Machin de bonne facture tout de même, faut l’avouer. Y a des clairefontaine autrement plus minables. Autre détail, et c’est ce qui me fait vous en causer aujourd’hui : j’ai remarqué que les textes, typographiés dans une police imitation écriture manuscrite, n’étaient pas écrits en japonais, mais en chinois.

Ouép, c’est du chinois.

Cherche une explication à ça CanardCanardVa, cherche. Trouve. Voilà qu’en 2005, deux ans après son lancement, un certain engouement pour la série s’est développé en Chine chez les écoliers·lières et collégiens·giennes. La mode prit alors d’avoir chacun·e son Death Note. Pas forcément manufacturé comme celui que j’ai trouvé. À tel point que dans certaines écoles de Shenyang on a fini par interdire l’usage de tout cahier type papier à lettre. Lorsque les enfants avaient fini leurs devoirs, certains s’amusaient paraît-l à inscrire les noms des profs qui leur hérissaient le poil. Enfin, le duvet, à cet âge-là.

Bien malin, un fabricant de jouets et outils s’est mis à en produire et à les distribuer à grande échelle dans les environs de Shenzhen. Le 20 mars 2007, un article de presse rapportait la présence de cahiers de la mort dans les écoles et les chaumières. Le 22 mars, 187 Death Notes avaient été confisqués dans les magasins de jouets et de fournitures scolaires. Le bureau administratif chargé de superviser le marché culturel déclare les Death Notes illégaux et les font interdire à la vente. Prétexte ? Outre les plaintes alarmées des parents qui retrouvent jusque sous les oreillers de leurs enfants de tels cahiers, aucune mention légale ni information quant au fabricant ne sont visibles sur l’objet. Pas un ISBN, pas un code barre, pas une adresse, pas un nom, rien. Illégal donc. Pratique.

Dans les boutiques du coin, on constate que cette mode a fait grimper les ventes de carnets en tous genres comme le mercure sous verre au cul de l’enfiévré·e. Les mômes ont-elles et -ils pris goût à fomenter les pulsions assassines qui sommeillent en chaque être ? Sans doute pas. La plupart n’écrivaient apparemment rien là-dedans, le gardaient comme un objet collector. Se pavanaient avec. Leur donnait l’air cool. L’air aussi de petits moutons facilement manipulables par les marchands sachant marchander sans chiens de berger, mais, ça, ne s’en rendront compte qu’avec le recul, dans quelques années. Sans doute comme moi se posaient-ils la question : qu’est-ce que j’en ferais si c’était un vrai ? Mais c’était pas des vrais. Jeunes, d’accord, mais pas plus abrutis·es que leurs vieux. Moins, peut-être, au vu de la réaction disproportionnée desdits adultes. Les ado arborant aujourd’hui fièrement leur cape attaque des titans seraient-ils prêts à se sacrifier au combat comme en 14-18 pour la défense d’un territoire si la guerre éclatait ? Revêtir la cape aiguise-t-il leurs penchants nationalo-patriotiques ? J’ose espérer que non et je ne le pense franchement pas. D’autant que les capes, pour le combat, c’est clairement pas la bonne idée. Un coup à s’étrangler sans l’aide de personne dans un mouvement de fuite.

La seconde question que je me pose maintenant c’est : mais qu’est-ce que je vais foutre de ça ? Comme si j’avais pas assez de conneries entassées dans ce minuscule 20 m2 qui nous sert de logement à mon amie et moi, et dont nous allons sans doute déménager très bientôt… Troisième question : Lyon compte une forte population sinophone, est-ce que je ne laisserais pas malencontreusement tomber le Death Note, mine de pas m’en apercevoir, devant la première personne de moins de 20 ans causant l’une des treize langues et dialectes de Chine ? Mmm… Honnêtement, je préfère me perdre en rêveries à ce sujet plutôt que de me demander qui j’aimerai bien zigouiller d’un coup de feutre.

Allez, à bientôt.

Ah oui, pardon. Les sources : ici et .


#261 – Je vous ai manqué ? Z’êtes pas obligé·e de répondre tout de suite…

Bienvenue, lisouilleur·lisouilleuse, sur ecrivouilleur.fr !

« C’est-y pas possible d’avoir la bougeotte comme ça, » se disent celles et ceux qui m’ont suivi de Montpelliérien à Lyonniais et qui constatent avec effarement que j’ai, une troisième fois, changé de blog et de nom de domaine. « Il a une hélice dans le cul celui-là ! » ajoutent les qui connaissent cette délicieuse expression Tchèque. Ben ouais. Mais cette fois, c’est pour de bon. On va se poser ici quelques années, si ce n’est pas ad vitam æternam. Alors, oubliez les deux anciens blogs, mettez celui-ci dans vos favoris ou ajoutez-le à vote longue liste de flux RSS si vous voulez être tenu·e au courant des dernières publications, et bouclez-la deux secondes le temps que je vous explique le comment du pourquoi, le où du quand.

Hein ? Le qui ? Ben c’est moi, patate.

Avant de se lancer dans de laborieuses explications, sachez que tous les articles, toutes les images, tous les commentaires des deux anciens blogs ont bien été transférés sur celui-ci. Rien n’es perdu, pouvez aller fureter dans les archives à loisir. Pour l’instant les liens sont encore à refaire bien au propre et pas mal d’images sont toujours hébergées sur les anciens blogs (mais bien visibles quoi qu’il en soit). Dans quelques jours je devrais avoir réglé tout ça et tout ce que vous pourrez voir-lire-écouter sera à 100% hébergé sur Écrivouilleur. (mise-à-jour 01-04-19 : fait !)

Photo par Koinkoin (Montpellier, rue Coste-Frège) – Montpellier il y a un an et un mois. NERVER FORGET

Pourquoi ce changement ? – PARTIE 1 –

Je fais pas mon beurre sur vos épinards

Parce que si vous aviez lu cet article, vous savez que je cherchais une solution d’hébergement la moins nocive pour notre petite planète déjà bien amochée. L’idéal pour ne pas saloper une peu plus la planète aurait été, comme le dit si bien mon ami Feldo, d’aller vivre tout nu dans la forêt, mais je n’ai pu m’y résoudre, flippé des araignées que je suis. Donc, j’ai choisi un hébergeur situé en région parisienne qui tente par plusieurs moyens, que je ne développerai pas j’ai pas le temps, de réduire l’impact négatif de leurs serveurs sur nos vies futures. Le logiciel qui fait tourner le blog est toujours wordpress, un logiciel open source gratuit, mais, suivez, il n’est plus hébergé sur les serveurs d’Automattic maison mère éditrice du logiciel. Double économie donc : d’argent pour moi (ça devenait cher), d’énergie pour tous.

Tout cela me permet de vous garantir 1) que vous ne serez jamais soumis·e à une quelconque publicité sur ce site, 2) que vos données ne seront jamais utilisées à une quelconque fin commerciale. Comment ça se fait ? Tout simplement car je n’ai installé, et n’installerai jamais, aucun outil de statistiques, de pistage ou d’anti-spam sur ce site, puisque cela impliquerait (étant moi-même absolument incapable de développer de tels outils) qu’un tiers ait accès à votre adresse IP, votre localisation et peut-être même, en recoupant les traces laissées par vous sur d’autres sites, vos habitudes en ligne.

Cependant :

  • Sachez que si vous laissez un commentaire, j’aurais accès à votre adresse e-mail et votre adresse IP (dont je ne saurais quoi foutre, ne sachant déjà pas exactement ce que c’est). Mais je serai bien le seul à y avoir accès, d’une, et de deux, encore une fois, je n’en ferai rien. Promis, juré, craché. Ptui. Je mets les mains bien en évidence, constatez, croise pas les doigts. Je vous encourage donc tout de même à me laisser des petits commentaires de temps en temps, puisque c’est la seule façon pour moi de savoir que vous êtes passé·e. Ça me fera vraiment plaisir et j’aurais moins l’impression de blablater dans le vide. Vous pouvez allez lire en détail ma page de politique de confidentialité si vous le souhaitez.

Ah oui, par contre si vous me suiviez par le lecteur wordpress (les abonnements de blog à blog wordpress) et voulez continuer à le faire, c’est possible. Cherchez ecrivouilleur.fr et abonnez-vous au nouveau site, mais souvenez-vous que si vous passez par là Automattic (éditeur de wordpress, je répète, suivez un peu) saura évidemment que vous êtes abonné·e et quels articles vous avez consulté. Ça ne tient pas de ma responsabilité car ça ne change rien à ce qui est conservé de vos données sur ecrivouilleur.fr.

  • En ce qui concerne la « publicité, » soyons quand même d’accord sur le terme, je ne m’interdirai pas de parler dans les articles de divers projets chouettos qui me barbouillent le cœur de pommade apaisante et dans lesquels je n’ai aucun intérêt financier. Mais je ne gagnerai pas un centime sur votre dos. Soyez bien sûr·e que je ne suis pas du genre à vous dire achetez ceci, louez cela, ni à faire la promotion d’une quelconque entreprise-machine-à-fric-broyeuse-de-vie. Je déteste profondément les machines à fric et la publicité, qu’on devrait renommer plus justement lavage-de-cerveau-à-des-fins-mercantiles.
Lyon la semaine dernière (je sais plus trop où, à l’une des intersections de la montée de Choulans et de la montée des Génovéfains)

Pourquoi ce changement ? – PARTIE 2 –

Quand on a une hélice dans le cul, on s’abstient d’ouvrir un blog par ville habitée

Ben oui. Mon amie et moi allons sans doute devoir déménager encore pas mal de fois dans les années qui viennent, et je ne suis pas si doué que ça en jeux de mots. Montpelliérien, c’était une bonne idée car je n’avais pas encore rencontré mon amie à l’époque et que je pensais y rester quelques paires d’années de plus. Lyonniais, c’était pour faire suite à Montpelliérien, mais j’avais mal calculé mon coup, puisque même pas un an plus tard, on va sans doute devoir rebouger. Et la suite ? Dans quelques mois, ç’aurait été quoi, hein ? Londoniet ? Praguouaille ? Francfortoilette ? Non, vraiment, il valait mieux trouver un nom plus générique. Écrivouilleur, c’est bien. Ça me permet d’annoncer que j’écris, d’accord, mais sans prendre tout ça trop au sérieux. Me permet également, en déclinant le machin, de dire que j’écrivouille, dessinouille et que je musicouille. Et vous savez, je crois sincèrement que plus plus on a l’occasion d’écrire couille dans sa vie, plus on est heureux·se.

Comment ça va se passer maintenant ?

Non, non, rien n’a changé. Tout, tout a continué…

…comme le chantait les Poppys sur une instru bien typée seventys.

Je vais continuer à causer de tout et surtout n’importe quoi. Ma vie, la votre, la leur, l’art, la science, la technique, l’absurde, le concret, l’entre-deux qu’est la réalité, l’important, le dérisoire, le sérieux et le déconnant, le beau et le laid, la tristesse et la joie, la France, le Japon, la Magnaquie et la Dépressie, bref, le Monde (Diplomatique de préférence).

Le décret du 25 mars 2019 disait en somme que ce blog ne serait plus tenu quotidiennement. Je vais tout de même tâcher d’écrire le plus régulièrement possible. Ces quelques jours à ne pas rédiger ma petite note de blog quotidienne m’ont bien laissé le temps de ressentir le manque de. Si c’est une pression, c’est peut-être également le seul repère fixe dans ma vie à ce jour, le blog. Un peu triste, hein ? Ben oui, mais voilà : les déménagements futurs presque inévitables et, donc, la difficulté à m’investir dans une activité sur le long terme m’incitent à conserver ce rendez-vous régulier avec vous, lectrice et lecteur anonyme. C’est une sorte de mini-objectif à chaque journée, bien pratique les jours où je ne trouve pas les ressources de m’en inventer un. Alors (quand je vous annonçait au tout début que je ne cesserai sans doute pas de me contredire, hein…) je vais essayer de continuer dans le quotidien. Mais si vous débarqué un jour sans rien trouver de neuf, c’est simplement que j’ai eu autre chose à faire, ou que j’étais déprimé, ou parti en vacances, ou que j’ai pas vu l’heure. Bref, comme j’avais établi une sorte de pacte de livraison quotidienne, je le défais, simplement histoire qu’on ne me reproche pas de ne l’avoir pas respecté. Oui, je sais, je fais des histoires pour pas grand chose, c’est simplement pour essayer d’être le plus réglo possible, envers vous, envers moi-même.

Quoi d’autre ? Rien. Je pense que c’est assez pour aujourd’hui.

À bientôt !

Ah si ! Pardonnez. Pour la numérotation, on fait comme si Montpelliérien, Lyonniais et Écrivouilleur n’avaient été qu’un seul et même blog. Vous vous en foutez ? Parfois je me demande si vous ne venez pas ici seulement pour me percer les flancs de vos petites remarques pointues et me regarder saigner. Vous êtes cruel·le, lectrice, lecteur…

#260 – Lyonniais #085 – Décret du 24 mars 2019

Décret du 24 mars 2019 : Ce blog ne sera désormais plus tenu quotidiennement, mais seulement quand j’en ressentirai l’envie.

Commentaires : À celles et ceux que ça chagrine, sachez que je ne suis pas dupe, vous n’existez pas. À ceux et celles qui se disent tant mieux, car la qualité vaut mieux que la quantité, sachez que si j’osais écrire quoi que ce soit ici, c’était bien parce que la quantité me servait d’excuse au manque cruel de qualité, et qu’il est donc possible que je n’écrive plus jamais rien, paralysé par ma propre médiocrité. À ceulxles qui se demandent pourquoi, sachez que, quoi que j’en dise, j’en avais moi-même assez de privilégier la contrainte quotidienne à la qualité. Je me suis prouvé que je pouvais écrire de la merde chaque jour sur de longues périodes, c’est bon. Passons à autre chose.