#319 – L’art, ce n’est pas une science exacte

Aujourd’hui, alors que je marchais paisiblement, un doute violent m’assaillit. Quel nom donne-t-on déjà à l’art des hommes préhistoriques ?

Je ne me souvenais plus. L’art rupestre ? C’est ça ? Peut-être bien. Mais l’art rupestre ce n’est pas celui qu’on fait tranquillement installé à la campagne ? Non, ça c’est l’art champêtre. L’art champêtre, ne cherchez pas, ça n’existe pas. Pas plus qu’il n’y a de gardes rupestres.

Garde champêtre, c’est un joli nom. En vérité cela veut dire policier. Ce qui est moins bien connoté de nos jours. Il ne faut donc pas le confondre avec le garde forestier. Garde champêtre, en France, c’est policier de la police rurale. Qui n’est pas la même chose que la police municipale. On devrait sans doute appeler les policiers municipaux des gardes villageois, et ceux de la police nationale des gardes intervilles, ce qui rappellerait cette vieille émission rigolote qui rythmait nos étés d’enfance. Enfin bon, monsieur le ministre de la justice française, si vous trouvez la police par trop mal aimée, c’est une idée.

Mais revenons à l’art préhistorique. Alors que je marchais toujours, le terme art pariétal fit un joli pop quelque part dans mon cerveau. L’art pariétal, oui. Ce doit être ça. Ou est-ce autre chose ? L’art pariétal ne serait-il pas le pendant masculin de l’art marital ? Non impossible, le mariage n’est pas un art mais une erreur. Ce doit donc bien être ça, l’art pariétal.

Aussi tôt rentré de ma promenade, je lance une recherche wikipédia. Et voilà donc le fin mot de l’histoire :

L’art sur bloc restera par contre à jamais un mystère.

Vous vous demandez maintenant ce qui a déclenché cette réflexion, et c’est bien normal. Pardon ? Si, faites-moi confiance, vous vous le demandez. Peut-être sans même vous en rendre compte. Et, dans tous les cas, si vous ne vous le demandiez pas, vous vous le seriez demandé dans quelques heures, ça ne fait aucun doute.

Eh bien voilà. Cette question m’est venue car je me demandais comment qualifier cette œuvre :

Magnifique n’est-ce pas ? Ce n’est pas une blague, j’aime beaucoup cette peinture. J’aime croire qu’il s’agit de renards. Renards roux. Animaux présents à Bruxelles. Certains les trouvent envahissants, d’autres adorables. Vous pourrez d’ailleurs tomber, à différents endroits de la ville, sur des renards peints par l’artiste Rose Delhaye, assortis de la phrase : « je ne suis pas un nuisible. »

Personnellement, j’irais pas les caresser mais enfin, ils ont le droit de vivre comme nous et, pour ma part, même en me promenant tard, je n’en ai encore jamais croisé.

Mais cette peinture-ci, art rupestre ou pariétal ? Pensez-vous que je sois allé me promener dans une grotte ? Non. Car j’ai peur des araignées. Voici donc cette peinture dans son environnement naturel :

XXV est-il le nom de l’artiste ? Nous ne le saurons pas.

Art rupestre donc.

Enfin… Le béton, ça compte pour de la roche ?

#318 – Découvrir la ville

Fraîchement débarqué à Bruxelles, je…

Je ne sais pas si on peut dire fraîchement débarqué quand on est là depuis dix mois. Même si j’ai passé les six premiers à bosser comme un âne, enfermé dans un supermarché. Essayons autre chose.

Débarqué à Bruxelles, je me…

Oui mais alors là, on perd le côté petit nouveau dans le coin. Ça ne m’arrange pas puisque je veux vous causer du fait que je ne connais pas la ville et que j’y découvre donc chaque jour de nouvelles choses. Et puis je suis arrivé par route et pas par mer, débarqué ne convient pas franchement. Bon.

Arrivé en bus à Bruxelles il n’y a pas si longtemps, mais pas non plus très peu de temps, je découvre chaque jour un peu plus cette magnifique capitale.

C’est vrai que c’est beau, des parcs toutes les trois rues, des architectures foisonnantes ! Tournez la tête à gauche, vous verrez un immeuble Haussmannien, tournez la tête à droite, vous verrez…

Nom de dieu…

Je…

C’est…

Qu’est-ce…

Écoutez, tout compte fait, je vais peut-être rester enfermé à bosser six mois de plus.

#317 – Dans les vitrines de Bruxelles, y a pas que des putes

Je n’ai pas été tout à fait honnête avec vous. Dans l’article de mardi dernier, quand je disais être sorti pour trouver l’inspiration, fondre un peu de graisse et respirer l’air frais, j’avais omis l’une des principales raisons de ma promenade : retrouver une vieille échoppe délabrée, devant laquelle j’étais passée quelques semaines auparavant.

Ce jour-là, mon amie et moi avions envie de nous promener. – On va où ? que je demande. – Tu veux aller au marché aux puces ? Il y en a un grand, place du Jeu de Balle, me propose mon amie. – Okay, que je dis. Et nous voilà partis de bon matin.

Nous descendons la chaussée d’Ixelles, et paf ! Prise de tête. Direct. Pour des broutilles, sur un quiproquo. Nous suivons le boulevard de Waterloo jusqu’à la station Louise, puis nous dirigeons vers la place Poelaert en longeant le palais de justice, tout ça sans plus nous adresser un seul mot.

Nous descendons enfin la pente qui mène à la rue des Minimes, et c’est là que nous renouons le dialogue. Tout occupés à parler et faire retomber la tension, nous nous dirigeons vaguement vers les Marolles, quartier où se trouve la place du Jeu de Balle. Vaguement, car n’y étant jamais allé moi-même, et mon amie n’ayant pas l’ombre du début de la queue d’un sens de l’orientation.

C’est comme ça qu’au hasard d’une rue, nous tombons sur l’étrange échoppe. Devanture en bois vert, aucune inscription, large vitrine. Dans la vitrine, un curieux spectacle. Des sortes de… poupées ? automates ? pantins ? sont posés là, sinistres, à pourrir lentement sous les yeux des passants qui pourtant ne semblent pas y prêter attention. Un rideau derrière eux interdit de voir ce qui se trouve dans le reste du local semble-t-il à l’abandon. Ce spectacle me fascine autant qu’il me met mal à l’aise.

Mais je décris mal. Des images seront plus parlantes.

Alors ? Ça met pas mal à l’aise, ça ? Si, que ça met mal à l’aise.

Enfin bon, nous avons avancé, sommes tombés sur la place du Jeu de Balle et son marché aux puces, où je n’ai acheté ni cette photo grand format et encadrée d’un enfant souffrant de déficience mentale, ni ce petit portrait peint d’un chien dans un costume d’époque. Comprenez-moi, j’étais encore sous le choc de cette rencontre, rien ne pouvait plus m’impressionner ce jour-là.

Dès le lendemain, j’ai voulu retourner voir cette vitrine et demander aux riverains de quoi il s’agissait. Atelier de marionnettiste à l’abandon ? Artiste contemporain souhaitant créer le malaise ? Eh bien figurez-vous que je n’ai jamais pu la retrouver. Je suis retourné quatre fois dans le quartier, j’ai passé plus d’une dizaine d’heures à arpenter les rues dans ce seul but. Rien.

Heureusement que j’ai pris les photos, si ça n’avait pas été le cas, j’aurais commencé à douter de ma santé mentale.

#316 – Ce film que cette fois j’ai vu…

…et dont je vous parlais hier s’appelle toujours Don’t Think I’ve Forgotten: Cambodia’s Lost Rock And Roll, et il est remarquable. C’est bien dommage qu’on ne le trouve qu’à la location, et un peu cher.

Que vous en dire maintenant ? Qu’il donne envie de trouver toutes les chansons des artistes présentés ? Oui. Qu’il donne envie de prendre un instrument, de monter un groupe avec ses amis et de chanter ? Oui. Qu’il fait voir comment liesse et horreur sont juxtaposées sans transition aucune sur la frise du temps ? Oui. Qu’il rappelle qu’il n’y a rien à attendre de bon des gouvernements américains ni des communistes ? Oui. Que vous devriez vraiment le regarder ? C’est vous qui voyez. Que si vous êtes sensible vous devriez quand même prévoir un paquet de mouchoirs ? Oui.

Les images sont d’archives. Les interviews sont récentes. Les langues sont le khmer, le français et l’anglais. Les artistes sont, entre autres, Sinn Sisamouth, Ros Serey Sothea, Sieng Vathy, Pen Ran, Huoy Meas, Yol Aularong et les groupes Baksey Cham Krong et Drakkar.

Photo tirée du documentaire de John Pirozzi. Crédits : Roland Neveu/Argot Pictures

Bon, on va pas s’éterniser là-dessus. Matez-le, matez-le pas, à vous de voir. Vous avez toutes les infos nécessaires pour ou pour pas.

Tout cela m’a quand même rappelé que, quand j’étais gamin, le patron de ma mère était Cambodgien. C’était pas un gars très sympa. C’était même un vrai con. Il a viré ma mère parce qu’elle était enceinte de moi, elle avait 21 ans. L’a reprise plus tard. L’a jamais augmentée, alors qu’elle était l’une des meilleure vendeuse de la ville dans son domaine. Ma mère a fini par se barrer de là, avec toute sa clientèle. Tant pis pour lui. Je sais pas comment ni pourquoi ni quand il a atterri en France. Le mec était quand même patron d’une des plus grandes pharmacies de la ville.

Bien plus sympathique, l’une des collègues de ma mère de la même époque était également Cambodgienne, assez maltraitée par ce patron également. Je crois avoir compris qu’elle lui devait quelque chose. Peut-être simplement le fait d’avoir du travail. Elle était extrêmement gentille, et je me souviens d’elle toujours souriante. Elle nous offrait souvent de la nourriture traditionnelle et des nems qu’elle nous disait préparer le soir avec ses enfants devant la télé. Généreuse, et pourtant pas très argentée : au smic, comme ma mère, mais seule avec deux enfants. Son fils était un peu plus jeune que moi et je me souviens que ma mère lui donnait tous mes habits dès qu’ils devenaient trop petits pour moi. Ma mère devait l’aimer pas mal, parce qu’en vérité elle me poussait souvent à lui donner mes habits même s’ils m’allaient encore bien.

Je vous parle de ça… j’avais entre 6 et 9 ans je pense, c’était la première moitié des années 90. Maintenant que je connais un peu mieux l’histoire, je me demande par quoi ces gens sont passés.

Allez, secouons ces souvenirs ! Demain on part sur autre chose. Je sais pas quoi encore, mais je trouverai bien.

J’espère.

#315 – Ce film que j’ai pas vu…

…mais dont j’ai écouté la bande son des dizaines et des dizaines de fois, Don’t Think I’ve Forgotten: Cambodia’s Lost Rock And Roll, est un documentaire réalisé par John Pirozzi.

L’album, de la musique du film, je suis tombé dessus par hasard à la bibliothèque de Lyon. Je l’ai écouté, je l’ai adoré, je l’ai copié, j’ai scanné le livret, j’ai conservé tout ça comme un trésor précieux, car à l’époque je ne trouvais aucun moyen de me procurer le disque ou documentaire sur internet ou en boutique.

Petit saut en arrière. 1941. Norodom Sihanouk a 18 ans. Et 18 ans, ça se fête, on vous fait de beaux cadeaux. Le cadeau de Norodom Sihanouk, c’est d’être couronné roi du Cambodge. Il aurait peut-être préféré un vélo, mais enfin, un cadeau c’est un cadeau, il dit merci et il embrasse la famille parce qu’il est poli.

Et il n’est pas que poli, il est également cultivé et raffiné. Il peint, il écrit des poèmes, il réalise des films, et, comble du raffinement, il renvoie les Français chez eux en 1953 en négociant l’indépendance du Cambodge qui fait jusque là partie de l’Indochine française.

Mais en vérité, ce qu’il aime par dessus tout, ce bon roi, c’est la musique. Il compose, il fait des concerts, il chante, il joue du sax, il connait la musique classique européenne, la musique moderne états-unienne… tout. Il fait monter des orchestres nationaux, fait organiser des concours de chants aux quatre coins du royaume. Il inspire toute une jeunesse à prendre les instruments et à faire du monde sonore un monde plus beau. Le métier de musicien n’était pas un métier noble ? Il le deviendra, en partie grâce à son influence.

Et voilà ce qu’on peut entendre au Cambodge dans les années 60 et jusqu’en 1975 :

Extraits de Don’t Think I’ve Forgotten: Cambodia’s Lost Rock And RollSoundtrack album of the music from the film, et mosaïque de pochettes issue du livret.

Pourquoi jusqu’en 1975 ? Parce que depuis quelques temps déjà, les Américains mènent leur guerre chez les voisins, le Vietnam et déstabilisent toute la région. Sihanouk souhaite que son pays reste neutre, mais perd peu à peu de son influence. En 1970, son régime est renversé au cours d’un coup d’état soutenu en douce par les Américains (pour changer).

Dans une tentative de revenir au pouvoir, il s’allie avec ses adversaires d’alors, des communistes, qu’on appelle les Khmers Rouge. Une grande partie des paysans et des campagnards les rejoignent tout en restant fidèles au roi. Ça peut chémar, s’est-il sans doute dit. Ben ça a pas chémar. Pas du tout.

Les Khmers Rouges n’ont aucune intention de partager le pouvoir, veulent tout mettre en commun mais prêtent pas leurs jouets ceux-là. En avril 1975, ils le prennent totalement, le pouvoir. Ils appliquent alors leur idéologie radicale, radicalement. Plus de possessions personnelles, plus de liberté de mouvement, le pays est transformé en une immense ferme-prison. Et ils massacrent, massacrent, massacrent tout ce qui n’est pas de leur bord, ceux qui ont eu des liens avec le gouvernement précédent, les minorités ethniques. Combien de morts ? Oh… 1,5 à 2 million de personnes. Un quart de la population totale, à la louche, on va pas chipoter.

On estime aujourd’hui que 9o% des artistes et des intellectuels sont morts exécutés, morts de faim ou de maladie. Rock is dead, et c’était vrai.

Cette histoire me hante. Ces chansons aussi. Et si je les aime d’abord pour la musique en elle-même, elles ont maintenant une profondeur inatteignable par un tube de l’été quelconque, grâce à cet album et à son livret très détaillé, où tout ce que j’ai écrit ici est raconté (en anglais), et où sont dressés en doubles pages les portraits d’une quinzaine de musiciens de l’époque.

Et vous savez quoi ? Aujourd’hui, en rédigeant cet article, j’ai découvert que le film était enfin accessible. On peut le louer sur viméo. Vous savez maintenant comment je vais utiliser le temps libre qu’il me reste avant d’aller au travail. Je vous laisse avec le teaser.

Merci les artistes, merci John Pirozzi.

#314 – Recopieur !

Ce matin, je me suis levé tôt. En manque d’inspiration, je me suis dit qu’une petite balade, en plus de me faire tomber le gras du bide et de m’emplir les poumons du bon air sain du centre-ville, m’aiderait sûrement à la trouver. L’inspiration, c’est quelque chose ! C’est quelque chose qui vous donne envie de faire quelque chose. C’est quelque chose qui vous donne parfois une idée précise du quelque chose à faire. Mais attention ! Si l’idée est trop précise, ce n’est sans doute plus de l’inspiration mais du plagiat.

Et voilà, j’ai marché, marché, marché… et rien n’est venu. Alors cinq minutes avant de rentrer, j’ai pris la photo du premier truc qui me tombait sous les yeux. Un collage qui m’a fait sourire en passant. On ne peut pas dire que la photo soit très inspirée, ni originale, ni complètement du plagiat même si je profite du travail d’un·e autre pour faire le mien alors que je n’ai pas d’idée. Après tout, il y a des livres entièrement constitués de photos de street art dont les bénéfices ne vont qu’aux éditeurs et photographes.

Crédits : Photo de moi. Dessin et collage de… Janki ? Jonki ? Tanki ? Tonki ? Janla ? Tonla ? Tarki ? On lit pas très bien. Tag derrière le collage de Roni ? Les plagiaires et voleurs de paternité s’arrêteraient là, mais nous savons vous et moi que cela relèverait de la malhonnêteté intellectuelle. Cette photo n’aurait en effet jamais pu exister sans le papier sur lequel est réalisé le dessin qui en est l’objet principal. Papier que beaucoup pensent être une création de l’Égyptien monsieur de Papyrus, mais qui à la vérité, de ce que l’on en sait, est l’invention de monsieur Cai Lun (prononcer 蔡伦 ). Il ne vous aura pas échappé que ce papier est collé, créditons donc l’inventeur de la colle, du premier ou de la première à en avoir enduit un papier. Évidemment, il faut également citer l’entreprise ayant fabriqué ce papier-ci précisément, entendons par là toutes les personnes y aillant travaillé, du PDG au personnel de ménage empêchant au quotidien le lieu de devenir un dépotoir, permettant ainsi d’y travailler dans des conditions tolérables, sans oublier les ingénieurs ayant soigneusement étudié le grammage idéal du papier, la texture, et la brillance adéquates, ainsi que les matériaux à utiliser pour y parvenir. Mais cela serait oublier les personne ayant débité et fourni le bois, ainsi que ceux ayant planté et entretenu les arbres. Il faut également citer, pour le tag, l’inventeur de la peinture, de la peinture blanche précisément, de la peinture blanche en bombe, de la bombe, du capuchon pour ne pas que la peinture sèche, l’inventeur de l’aluminium et du plastique. Mais aussi, sans quoi le tag n’aurait pas existé faute de support, l’inventeur de l’aggloméré, et de la plaque d’aggloméré qu’on pose sur les fenêtres pour les condamner, et de celui ou celle qui a eu l’idée de coller un papier, brun ici, sur l’aggloméré pour faire plus propre (pour la paternité du papier, voir plus haut). Il faut également nommer les ouvriers ayant fabriqué cette plaque, ainsi que ceux qui ont conduit le camion pour la transporter jusque là (et les inventeurs du camion, du moteur, de l’huile, de l’essence et plus généralement de tout ce qu’on trouve dans un camion, et le constructeur), ceux et celles qui l’ont posé, mais également qui en ont donné la consigne. Sans oublier les maçons, contremaîtres, commanditaires qui érigèrent cette maison sur la fenêtre de laquelle on a installé cette plaque, les tailleurs de pierre, charpentiers, architectes, propriétaires et locataires l’ayant entretenue jusque là puis abandonnée. N’oublions pas le bourgmestre ainsi que toute personne ayant contribué à faire une rue à cet endroit-là pour qu’on puisse y faire une maison. Enfin il faut bien admettre que cela n’aurait jamais été rendu possible sans les personnes ayant inspiré tous ceux nommées plus haut, ainsi que ceux qui les ont engendrés et leurs aïeux à eux. Je me rends bien compte maintenant, et alors que je n’ai pas cité les inventeurs de la photo, des smartphones, des internets, des stylo-feutres et j’en passe, que je n’arriverai jamais à faire la liste exhaustive des hommes et femmes sans qui cette image qui restera pour toujours gravée dans les mémoires n’aurait pas existé, mais tout honnête intellectuellement que je suis, je vois mon pourcentage de droits d’auteur potentiels se réduire peu à peu à peau de zob, et je préfère donc m’arrêter là. Bon joueur, je vous laisse le soin d’avertir les autorités compétentes si vous pensez avoir été lésés car votre nom n’apparait pas ici.

Rien à vous raconter aujourd’hui donc. Bien sûr j’aurais très bien pu profiter de l’occasion de cette photo de collage pour vous faire un petit discours sur l’absurdité du droit d’auteur, mais j’ai un peu la flemme.

À demain si tout va bien.

#313 – C’est quand qu’on va où ?

Il y a quelques jours m’est venue une idée. Une grande idée. Une de celles qu’on n’a pas tous les jours. Une qui nous fait nous dire, dis donc toi, t’en as dans la caboche hein, tu finirais président de la république que ça m’étonnerait pas, avec des idées comme ça. Et quelle était-elle donc, cette idée merveilleuse ?

Eh bien voilà, je me disais qu’il me faudrait ouvrir un blog, où j’écrirais un peu chaque jour, sur des sujets divers et variés afin d’améliorer mon écriture en même temps que de vous divertir. C’était donc une très bonne idée, jusqu’à ce que je me souvienne que j’ai déjà un blog, où fut un temps j’écrivais quotidiennement, qui ne m’a jamais permis d’améliorer mon écriture, ni de vous divertir, et dont je paye toujours l’hébergement chaque année. Comme quoi, entre l’idée neuve et celle déjà eue et oubliée, il n’y a qu’un pas.

Plus sérieusement —je sens que vous ne me croyez pas quand je vous dis sérieusement, vous avez tort—, il m’est apparu qu’avec le temps, je m’étais laissé aller à travailler dans ce job alimentaire en supermarché, sans plus rien faire en dehors de ça. Il m’est apparu n’est pas le bon terme. Mon amie me l’a fait apparaître. Elle me l’a fait apparaître en me disant combien il était difficile pour elle de s’imaginer rester avec quelqu’un qui ne souhaitait pas d’enfant, ne s’investissait dans rien, et n’avait plus de passions. C’était donc une apparition douloureuse. J’aurais préféré voir la vierge.

Aussi, pour éviter de perdre la personne qui m’est aujourd’hui la plus chère au monde, et pour moi-même ne pas me perdre totalement, j’ai décidé de me reprendre. Non, je ne veux toujours pas d’enfant, mais pour le reste, disons que ça reste jouable.

Et voilà donc comment, pour me reprendre, je reprends ce blog. Pas le couteau sous la gorge, mais le malheur à venir sur la conscience. Certaines et certains penseront que c’est une bien mauvaise raison de se remettre à l’œuvre. Ce à quoi l’homme que je suis depuis plusieurs mois leur répondra qu’il n’y a que des mauvaises raisons de se mettre à l’œuvre, puisqu’on doit tous crever, autant y aller en silence et anesthésié par les substances adéquates. Voyez comme il est vilain.

Évidemment, le blog n’est qu’un outil pour me pousser à recommencer à faire des choses, rencontrer des personnes passionnantes, et découvrir des lieux où faire des choses et rencontrer des personnes passionnantes. Car si je dois tartiner des lignes de pixels sur vos écrans biscottes —et il ne vous aura pas échappé que je brode toujours d’aussi belles métaphores qu’avant—, il va bien falloir que j’en trouve, des trucs à vous raconter.

D’ailleurs, il me semble que j’ai assez blablaté pour aujourd’hui, et je me figure que j’ai oublié d’agrémenter ce texte d’une image. Voilà donc le chat du voisin qui, dès que je passe la tête par la fenêtre pour fumer une cigarette, entame une baston de regard qu’à ma grande honte je n’ai encore jamais gagnée.

Je profite de cette occasion pour vous rappeler qu’étant loin de ces Sud-de-Francistes de Koinkoin et Gwlad, vous ne trouverez plus ici que des photos prises par mes soins et de la plus haute qualité.

Voilà, si vous voulez me soutenir dans mon entreprise et que mon amie ne me quitte pas, abonnez-vous, cliquez sur la cloche, et dites-moi dans les commentaires si vous préférez les bastons de regards avec des chats ou avec des chiens. J’ai pas de patreon mais j’accepte les virements bancaires.

La bise.

#312 – Ça colle dans les rues d’Ixelles (5)

Et voici quelques stickers de plus aperçus aux alentours des places Fernand Cocq et Flagey à Ixelles :

Précédents articles de la série :
#311 – Ça colle dans les rues d’Ixelles (4)
#310 – Ça colle dans les rues d’Ixelles (3)
#309 – Ça colle dans les rues d’Ixelles (2)
#308 – Ça colle dans les rues d’Ixelles (1)

#311 – Ça colle dans les rues d’Ixelles (4)

Je me dis qu’il faudra intercaler quelques articles sur d’autres sujets entre deux séries de stickers, mais bon. Là j’ai flemme.

Ah, j’ai rajouté 318 stickers pris au mois de mars sur cette page.


Précédents articles de la série :
#310 – Ça colle dans les rues d’Ixelles (3)
#309 – Ça colle dans les rues d’Ixelles (2)
#308 – Ça colle dans les rues d’Ixelles (1)

#310 – Ça colle dans les rues d’Ixelles (3)

Vous reprendrez-bien une fournée de stickers ? Oh que oui, vous en reprendrez. Alors voilà. On n’est pas arrivés au bout, ce matin j’en ai photographié encore 150, et j’ai pas encore attaqué la chaussée d’Ixelles (enfin presque pas).

Comme d’hab si vous n’aimez pas l’aspect feuilletonnant de ces articles, vous pouvez vous rendre sur cette page pour voir tous les stickers que j’ai pu prendre jusqu’à aujourd’hui.

Et maintenant place aux artistes-publicitaires-supporters-militants :

Vous l’avez vu passer, le « je te rembourse lundi » est sans doute le plus célèbre des stickers récurrents de Bruxelles et l’un de ceux qui m’a le plus fait rire quand je le vu la première fois. Il a également été aperçu dans d’autres villes un peu partout dans le monde et son origine reste un mystère. Je vous laisse mener l’enquête, moi j’ai la flemme.

C’est tout pour aujourd’hui, la suite bientôt.


Précédents articles de la série :
#309 – Ça colle dans les rues d’Ixelles (2)
#308 – Ça colle dans les rues d’Ixelles (1)