#379 – AIFRKL

J’ai enfin rattrapé mon manque de sommeil. Oui, je sais, le sommeil en retard ne se rattrape pas, disent les plus grands médecins de plateaux télés. Eh ben en attendant je me sens mieux après avoir dormi 20h en deux nuits plutôt que 10h cumulées sur les trois précédentes. Même pas eu la force de vous raconter le concert du groupe que j’ai vu au Strof samedi dernier. C’est tout juste si j’ai réussi à m’y rendre, au concert. Enfin, je prendrai le temps de faire ça dans les jours qui viennent.

Voyez, vous êtes un glandeur qui passez tout votre temps chez vous sans voir personne à vous enquiller des pétards dès que vous n’êtes pas au travail, et à la seconde où vous décidez de remettre un doigt dans la vraie vie, vous n’avez plus une minute pour vous poser.

Expo de rue du Fandax Collective

La vraie vie. Je sais que ça cause encore des débats, mais oui, pour moi tout personnellement, IRL, In Real Life, a bel et bien du sens par opposition à devant un écran. Ou même par opposition à la tête constamment dans les bouquins. J’ai d’ailleurs vu très récemment le documentaire de 2013 sur The Pirate Bay, TPB AFK, dans lequel on peut entendre l’un des protagonistes expliquer que, pour parler d’une rencontre en chair et en os, lui et ceux de la même mouvance utilisent AFK, Away From Keyboard. Puisqu’à leur sens, ce qui se passe dans l’ordinateur fait également partie de la vraie vie. Et qui pourrait argumenter que tout ce qui se passe dans le monde ne fait pas partie du monde, hein ?

Mais si les utilisateurs d’ordinateurs et d’internet en sont arrivés, sans une grande Académie Française directrice du langage en ligne, à utiliser le terme IRL pour parler des rencontres en personne, c’est que le sentiment de n’être pas dans la vraie vie sur internet était partagée. Tu te bats contre quoi, Capitaine Michou le pirate ? Le fait que quand les gens disent la vraie vie, ils expriment leur sentiment profond qu’il existe une différence entre envoyer « lol » sans esquisser un sourire et se taper un fou rire ensemble dans une même pièce entre deux amis ? Un peu couillon comme combat. On te dit pas que les relations qui passent par ton modem ne font pas partie de la vie ou n’ont aucune valeur, on te dit juste que c’est pas la vraie vie. Oui, c’est subjectif, la vraie vie. Le mieux serait donc de saisir l’occasion pour que chacun tente de définir, même grossièrement, ce qu’il entend par vraie vie. Ce serait fort enrichissant, et on y découvrirait sans doute des contradictions intimes fascinantes, plutôt que de se perdre en débats stériles sur des mots creux.

Expo de rue du Fandax Collective

De mon point de vue, ce qui passe par des câbles pour se retrouver affiché par des leds ne forme qu’une représentation, de plus en plus fidèle certes, mais une représentation et c’est tout, de quelque chose qui existe réellement en dehors de ces câbles. Parfois, on préfère passer plus de temps dans la représentation de ce monde, plus facile à distordre et à conformer à nos envies, pour souffrir moins, craindre moins, et remplir l’espace vacant par davantage de ce qu’on aime.

Et puis, de la même manière que je ne me voile pas la face quant aux conséquences, pour moi-même et mon entourage, de ma consommation d’alcool ou de cannabis, par exemple, je ne me la voile pas non plus concernant le temps que je passe devant un écran. Et pour ne pas me mentir, je dois analyser, et me rendre compte, des différences qu’il y a entre moi dehors qui gigote, et moi dedans, assis dans un fauteuil, qui regarde quelque chose qui gigote. Délaisser les gens qui nous entourent, s’enfermer dans ses propres délires et renforcer ses croyances, fuir la contradiction et les réalités désagréables, ne pas se rendre vraiment compte de l’appauvrissement de la diversité des sensations que peut enregistrer notre corps du seul fait d’un déplacement depuis un environnement vers un autre (les parfums, les sons, la température, la force du vent, les lumières et couleurs, l’équilibre, les tensions musculaires, les changements de rythme cardiaque etc.), tout ça peut faire partie du package qui vient avec le fait de passer trop de temps enfermé devant un écran. Pas à tout les coups, pas pour tout le monde, et à des degrés différents selon qui, quand et où. Mais ça peut, très clairement. Moi, pour supporter tout ça, je fume, car il me faut le supporter des fois, puisque je souffre également de l’exposition trop soutenue à une vraie vie quand je n’ai pas l’occasion de m’y soustraire du tout. Alors croyez-moi, je ne juge pas. Mais je ferme pas non plus les yeux sur les effets d’un tel comportement.

Je dis donc IRL, dans la vraie vie, par opposition à sa représentation qu’on peut plus ou moins ajuster à notre convenance, certes, mais dans sa version 0% de matière grasse. La vraie vie comme un mur de béton dont on sent chaque picot du crépis quand on s’écrase la gueule dessus, mais au moins on sent quelque chose.

Expo de rue du Fandax Collective

Alors voilà. Des fois, lassé des habitudes et des gestes étriqués devant le clavier, et des pétards que je fume pour supporter la solitude et l’appauvrissement de toutes les sensations induites par cet enfermement « choisi », je veux vivre la vraie vie. Celle ou quand mon pote rigole, j’entends sa voix à lui, pas celle d’un autre, je vois ses dents à lui, un peu pourries mais pas pourries pareil que les miennes. Et cette autre amie, je veux voir ses sourcils se froncer comme elle les fronce, elle et pas une autre, quand elle trouve que j’ai dit une connerie, je veux voir ses blessures aux mains et que ça me rappelle qu’elle vit un quotidien difficile sans me le dire. Et lui, voir qu’il a des cernes aujourd’hui, mais c’est bizarre aussi, ce petit sourire en coin, il a dû se passer un truc cool qu’il dit pas ces derniers temps, peut-être qu’il dort pas parce qu’il passe ses nuits à faire des trucs sympa… bref je veux que tout ça, du monde et des autres, entre en moi et me provoque ces émotions plus ou moins gérables, ces joies et ces craintes profondes, sur lesquelles je manque de contrôle, et que je ne connais plus quand je lis simplement « ah ah » dans la même police d’écriture pour tout le monde, quand je dois imaginer les voix de mes amis dans les limites de ma mémoire, des voix qui ne sont pas réellement les leurs, simplement une reconstitution qu’en fabrique mon cerveau, ma propre voix qui imite la leur en réalité. Pfou, on est bien tout seul, hein, devant un écran. Il n’y a plus que le contenu du message qui est préservé. Tout le reste de l’autre est perdu, presque tout est généré par soi-même.

Expo de rue du Fandax Collective

Seulement quand tout s’enchaîne tellement dans la vraie vie, travail, tâches ménagères, visites médicales, réunions familiales, sorties en ville ou dans la nature, activités de loisir, secours aux amis en difficultés, slaloms entre les pièges tendus de quelques malveillants … quand tout s’enchaîne tellement, donc, qu’on n’a plus le temps d’apprécier ce qu’on fait, ni de lever la tête du guidon pour voir où on va, et qu’on finit par oublier dans quel but on fait tout ça (c’est-à-dire se donner une chance d’apprécier : ballades tranquilles un brin de fenouil au coin des lèvres, petits verres entre amis à l’ombre du parasol d’une terrasse calme, rires, bruits du vent dans les branches, copain qui joue trois accords, soleil qui se reflète sur les rides de l’eau en fin de journée, caresses et baisers…), quand on en oublie ça, je ne trouve pas que cela soit tellement vivre non plus. C’est être dans un TGV qui vous laisse à peine apercevoir comme le monde semble joli à l’extérieur, quoique rendu flou par la vitesse à laquelle on traverse le paysage, sans jamais avoir le temps de se poser le cul dans l’herbe pour apprécier le beau temps.

Expo de rue du Fandax Collective

Bref, je crois que la morale de tout ça, c’est qu’entre taupe défoncée vivant en ermite et grand arpenteur hyperactif des rues et de âmes, ce que je préfère, c’est les périodes de transition pendant lesquelles je me rappelle encore de ce dont je ne veux plus et de ce dont je suis à la recherche. Un truc à fuir, un objectif à atteindre. Dès qu’un mode où l’autre devient une habitude, dès que je m’y attarde trop longtemps, je commence à en souffrir d’une manière ou d’une autre. Et je sais pas faire les deux en même temps.

Eh ben dites donc. Je pensais pas que cet article serait aussi long, chiant et confus. Vous avez bien mérité une pause. À la prochaine.

Expo de rue du Fandax Collective

#378 – Au Strof

Avant-hier au Strof, il y avait concert. Hier au Strof, il y avait concert. Ce soir au Strof, il y a concert. Et demain ? J’en sais rien, mais au doigt mouillé je vous répondrais bien : il y aura concert.

Pourtant, le Strof n’est pas une salle de concert. C’est un bar aux chiottes atypiques. Seulement il se trouve qu’à partir de 22h, la playlist n’est plus assurée par une quelconque application mais par des êtres humains ayant fait le curieux choix de vie de monter sur scène, un morceau de bois ou de ferraille entre les saucisses, pour voir si leur manière de faire vibrer l’air déclenche plutôt une marée de déhanchés ou une pluie de légumes pourris. Certains aiment vivre dangereusement, que voulez-vous que je vous dise.

Kike Perdomo Quartet

Avant-hier, jeudi donc, alors que je faisais ma petite balade du soir, me perdant totalement dans les rues du centre-ville comme à mon habitude, j’entends au loin un groupe qui joue. Fort. Et sacrément bien. Alors, à l’oreille, je me dirige vers cette batterie qui tape des rythmes ultra-syncopés, et je finis par tomber sur le Strof. Sur scène, c’est le Kike Perdomo Quartet. Piano, basse, batterie et saxophone. Nom de nom ! Il était tard et je n’ai assisté qu’à la dernière demi-heure du concert, mais c’était laisser bien assez de temps à cette bande de jazzeux sauvages pour qu’elle me prenne par la croupe et me retourne comme une crêpe. Avouons-le, on flippe tous de se retrouver coincés dans un concert de jazz aussi technique que chiant. Tout le contraire ici. C’était technique et jouissif. Les tours de passe passe, les ruptures, les sinuosités, tout au service de l’ambiance et du feeling. Si vous étiez là et que vous ne vous êtes pas surpris à hocher la tête à un moment ou à un autre, c’est que vous avez un problème de cervicales. Contactez un kiné.

J’ai donc pris une petite mousse et me suis posé sur la terrasse avec vue sur le concert, par les fenêtres ouvertes du rez-de-chaussée. Le rez-de-chaussée, c’est là que tout se passe. Les concerts et les cocktails. Il y a l’étage, mais il est aussi ouvert sur le rez-de-chaussée. En vérité, je crois qu’il n’y a que les chiottes qui ne donnent pas sur le concert, mais enfin elles sont déjà bien croquignoles, n’en demandons pas trop. Je dis que j’ai pris une mousse, mais j’en ai vu qui ne prenaient rien. J’en suis venu à me demander comment il était possible qu’on soit là, quasi gratos et tout à fait gratos pour certains, à écouter ce quartet de folie qui aurait sa place dans n’importe quel bon festoche de jazz. C’était tellement bon. Et puis voilà, le concert s’est terminé, j’ai vidé mon verre et j’ai décarré.

Maple Paper

Hier, vendredi, alors que je faisais ma petite balade d’après-midi, je décide de passer devant le Strof, voir si par hasard y aurait pas re-concert. Aucun suspense, je vous l’ai dit en début d’article : y avait. Je décide de revenir plus tard.

22h. C’est Maple Paper qui joue. Trois jeunes gens talentueux. Ils disent faire du rock psyché aux influences progressives et des ambiances chill. Et ils ne mentent pas. Oui. Vous avez tout à fait raison. De même qu’à un concert de jazz abstrus, on peut tout à fait se faire chier à en crever dans un concert étiqueté rock prog psyché. Eh bien pas avec Maple Paper. Les atmosphères s’enchainent, les transitions sont bien senties, bien bossées aussi, il y a plus d’instruments que d’instrumentistes sur scène, ce qui est toujours sympa et permet de varier véritablement les ambiances. De chill à pêchu, tout y passe. Les sons qui sortent de la guitare sont impeccablement sculptés. Je ne sais pas comment font ces gratteux avec leur vingtaine de pédales d’effets pour, premièrement, avoir la patience de trouver LE son qu’il faut et, deuxièmement, réussir à ne pas juste appuyer sur huit des vingt pédales en même temps dans le feu de l’action, le tout sans se prendre les pieds dans leur câble jack, évidemment. En tout cas ce guitariste-ci s’en est très bien sorti. Bon et puis en dehors de ça, les mélodies sont belles, les harmonies de voix aussi. La batteuse chante divinement bien. C’est déjà pas simple de faire les deux séparément, alors en même temps, ça m’impressionnera toujours. N’oublions pas le bassiste-guitariste-clavieriste qui saute d’un instrument à l’autre tout en maniant ces enfers de machines que sont les pédales de boucle.

Puisqu’on cause de ça, je sens bien que je pédale dans la semoule pour vous décrire le concert. C’est que j’ai picolé plus que je ne me l’étais autorisé, quatre pintes de trop à la louche, et ce matin j’ai bien du mal à remettre mes neurones en ordre de travail. Maple Paper fait donc de la musique qui pousse à boire. C’est une bonne excuse pour moi, et une belle occasion de faire fortune pour les patrons d’établissements qui les inviteront à se produire sur leur scène.

Quand le concert s’est terminé, j’ai entendu une bonne partie de mes co-imbibés se demander pourquoi musique déjà finie ? C’est bon signe. Ça vous arrive souvent quand vous vous taisez que les gens soient un peu déçus ? Voyez. Maple Paper a sans doute plus d’avenir que vous.

Est-ce que je viens de décrire un groupe qui pousse à l’alcoolisme et frustre son public ? Si vous préférez voir le verre à moitié vide, ça n’engage que votre côté pervers. Je ne me suis pas privé de faire des retours sans enrobage au groupe après le concert, car je suis un sale con quand j’ai bu. Mais je leur tire vraiment mon… allez, chapeau, j’ai pas la force de trouver mieux, parce qu’ils ont vraiment bien géré les problèmes de sono advenus durant la première partie. Pas de son sur le clavier, ni sur un des trois micros, et une basse sans basses. Eh ben roule ma poule, ils ont continué à jouer et je suis sûr que les gens qui n’avaient pas les yeux rivés sur la scène ne se sont rendus compte de rien.

Heureusement l’ingé son du Strof a réglé tout ça pendant l’entracte, et la seconde partie s’est déroulée sans accroc. Et au Strof, quand le son est bon, le son est bon.

Le Strof

Et donc le Strof. Boissons un peu chères à mon goût, mais bon, les concerts sont gratos et vous pourriez en profiter depuis la rue. Le lieu est convivial, les gens discutent entre eux facilement. Le patron a l’air d’être souvent là, même s’il laisse son équipe gérer. On le sent sincèrement heureux quand on le voit sourire en contemplant son bar et ses clients qui passent un bon moment. On sent qu’il veut en faire un beau lieu de vie, de musique, de fête et d’échanges. Eh ben ça fait plaisir, je vous le dis. On a trouvé là le coin parfait pour passer les soirées d’été qu’on espérait à peine après ces satanées confinettes. Ah, et j’oubliais. Il doit y avoir une quinzaine de jeux d’échecs à disposition !

Vous pouvez donc, selon vos besoins, vous faire paraître bien plus intelligent que vous ne l’êtes en jouant aux échecs pendant un concert de jazz tout en sirotant votre cocktail préféré, ou vous lâcher au son d’un bon rock et renverser toute votre bière sur votre pantalon. C’est vous qui décidez. Remarquez, vous pourriez également vous poser tout simplement au soleil, l’après-midi, quand il n’y a pas de concert, et siroter un thé en bouquinant, personne ne vous l’interdira.

Bref, le Strof est bien parti pour être l’un des lieux les plus agréables et conviviaux de Bruxelles, à mon goût en tout cas. Je suis bien content d’être tombé dessus.

Et d’ailleurs, j’ai rencontré hier les membre du groupe qui doit jouer ce soir, j’y retourne donc dès que je sors du travail. Ce soir, par contre, je reste à l’iced tea. Ça va bien les gueules de bois, mais j’ai plus dix-huit ans. Et puis j’ai pas arrêté de fumer de joints à l’excès pour me vautrer dans la picole aussi tôt. Faut que je me surveille.

#377 – Lettre extrêmement ouverte, et même trop peut-être

Très cher toi,

(Je dis toi car je ne sais pas qui tu es, désolé de ne pas t’écrire un message personnalisé pour te donner l’impression que nous sommes proches. Je te rappelle que pour que tes données, habitudes en ligne et autres éléments de ta vie privée ne fuitent pas chez des entreprises qui s’en serviraient pour les revendre à d’autres entreprises qui elles-mêmes les revendraient à d’autres entreprises et ainsi de suite jusqu’à ce qu’un fabriquant de merdouilles inutiles autant que nocives à l’écosystème de notre planète se rende compte que tu es le pigeon parfait pour sa marchandise dont personne d’autre ne voulait, je ne dispose d’aucun outil de mesures statistiques sur ce blog. Je ne sais donc pas si tu viens de France, de Belgique ou du Togo, je ne sais pas quels articles tu as lu, ni quelles pages tu as consulté, je ne sais pas si tu es venu depuis lesblogsdantan.fr ou si DuckDuckGo t’as mené à moi. Je ne sais pas qui tu es, donc. A part Feldo, évidemment, qui lit tous les articles de peur qu’un jour je l’interroge et lui dise qu’il n’est pas un bon ami s’il ne connaît pas sur le bout des doigts l’intégralité de mes œuvres, mais je le tutoie également donc tout va bien. J’aurais pu, à la rigueur, écrire très cher toi ET Feldo, mais enfin bon.)

Très cher toi, donc,

Si tu me connais un peu par ce blog, tu sais que lorsque mes articles commencent par de grandes digressions absurdes, il y a peu de chances que les paragraphes qui suivent rattrapent l’affaire d’une quelconque manière. Mais puisque ce genre d’articles constitue 90% de ce site, j’imagine que c’est ce que tu cherches en venant ici. En y réfléchissant bien, je m’en veux presque d’avoir écrit ici et là quelques articles un tant soit peu intéressants ou utiles, car ce faisant j’ai gâché l’unité de ce qui aurait pu être une grande œuvre d’art contemporain. Je suis passé à deux doigts de proposer quelque chose en ne proposant strictement rien. C’est rageant. Je fais un bien piètre artiste.

Enfin, venons en à ce à quoi je voulais en venir. C’est à dire rien mais ne t’en fais pas, je vais finir par trouver quelque chose. Laisse-moi poster une image pour gagner du temps.

Célèbre sticker de Rylsee, vu je sais plus où dans Bruxelles

Tiens voilà !

Gwlad, que tu ne connais pas si tu n’étais pas encore là durant la période montpelliérienne du site (elle photographie des animaux morts mais tu verras elle est sympa je te la présenterai un jour), m’a appris qu’aujourd’hui, à 14h41 sortait un nouveau single de Stupeflip. Je suis curieux de voir ce que le vieux Ju va nous tirer de sa cagoule cette fois-ci. Le fait que la diffusion soit planifiée à 14h41 le 13 mai, et non pas le 14, ou non le 13 mais à 13h31, me provoque déjà un léger vertige. Je n’ai pas encore écouté ce titre, puisqu’il n’est que midi, mais j’anticipe déjà l’album, en espérant qu’il y en ait un, car pour moi Stupeflip est une affaire d’albums, pas vraiment de singles.

J’espère, comme à l’écoute des trois premiers albums, être dérouté et ne pas tout apprécier tout de suite, pour me laisser avoir avec le temps. Le dernier en date, et quatrième album, était sympa sans plus. Sympa sans plus veut dire que je ne l’ai écouté qu’une à cinq fois par jour les premiers mois puis simplement une dizaine de fois par mois l’année qui a suivi, et enfin une chanson en particulier de temps en temps, les jours de nostalgie.

Là, tu vois, j’avais commencé à tartiner sur mon rapport à Stupeflip, mais je viens de tout effacer. J’espère que tu ne m’en veux pas. Ayant découvert ce « groupe » à mes 15 ans et l’écoutant toujours 20 ans plus tard, il me paraît clair que je devrais y consacrer un article à part entière, voire une série d’articles. Trop de souvenirs. Le Stup a accompagné les années les plus marrantes et les plus dures de ma vie d’ado et de jeune adulte.

En attendant que je n’écrive donc pas cette fantastique série d’articles, car je ne fais quasiment jamais ce que j’annonce, je te souhaite, très cher toi, une bien agréable journée, et je m’excuse platement de t’avoir apostrophé de la sorte sans raison valable.

Bisettes

#376 – Le soleil tape pas fort sur la terrasse du Roi des Belges

Ai-je passé la nuit dans la chambre d’amis royale pour le savoir ? Nenni. Le Roi des Belges est un café aux abords des Halles Saint-Géry. Très jolies, les halles. Briques rouges, taille modeste. Mignonne petite bâtisse quoi. Je n’en connais pas l’histoire. Vous ferez vos recherches. Sans doute érigées en 1881, puisque c’est le nombre inscrit en fer forgé au fronton de l’édifice, juste au dessus de l’horloge qui indique qu’il est 9h20 alors qu’il est 9h50. Je vois d’ici que la trotteuse, en rouge dans le cadran, tourne comme elle est supposée tourner. Pour une fois qu’une de ces vieilleries fonctionne, c’est quand même pas de chance qu’elle soit trente minutes à la bourre. Enfin, je saurais pas qui contacter pour le faire remarquer, et si ça se trouve il s’agit d’une vieille tradition bruxelloise qui permet à tout un chacun d’avoir une bonne excuse pour être en retard au travail chaque matin.

Vous savez quoi, puisque pour une fois je pianote ces quelques phrases sur le lieu même que je décris, je me dis que je pourrais tout simplement vous les prendre en photo, ces halles. Oui mais vous vous rendriez alors compte que je décris très mal. J’aimerais tellement savoir décrire les choses. Parce qu’autant je suis nul en métaphores et je m’en fous, autant en descriptions… Il me faut y travailler. Travaillons-y.

Les halles, c’est fait. La terrasse… eh ben c’est une terrasse quoi. On va pas en faire toute une histoire. Allez-y voir par vous-même. Le café est un peu cher pour la qualité, mais ça ouvre dès 9h et, en mai du moins, c’est plein soleil. Ah ! Voilà. Le soleil ! Décrivons le soleil, oui. Pas facile ça. Si on le regarde bien bien pendant plusieurs minutes pour en saisir parfaitement les détails, on a intérêt à connaître par cœur l’emplacement des touches sur le clavier pour la deuxième partie du travail.

Le soleil est plutôt jaune et brillant. Oui, bon, attendez, je me chauffe. Le soleil… n’a pas les contours trop déterminés. Ou alors j’ai trop mal aux yeux pour bien voir les bords. On sent qu’il fait ce qu’il peut pour faire monter la température, mais l’humidité du matin n’est pas encore dissipée complètement et voile ses rayons. Pas de bol. Pour une boule de gaz située loin loin dans l’espace, je trouve qu’il n’est pas très haut dans le ciel, moi. Tout ça est un peu décevant à y regarder de plus près, et je préfère m’arrêter là. Je sais qu’il y a des symboles auxquels les gens ne veulent pas qu’on touche et, le soleil, pour avoir été vénéré par tant de civilisations, doit sans doute en être. Ne lançons pas de polémique inutile.

Écoutez, je crois que pour aujourd’hui, j’ai fait le maximum. Mon patron vient de me prévenir à l’instant qu’il me faudrait venir en avance au travail car il manque de personnel. Il devrait me prévenir les jours où je peux venir à l’heure convenue dans mon emploi du temps, ce serait plus simple.

Bises à vous.

#375 – Je ne supprimerai pas mes notes de blog. Enfin faut voir.

Si vous avez commencé à touchotter à quelque discipline artistique en même temps qu’internet est apparu par chez vous, et que vous n’avez pas lu I will not delete my games de Sweetfish, allez-y. Sûr qu’une part de vous s’y reconnaîtra.

J’ai fait mes premiers dessins à la maison, auprès de ma maman, qui loin de se soucier de la qualité de ma production souhaitait simplement que je passe un bon moment. Puis j’ai continué à l’école maternelle. Avec un faux départ tout de même. Quand ma mère a su que je m’étais fait durement réprimandé pour avoir dépassé en coloriant le loup en gris, elle m’en a retiré jusqu’à l’année suivante. La maîtresse détestait les enfants. Sur la dizaine de jours que j’ai dû passer dans cette classe, j’ai pu assister à la fessée cul nul debout sur une table et devant toute la classe d’un camarade avec un retard mental, parce qu’il avait fait caca dans la classe. Ah, la bonne époque.

Plus tard, avec les copains, à l’école primaire, on s’enregistrait. Soit improvisant des chansons, soit des sketchs « comiques » sur des cassettes, sur les chaînes hi-fi de nos parents, avec des micro de karaoké dénichés en brocante j’imagine.

Bon et puis il y a eu les premiers poèmes de pré-adolescence, les petites chansons fades, les trois accords de guitare…

Tout cela ne s’est jamais retrouvé sur internet. Et j’en suis fort heureux voyez-vous, que des millions de personnes ne nous aient pas entendus, ou pire vus, chanter « Mario, il court, il saute, il fait des flips à l’envers. » Notre scolarité n’en aurait pas été facilitée. Si la cassette est sans doute encore au fond d’un tiroir ou d’une malle, chez l’un de nos parents, la bande magnétique doit être collée et irrécupérable. Et si je suis soulagé que ce n’ait jamais été diffusé au grand public, j’avoue trouver un peu dommage que tout cela n’existe plus que dans mes souvenirs.

Internet n’est arrivé qu’en 1998-99 pour moi, quand mon frère nous a légué son ordinateur et son modem à la fin de son stage chez IBM à Montpellier. J’avais 11 ans. Je m’en servais alors uniquement pour télécharger et imprimer des images Dragon Ball ou South Park, en les cherchant sur Copernic. Ensuite, c’est devenu ma source des paroles de musiques anglophones auxquelles je ne pigeais pas grand chose. J’imprimais tout Eminem, The Offspring, Korn, Metallica… (si je dis Blink-182 et Sum 41 je devrais effacer cet article plus tôt que prévu alors excusez-moi de ne pas les mentionner)

CD-ROM trouvé hier dans la rue. Heureux hasard !

Ce n’est qu’en 2006, que j’ai commencé à mettre ce que je faisais sur internet, si l’on ne compte pas ce que je partageais directement avec les amis sur AIM ou MSN. Les blogs, MySpace et le tout début de Facebook faisaient qu’un utilisateur cazu qui n’y connaissait encore rien en programmation ou en méthodes d’hébergement pouvait désormais facilement publier en ligne et gratuitement.

Que reste-t-il de mes chefs-d’œuvre de la période 2006-2022, en ligne, sur CD ou disque-dur ? Pour ce qui est des dessins, je dirais 80%, pour le textes sans doute 40%, pour la musique pas loin de 100%. Les textes en disent long sur ce que vous pensez, et j’ai toujours honte de ce que je pense. C’est donc ce que j’ai le plus effacé. Voyez, je suis en général assez convaincu de ce que je pense, mais cette conviction ne perdure qu’une minute ou deux après que ma pensée s’est manifestée par l’entremise de mes cordes vocales, et avec le soutien non-négligeable de mes dents, ma langue et mon palais. Une fine équipe qui ne manque jamais une occasion de me mettre dans l’embarras.

Les dessins et les morceaux de musique, s’ils ne sont pas associés au texte, me gardent au moins de cette honte. Honte de penser mal ou de dire mal ce qu’on pense bien. Ils me font simplement honte de n’avoir pas assez travaillé, ou d’avoir des goûts très discutables.

Il y a donc tout à parier que je ferai, un jour ou l’autre, disparaître ce blog d’internet. Mais effacerai-je tout, même mes backups ? Pour moi qui ai si mauvaise mémoire, ne serait-il pas utile de conserver quelques notes, pour me souvenir, à l’occasion d’une relecture, des évènements que j’aurais traversés quelques années auparavant ? Des personnes que j’aurais rencontrées ? Sans doute que si. Ce serait utile. J’oublie trop vite trop de choses. Il me faut des aide-mémoire.

#374 – Des dents jaunes au bluetooth il n’y a qu’un pas

Nous sommes le 10 mai. Je fais des bêtises. J’achète des claviers bluetooth pour pouvoir écrire sur ma tablette depuis n’importe quelle terrasse de café, n’importe quel banc de parc. C’est pas des bêtises vous dites ? Si que c’en est. Tout ça parce que j’ai arrêté de fumer. Je ne vous avais pas dit que j’avais repris ? Ben voilà. J’avais repris, j’ai rarrêté.

Tiré de l’exposition de rue du Fandax Collective

Rarrêté, tout à fait. J’avais repris car, n’ayant plus de quoi calmer les angoisses par la fumée, j’avais repicolé. Une ou deux fois seulement, dont une contre mon gré pour faire plaisir à quelqu’un, mais ça ne m’avait pas fait du bien. Alors bon. Je m’étais dit qu’il valait mieux fumer, l’alcool est vraiment un poison trop puissant pour moi. Maintenant je vais tenter de ne retomber ni dans l’un ni dans l’autre de ces modes de fuite durant au moins un mois ou deux. Pfou, c’est long un mois. Déjà qu’une journée c’est long quand on ne boit ni ne fume pas… Une journée sobre, c’est sans fin. On se rend pas compte, essayez un jour vous verrez.

Tiré de l’exposition de rue du Fandax Collective

Enfin bon. Il me faut trouver un nouveau travail au plus tôt. Je commence à en avoir vraiment ma claque de trier des bries par date de péremption dans des frigos trop froids, alors je dois une fois encore faire les efforts nécessaires pour récupérer tout mon cerveau, au moins momentanément.

Tiré de l’exposition de rue du Fandax Collective

C’est mon jour de repos, et je fais n’importe quoi, donc. J’ai dépensé presque cent euros en une journée. Un clavier, une salade au resto, deux cafés, un thé glacé maison, un cookie, un bouquin dont j’ai parlé à un ami il y a deux jours et que j’ai trouvé par hasard dans une bouquinerie aujourd’hui, un ramune pêche à l’épicerie japonaise, boulevard Anspach je crois, ou rue du Midi je sais pas je me paume toujours dans ce coin. Cinq balles la limonade mais la bouteille est belle et puis merde faut que je me fasse plaisir un peu pour compenser l’arrêt d’afflux artificiel d’endorphines que je me tapais en continu depuis des mois dès que je sortais du taf par la magie des pétards. Toutes les factures sont payées et le loyer aussi, mais il doit me rester à peine deux cent euros pour vingt-et-un jours à tenir maintenant. Heureusement que je me nourris uniquement des produits périmés du supermarché dans lequel je bosse, je vous le dis. Ça va me faire drôle quand je vais quitter ce taf et que je devrais recommencer à faire mes courses comme tout le monde.

Tiré de l’exposition de rue du Fandax Collective

J’aimerais donc vous prendre une photo de moi devant ma tablette, mon clavier bluetooth, mon café et mon cookie, à cette terrasse installée dans une cozy cour intérieure du quartier des boutiques semi-chics, au départ de Louise. J’aimerais, mais si je prends une photo en plus de tout ça, je crains un effondrement cosmique par un trop brutal bouleversement du ratio schlagions/hipsterions dans l’univers.

Tiré de l’exposition de rue du Fandax Collective

Qui a l’œil affiné voit d’ailleurs très bien que je ne suis pas véritablement un hipster. Je suis rasé. Eh oui, ça arrive. Mes chaussures sont défoncées car je n’en ai que deux paires dont une réservée au travail, les lacets ne sont pas de la même couleur car je n’avais rien d’autre sous la main quand l’un d’eux a cassé. Mon sweat-shirt est bouffé aux manches, aux poches et à l’encolure, pas par les mites mais par les années, car je le porte depuis bientôt dix ans. Il était noir, il est maintenant de ce gris rougeâtre des trucs noirs qu’ont trop pris le soleil. Le pantalon que je porte est trop court car il a rétréci à la laverie, les deux autres sont sales… Bref. Ça ressemble à un hipster, ça va dans les lieux de hipster, mais c’est du Canada Dry. Les moins de trente ans auront pas la réf, tant pis.

Tiré de l’exposition de rue du Fandax Collective

Je fais des bêtises, mais je n’ai pas trop le choix. Des deux vrais amis que je me suis fait ici, l’une a déménagé hors de Bruxelles, l’autre a onze ans de moins que moi et si on passe de bons moments à tchatcher on ne va pas non plus passer toutes nos journées ensemble, alors… je me fais chier. Je me promène dans de jolies rues, je pense à des trucs, mais personne avec qui partager tout ça. L’idée d’écrire, pour le blog, pour moi-même, en sirotant un café par jours de grand soleil, est la seule qui me donne un peu envie. Je n’aime plus écrire sur papier, mais je ne veux pas rester enfermé dans mon appart pourri pour taper à l’ordi.

Tiré de l’exposition de rue du Fandax Collective

Je veux des gens autour de moi, je ne veux pas avoir à picoler dans un bar pour me faire de nouveaux potes même si c’est une technique qui marche ici. Alors de toutes les bêtises que je peux faire, écrire en buvant des cafés, entouré de gens qui vivent leur vie, c’est sans doute pas pire. J’ai le cadre qui me fait plaisir, et je suis concentré sur ce que j’ai à raconter. Voilà qui m’occupe presque sainement.

Enfin, vu le fric que j’ai lâché aujourd’hui, faudra quand même penser à aller plus souvent au parc qu’au café.

#372 – Je suis dans la place

Voilà. Je suis dans la place. Je viens d’installer une image créée il y a quelque mois, imprimée et plastifiée, quelque part en ville. C’est une image de ce même endroit, stylisé, et dans laquelle j’ai rajouté un personnage tiré d’un photostock libre de droits.

Ça faisait un moment que j’avais envie de participer au paysage de la ville. De décorer un peu les lieux que je trouve très sympa. Sans colle ni trucs qui abîment, juste accrocher des trucs démontables facilement. Jusque là, j’en avais rien fait, mais ça y est. Je dois avoir retrouvé le niveau d’angoisse adéquat pour avoir besoin de recréer des trucs et des machins. Une musique ici, un dessin là…

Mon ami Feldo parle de ça dans sa dernière note de blog. En ce qui concerne ma personne, la réponse est claire. Oui, il me faut souffrir pour créer des machins. Plus précisément, il me faut avoir à fuir une souffrance, une angoisse. Il me faut avoir cette impression que fabriquer quoi que ce soit me permettra de me noyer dans cette activité avec assez d’intensité pour que j’oublie la vie qui m’effraie, me dépasse, m’écrase. C’est inconscient, en général je m’en rends compte qu’après coup.

C’est la même chose qui m’a un temps fait me tourner vers l’alcool, c’est la même chose qui me pousse à fumer plus de pétards que de raison. Sauf que là, il y a la notion supplémentaire de combat. Boire ou fumer, c’est fuir, fabriquer quelque chose, c’est fuir aussi, mais c’est mettre une petite gifle à la vie au passage, pour se faire croire à soi-même et aux copains qu’elle est pas si terrible, qu’on peut y ternir tête. Avec fantaisie et en se marrant si possible, pour bien bien oublier l’horreur de l’existence physique.

Quand j’étais en couple, j’étais tellement bien que je n’avais besoin de rien créer. Je n’avais besoin de rien tout court, sauf d’elle et de ses sourires. Je ne manquais de rien, pourquoi faire quoi que ce soit ? Les moments où j’ai fait des machins étaient toujours des périodes de stress intense. Déménagements, recherche de travail… Les moments où l’angoisse était si grande que même en couple, je me sentais tout seul à affronter ces épreuves.

Il y a aussi une notion d’orgueil dans tout ça. L’impression de n’avoir jamais rien apporté de bien, d’assez bien pour que… disons une œuvre, puisque c’est le mot, apporte ce soulagement à d’autres que moi seul, et si possible pour une durée plus longue que le temps de la découverte. Le genre de trucs qui vous crée un petit bouton quelque part dans le cerveau sur lequel vous pouvez appuyer quand vous avez besoin de votre shot d’endorphine tout au long de la vie.

Je culpabilise tellement d’exister, que je voudrais m’assurer de procurer plus de plaisir que de douleur aux autres êtres qui souffrent dans mes environs. Essayer de faire des trucs m’aide au moins à croire que je bosse dans ce sens, que j’ai pas tout à fait laissé tomber les autres en baissant définitivement les bras, tout en restant le gros égoïste que je suis au fond. Dans les moments de grosses crises existentielles, donc, pour ne pas me vivre comme un encombrant, je suis poussé à créer.

D’où que ça vienne, ce n’est pas un lieu très cool. Par contre, ça marche. Ça permet de se créer un petit horizon artificiel, de divertir deux trois personnes au passage. Pendant toute la durée d’un projet en cours, je me lève avec le sourire le matin, même si j’ai mal dormi. Je m’enthousiasme pour tel ou tel aspect du monde, j’imagine des rencontres, des avenirs possibles.

Bref. Je suis dans la place, j’ai fait mon petit truc par une matinée ensoleillée. Dans le coin près de chez moi que je préfère. J’imagine les gens qui vont se demander ce que c’est, qui c’est ce mec sur l’image, qui a fait ça, pourquoi. Et j’en suis tout content. Faudra voir combien de temps ça reste accroché. Pas mal de vent aujourd’hui, et mon installation n’est pas très solide.

Me reste plus donc qu’à trouver un truc qui me tienne l’après-midi pour ne pas avoir le temps de penser que demain je retourne bosser au supermarché.

Musicouillerie #010 – À propos des Pupi (et sa version piano)

Et voilà ! C’est enregistré, mixé, masterisé.

Contrairement à mes habitudes, je vous laisse découvrir le morceau tranquillou et j’en discute ensuite. Enfin, les morceaux. Prenez votre temps.

À propos des Pupi

Composé sur un air original de Alexandre ASTIER pour la série Kaamelott.

Guitare classique, guitare portugaise : Michele BONI
Percussions : Maciej GIŻEJEWSKI
Contrebasse : Kentaro SUZUKI
Mix et mastering : Francesco MONTRONE pour InABagRecords
Composition : Alexandre ASTIER / MUSICOUILLEUR

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À propos des Pupi – pour clavier

Toujours composé sur un air original de Alexandre ASTIER pour la série Kaamelott, vu qu’il s’agit seulement d’une « réduction » pour clavier du même morceau.

Piano et mastering : Roman STARKMAN (Starkmanmusic)
Composition : Alexandre ASTIER / MUSICOUILLEUR

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Que m’a-t-il pris ? Pourquoi faire enregistrer cette musique basée sur un air dont je ne possède pas les droits ? Comment ? Notre envoyé spécial nous fait parvenir les dernières nouvelles du bordel qui règne dans mon cerveau.

Pour la genèse du morceau, je vous invite à lire cet article. Je vais maintenant aborder l’aspect pratique de la mise en œuvre.

Pourquoi et comment enregistrer ce morceau ?

La première question que je me suis posée était : comment faire enregistrer son morceau par des musiciens professionnels quand on n’a absolument aucune relation dans le monde de la musique, qu’on ne connaît pas le pays dans lequel on habite depuis presque deux ans, ni les milieux artistiques qu’il abrite ?

Naturellement, dans ces cas-là, on se tourne vers internet. Et il se trouve qu’un site permet effectivement de se payer les services d’artistes, d’artisans et de techniciens de tous niveaux dans à peu près tous les domaines imaginables : Fiverr.

On peut y fouiner à loisir, comparer en quelques clics les savoir-faire, l’expérience et les tarifs des artistes avec lesquels on envisage de travailler, afin d’obtenir un résultat qui soit un bon compromis entre ce qu’on a en tête et ce qu’on peut effectivement se payer.

Pour les petits budgets cela dit, deux choses à savoir : les prix affichés sur les annonces ne tiennent pas compte de la TVA, et il est de coutume de laisser un pourboire aux artistes une fois la commande livrée. À prévoir dès le départ dans le budget donc, pour éviter les surprises.

Surtout ne pas hésiter à bien discuter des spécificités de votre projet avec les artistes avant de les engager. La plupart vous proposeront des offres sur mesure, cela leur permettra d’ajuster leurs tarifs en fonction de la charge de travail estimée.

Je dois dire que je n’ai eu que de bonnes expériences en bossant par le biais de cette plateforme-là depuis un mois.

Et voilà donc le comment. Le pourquoi… me le suis posé qu’ensuite. Mais c’est venu. Je crois que j’avais vraiment envie de voir si tout ça sonnait bien, avec de vrais instruments, de bons musiciens, ou si c’était joli seulement dans ma tête. Après un petit paquet d’années passer à musicouiller tout seul dans mon coin, voir si j’arrivais à sortir un truc qui vaille le coup que ce soit joué par des humains.

À propos de la version originale

Guitares

Une fois la plateforme trouvée. Faut se lancer.

Par où commencer. Percussions ou cordes ? Je ne suis pas très sûr. Qui a le plus besoin de quoi comme support pour faire du beau boulot. Comme à ce moment-là je me dis encore que je n’aurais peut-être pas le budget pour me payer un percussionniste et que je m’occuperais peut-être moi-même de cette partie, je choisis de faire enregistrer la guitare et l’instrument encore inconnu pour la mélodie principale. Le musicien devra s’accompagner de la démo pourrie.

Je contacte Michele. Un Italien vivant en Espagne si je ne me trompe pas. Cet homme joue de tout un tas d’instruments à cordes pincées. J’écoute ses démos, il joue bien, on sent qu’il a de l’expérience, du feeling. Je sens directement qu’il sera capable de jouer ce que j’imagine comme je l’imagine et même mieux. Il va jouer la guitare classique et aussi l’instrument principal. Je ne sais pas lequel. Mais je sais que si je peux engager une seule personne pour jouer cette section mélodique, j’y gagnerai en cohérence.

Si c’était de la musique cubaine pure, pour l’instrument encore indéterminé, on aurait immédiatement opté pour un tres cubain. Mais là, j’avais en tête un truc un peu plus coloré. Dans ma démo l’instrument que j’avais fabriqué sonnait parfois même un peu comme un clavecin. Michele me propose la guitare portugaise. Instrument que je ne connaissais pas vraiment. J’écoute. Parfait. C’est exactement le son que je cherchais. On a simplement dû faire le deuil d’une note trop grave pour être jouée sur cet instrument. Ca m’a rendu très triste, mais Michele a habilement tourné l’affaire pour qu’à part lui et moi personne ne remarque rien.

J’écris les partitions. Mal. Je décide à passer du tempo magique de 55.5 bpm (non c’est pas magique, c’était juste le « sweet spot) à 56 bpm, trahison envers mon intuition profonde que je ne me pardonnerai peut-être jamais, mais qui me garantit que quelque soit le logiciel sur lequel enregistre chaque musicien, ils sera capable d’obtenir le bon tempo, certains n’acceptant pas les décimales. Je prie de ne pas avoir fait d’erreur en écrivant les partitions, puisque que je ne sais pas les lire moi-même à la volée.

Je les envoie donc à Michele. Je lui donne mes indications et m’excuse d’avance pour la guitare classique qui passe la moitié du morceau à jouer des bêtes octaves à la noire, puis je le laisse travailler. Quelques jours plus tard, il m’envoie ses deux pistes. Jeu impeccable, beau feeling, son magnifique. Je vois des petits anges, je peux passer à la suite.

Contrebasse

Je contacte Kentaro. Un Japonais vivant en France. Remarquez qu’en deux musiciens et trois instruments nous couvrons déjà quatre pays. Cinq avec moi Français vivant en Belgique. C’est beau l’internet.

Je lui écris une aussi mauvaise partition qu’aux autres, il n’y a pas de raison. Je lui donne mes indications. Je suis un peu gêné qu’il n’ait pas grand chose à se mettre sous la dent en terme de jeu. Les notes sont longues et peu nombreuses. Il me demande s’il peut modifier des parties pour les rendre plus dynamiques. Je lui réponds que pas trop. Je lui explique que je travaille en composant sur un morceau déjà existant et que s’il peut ajouter quelques notes et effets ici ou surtout là, il peut, mais qu’il ne faut rien enlever et qu’il ne peut pas modifier drastiquement le contrepoint. Il comprend très bien et enregistre sa partie en respectant de très près la partition, tout en ajoutant ici et là quelques effets percussifs, ou en choisissant de jouer une partie à telle octave plutôt qu’à telle autre. Bref, il trouve les moyens de s’amuser dans les limites du bac à sable, qui fait que tout le monde passe un bon moment à jouer.

Les contrebasses, c’est difficile à enregistrer. Et comme c’est difficile à enregistrer, c’est également difficile à mixer. Kentaro a très bien joué et très bien enregistré sa partie, cela dit, elle a eu un peu du mal à se faire sa place au mixage. Comme quoi, ça n’est pas une science exacte. Mais on en reparlera un peu plus bas. J’ai dans tous cas passé quelques belles heures à écouter le son de la contrebasse toute seule. Je voudrais toujours plus de contrebasse. Vous ne pourriez laisser au monde comme seuls instruments que des contrebasses et des clavecins que je m’en porterais très bien.

Bref, j’ai les guitares, j’ai la contrebasse. Passons aux percussions.

Percussions

Devant la qualité des pistes que j’ai reçues jusque là, je me dis que je ne peux pas tout gâcher avec des percussions virtuelles qualité merde. D’autant que si j’ai appris très vite fait les rudiments des rythmes traditionnels afro-cubains, je n’ai absolument pas le feeling et la connaissance profonde des percussions qui me permettraient d’imaginer et réaliser de jolis breaks, transitions, variations, et autre embellissements qui donnent toute la vie à un morceau. Je me résous donc à faire appel à un pro. Et je me prépare à casser la tirelire vu le nombre de percussions que j’imagine nécessaires.

Sur ce, je contacte Maciej. Fabuleux percussionniste Polonais touchant à tous les styles et possédant une collection énorme de percussions des quatre coins du globe. Le son de ses démos est impeccable. Je lui explique le concept, je ne lui écris pas de partition. Des partitions pour les percussions ? C’est bien au delà de ce dont je suis capable à ce jour. Je me contente de lui envoyer piste par piste les percussions que j’ai programmées pour la démo du morceau.

En quoi ? Un, deux échanges, Maciej comprend exactement ce que je veux, exactement ce qu’on peut ajouter ou retrancher, il me donne toutes les références que j’ai en tête et même celles inconscientes. On cause Buena Vista old school, danzón, musique andalouse. Bim boum badaboum. Quelques jours plus tard, Maciej ne m’envoie pas les 6 pistes de percussions que j’attendais, mais 15 pistes (enfin 24 si on compte les prises de sons multiples sur certaines percu). Tout un univers est là. C’est juste parfait. Je ne vous mens pas, j’ai dû écouter les percussions seules presque autant que le morceau finalisé.

À ce stade, ma seule angoisse est : vais-je réussir à mixer tout ça avec mon matos moisi.

Mix et mastering

La réponse est non. Je ne saurais pas faire. Et puis je ne veux pas. Je veux pousser l’expérience jusqu’au bout. J’ai fait enregistrer chaque partie par des musiciens professionnels, je veux un mix et un mastering professionnel. Le mixage, c’est l’étape où on peut tout consolider ou tout gâcher. Au choix.

Alors c’est reparti. Si sur Fiverr vous trouvez des centaines d’ingé son amateurs prêts à mixer vos morceaux trap, drill et hip hop, c’est une autre paire de manches de dénicher un professionnel spécialisé dans la musique acoustique/classique à des prix abordables pour moi.

Mais il s’en trouve ! Au moins un. C’est le cas de Francesco pour InABagRecords. Francesco et un ingénieur du son Italien, spécialisé donc dans la musique classique et acoustique.

Pour ceux qui ne savent pas, et il n’y a aucune honte à ça, le mix dont on parle ici n’a pas de rapport avec le travail de DJ. Pour résumer très vite, il s’agit de travailler le volume et le son de chaque instrument, ainsi que leur placement dans l’espace sonore, pour donner un tout satisaisant. Le mastering est l’étape suivante, qui sert à ajuster le volume global et parfois même la couleur d’un morceau, afin qu’il sonne à peu près de la même manière quelque soit la plateforme sur laquelle vous l’écoutez, et assurer une belle cohérence entre tous les sons. C’est le coup de vernis final quoi.

Eh ben quoi, le résultat du travail de Francesco, c’est ce que vous avez écouté. Évidemment, nous avons échangé durant tout le processus. Cet élément un peu plus fort, celui-ci un peu moins, là plus de punch, ici plus de douceur pour produire tel ou tel effet. Ce genre de choses. Ce qui était sympa avec Francesco, c’est que je lui fournissais une page de feedback à chaque fois qu’il m’envoyait une démo, et au lieu de répondre quoi que ce soit sur le moment par écrit, sa réponse était la démo suivante qui intégrait, avec goût, toutes les modifications que j’avais suggérées. C’était un régal. Zéro blabla, comme disait la pub.

À propos de la version pour clavier

Pour la version piano, j’ai simplement contacté Roman Starkman, lui ai refilé la partition horrible que j’avais préparée à la hâte, sans armure, avec des dièses et des bécarres dans tous les sens, en lui demandant de jouer le morceau comme il le sentait lui, jusqu’au tempo qu’il pouvait choisir. Roman a d’ailleurs eu la gentillesse de m’aider à réécrire la partition pour la rendre plus lisible. Il a lui-même enregistré et masterisé le morceau.

Quelques jours après la publication de cet article, je rendrai disponible toutes les versions du morceau dans la partie Grand Bazar du site, ainsi que les partitions. Laissez-moi quelques jours pour mettre de l’ordre dans tout ça.

Je dois vous dire que j’ai une pensée toute spéciale pour Roman, qui a appris le morceau et a enregistré son interprétation entre le 22 et le 24 mars 2022 depuis son logement à Kiev, en Ukraine, tout juste un mois après le début de l’invasion du pays par l’armée Russe. Je ne sais pas comment tu fais pour continuer à travailler et jouer dans cet environnement, Roman. Mais merci pour le morceau.

Le coût

Un tout petit peu moins de 500€ tout compris, enregistrements, mixage et masterisation des versions originale et piano, TVA et pourboires. Honnêtement, c’est pas cher vu la quantité de travail fournie, étalée sur cinq collaborateurs. Je me sens même un peu coupable, mais la vérité c’est que je n’aurais pas su débourser plus. Je m’en remets à ma conscience en me disant que j’ai bien détaillé les spécificités de chaque partie à chaque artiste avant de commencer, qu’ils m’ont chacun proposé leur offre sur mesure en fonction, et que je n’ai pas marchandé un seul centime sur les propositions qu’ils m’ont faites, ni tenté de les influencer en leur avouant que j’étais fauché. J’ai donc payé ce que chacun a estimé être le prix correct pour son service. Faut que j’arrête de me torturer. Vous inquiétez pas ça va passer.

Le résultat ?

Bah il me plaît beaucoup. Évidemment si j’avais tout su faire moi-même, ç’aurait été un poil différent, mais ça correspond quand même à 90% à ce que j’avais en tête. Je dis 90% (prononcer nonante pour cent), parce que je n’ai pas voulu jouer les control freaks, comme on dit. Tout en étant précis sur mes intentions et le résultat que je souhaitais, j’ai à chaque étape essayé de donner le maximum de liberté à chaque artiste, persuadé que le résultat ne serait que meilleur s’il trouvait à s’amuser en travaillant, s’il avait moyen de mettre sa touche personnelle là dedans, de s’approprier un peu le truc.

Deux regrets. Enfin, pas regrets, deux choix que j’ai dû faire et dont je ne sais pas encore si je les regrette ou pas. La basse passant mal au mix, on a dû forcer un peu sur l’égaliseur et la compression. Ça lui fait perdre de son naturel, mais ça confère le punch qu’il faut au morceau. Triste compromis, mais il faut en faire. Seconde chose, la guitare portugaise qu’on entend trop faiblement à la fin du morceau, tout ça parce qu’on a un peu trop poussé la basse, parce qu’il le fallait. Mais je ne voulais trop pousser la guitare portugaise, pour que ça reste le plus naturel possible (ce qui ne veut pas dire grand chose). Compromis, donc, résultant d’un précédant compromis. Je ne mens pas quand je dit que le mixage c’est l’enfer.

Pour la version piano, elle ne ressemble en rien à ce que j’aurais pu imaginer, et tant mieux ! Pour le coup il s’agissait d’avoir la surprise d’entendre l’interprétation personnelle qu’en ferait un pianiste habitué à divers genres. Comment allait-il comprendre le morceau. Quand il m’a envoyé sa piste, il avait nommé le fichier « fuga », ce qui m’a beaucoup fait rire, un peu flatté, et un rien culpabilisé de ne pas savoir véritablement composer une fugue dans les règles de l’art.

Que dire d’autre ? Je retravaillerai volontier avec chacune des personnes que j’ai pu rencontrer sur Fiverr. Faut juste me laisser quelques mois pour économiser à nouveau et trouver un encore plus chouette morceau à composer (là c’est peut-être en années que ça se compte). Un sur lequel je possèderais les droits à 100%, accessoirement.

Et Alexandre Astier dans tout ça ?

Eh oui. Maintenant comment et où diffuser ce morceau ? Composer un morceau sur la base d’une autre composition… Quelle connerie, hein ? Il va me falloir contacter le monsieur. Pas que j’envisage de faire le moindre sou avec ça, mais j’aimerais tout de même bien le diffuser gratuitement ici ou là (ici, c’est ce site, et là sans doute bandcamp, pas plus), sans avoir le gros nuage menaçant de l’illégalité au dessus de ma tête.

Par exemple, le percussionniste m’a demandé s’il pourrait faire figurer la piste sur son album de percussions et guitares en cours de réalisation, sur lequel il souhaite collaborer avec des musiciens d’un peu partout dans le monde. Bon ben, je peux pas lui dire oui. J’ai pas les droits. Je ne sais pas s’il souhaite le vendre, par exemple, son album. Si c’était le cas, et même si je ne lui demandais jamais rien en retour, ça impliquerait certaines démarches. Comprenez que j’aimerais simplement lui dire oui, bien sûr, tu peux l’utiliser autant que tu veux, fais-toi plaiz ! C’est pas tous les jours qu’on trouve un de mes morceaux si cool qu’on veuille le faire figurer où que ce soit.

Je vais donc essayer de contacter Alexandre Astier pour lui demander ce qu’il est possible de faire ou pas. Cela dit, quand un morceau est protégé et que son auteur est enregistré à la SACEM… la tâche devient ardue. Même Hugues Aufray a dû lui-même payer la SACEM pour que les enfants d’une petite école des campagnes aient le droit de chanter gratuitement ses chansons à la fête de fin d’année. Et oui, c’est qu’un pourcentage revient à la SACEM, ils ne lâcheront rien. Alors je ne me fais pas trop d’illusions sur les possibilités de parvenir à quoi que ce soit, même avec un éventuel accord direct du compositeur. Mais faut essayer.

Et puis comment le joindre, hein ? Fini le temps où il me suivait sur twitter, puisque j’ai supprimé mon compte il y a des années et changé de pseudo entre temps. Si c’était les années 90, je contacterais directement TV magazine, et ils me répondraient quelque chose du genre : pour joindre monsieur Astier, veuillez écrire à Alexandre Astier, 212 rue des grandes machines, M6, Paris CEDEX quelque chose. Mais nous sommes en 2022. Sans compte facebook, twitter, instagram, ça me semble bien compromis.

En attendant, vous pouvez toujours écouter ça ici. C’est déjà ça.

J’ai dû oublier plein de choses en chemin. Mais ça fait deux mois que je bosse sur ce morceau, je n’en peux plus. Je suis pressé de le partager et de passer à autre chose.