#365 – Pin pon pin

Japon, préfecture de Toyama. Un homme s’est endetté. Nous l’appellerons Michel. Il a la quarantaine, il est pompier. Lieutenant, chez les pompiers, même. Mais sa paye ne suffit pas à rembourser ce qu’il doit. Alors que fait-il ? Revend-il à des fabricants de fourrure les chats qu’il sauve des arbres ? Non. Vend-il des calendriers sous le manteau ignifugé ? Non plus. Michel travaille quelques heures dans un fast-food, en dehors de ses heures de fonctionnaire. Combien d’heures ? Oh, une petite quarantaine de shifts de quatre heures entre août et décembre 2021, ce qui nous donne, allez, 6 à 8 heures par semaine.

Fin décembre, alors qu’il travaille au restaurant, un collègue de travail le reconnaît en venant procéder aux contrôles de sécurité de fin d’année : « Eh Michel !! Tu bosses ici ? Dis-moi, tu peux m’avoir une ration de frites en plus ? » n’est absolument pas ce que lui dit son collègue. D’ailleurs, on ne sait pas ce que lui dit son collègue. Ce qu’on sait, c’est que notre pompier-serveur se met à paniquer en le voyant. Et il a raison, car son collègue va cafeter.

« QUOI ?? MICHEL TRAVAILLE DANS UN FAST-FOOD ? » C’est la sidération chez les pompiers. Vont-ils faire montre de solidarité et se cotiser pour que ce brave homme puisse continuer à vivre décemment de son travail de sauveteur ? Encore non. Car il est interdit d’avoir un second emploi quand on est fonctionnaire dans cette région-là.

Michel doit s’excuser. Il est désolé d’avoir sali la réputation de sa famille et des pompiers. Avant-hier, 6 janvier 2022, une décision est prise. On va sanctionner Michel. On baisse son salaire de pompier de 10% pendant 6 mois.

Bonne chance pour payer tes dettes Michel. Ne te suicide pas. C’est eux les cons.


Article original en anglais.

4 réflexions sur « #365 – Pin pon pin »

  1. Ouch…

    Je suppose que c’est surtout une règle active chez les pompiers (?) parce que si tu dors pas tu peux mettre d’autres personnes en danger, mais le coup de répercuter ça sur la paye quand il s’agit de soucis d’argent ça reste débile…

    J’ai trouvé un article en anglais mais je vois pas de lien vers un éventuel site de la caserne pour déposer un message sur le « livre d’or » (j’espère que sur le web japonais, très 90s par moment, ça existe peut-être encore).

    Bonne chance Michelu.

    PS : je suppose peut-être mal s’il a dû s’excuser d’avoir endommagé la réputation des pompiers. Si c’est juste une histoire de taille de la bite, c’est vraiment nul.

    1. Dans l’article, que tu peux trouver en fin de la note de blog, on peut lire : « The disciplinary action was finalized at a hearing held on Jan. 6 on the grounds that the lieutenant violated the Local Public Service Act which bans local government employees from holding second jobs. » Donc non, ce n’est pas seulement pour les pompiers.

      Je n’ai pas non plus cité le supérieur qui enfonce le clou : « We’ll make sure that workers thoroughly follow service discipline, and work to prevent a recurrence. » Triste spéktak.

      Je ne relèverai pas ton post-scriptum. Pas en public en tout cas.

      1. Je ne faisais que faire référence à la réaction puérile des collègues ! Une fierté aussi mal placée, c’est triste !
        Est-ce qu’on sait si l’histoire a eu des retombées positives après sa médiatisation ?!

        1. Pas que je sache mais ça ne fait qu’une semaine. Et honnêtement je pense qu’il serait préférable que presse et télé laissent ce pauvre type tranquille. Mais enfin, si j’ai de bonnes nouvelles, je les partagerai.

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