#361 – Belnouna

Les larmes coulent sur les joues de Cyril Hanouna, et moi je n’ai jamais vu un film de Belmondo. Ni une émission d’Hanouna. Enfin, j’ai vu passer quelques images des deux, mais disons que je n’en ai jamais rien regardé dans son entièreté et de mon plein gré.

Combien de classiques de la grande famille des images qui bougent n’ai-je pas vus ? Beaucoup. En images qui bougent, je manque de culture. Faut dire ce qui est, c’est pour moi souvent franchement ennuyeux. Des images qui bougent pour m’abrutir ça marche bien, des images qui bougent pour passer un un bon moment c’est déjà plus rare.

Oui, le cinéma, la télé, les séries, c’est beaucoup de femmes et d’hommes qui bossent sur des projets collectifs, mettent toutes leurs forces, tout leur savoir faire, à réaliser une grande œuvre. Croyez pas que ça me laisse froid, je suis admiratif. J’aimerais moi-même écrire, ou monter, quelque projet vidéo. Mais voilà, dans les faits, en tant que public, le résultat n’est tout simplement pas souvent à la hauteur de mes espérances. C’est que je me fais des films sur les films, voyez. Or ce ne sont jamais que des films.

Heureusement, je ne souffre pas de ce problème avec la musique, car à la fin un album reste un album. Ce pourrait-être la même chose. Mais je ne sais pas, je n’ai pas la sensation de perdre autant de temps en écoutant de la musique bof qu’en regardant un film mouais. Je ne m’agace pas autant des éléments que je peux y trouver et qui ne sont pas de mon goût. Pourtant les lieux communs, les genres trop bornés, le manque d’originalité, la visée purement commerciale d’une œuvre, peuvent se retrouver en audio comme en vidéo nous sommes bien d’accord. C’est peut-être parce qu’avec la musique, on n’est pas forcé de rester immobile pendant une à deux heures.

Où je veux en venir avec tout ça ? Nulle part, vous voyez bien que je tente désespérément de trouver quelque chose à dire et que je n’y arrive pas. Z’êtes déçu·es ? Je comprends. C’est sans doute pour ça que vous ne lisez plus les blogs.

#358 – Tard le matin

Oh la la, vous êtes déjà là. Désolé je me suis levé tard, vous ai pas entendu arriver. Asseyez-vous. Voulez du jus d’orange ? L’ami Feldo dirait que c’est juste du sucre liquide mais il a la tête tournée, c’est le moment. Des biscottes ? Du plantafin, c’est bon c’est fin ça se mange sans faim ? Et avec ça ? Miel ou confiture ? Non, vraiment, mettez-vous à l’aise. Quoi ? Il est midi ? Oh, on se calme. Dites-vous que c’est un brunch. Ou un leakfast. Et passez-moi le journal tant que vous y êtes. Servez-vous du café en attendant que je trouve quelque chose à recopier sur le blog. Alors, ça non… Ça non. Ça… Mais vous préférez peut-être le jus d’ananas ? Je me souviendrai toujours de mon séjour en Martinique, où les amis de mes parents nous avaient invités et logés. Les jus et les confitures maison, à base de fruits dont je ne mangeais jamais sur le continent… Hein ? Que je me paye des voyages en Martinique ? Pardon, j’avais huit ans. Et si c’est pour faire des remarques comme ça, sortez de mon salon. J’ai traversé une seule fois l’atlantique de ma vie, commencez pas à me traiter de bourgeois. Bon, il faut sucer qui ici pour avoir de la petite friture ? J’aime bien la petite friture au déjeuner. Si vous dites petit déjeuner tant pis pour vous, ce sera long mais ça se soigne. Ou j’en étais ? La Martinique, oui. Je ne sais pas, les petits déjeuners étaient originaux. Bon, ce journal me fait tourner la tête. Les nouvelles sont dégueulasses et puis vous me fatiguez, le matin j’aime être tranquille. Me coupe l’appétit tout ça. Tant pis pour le déjeuner, j’ai changé d’avis. Foutez le camp et laissez-moi de la monnaie pour ce que vous avez déjà consommé.

Non mais.

#353 – Atterrissage en cours

Comme je vous le disais hier, avec l’été qui fout le camp, mon blog a étendu ses ailes et migré sur un nouveau serveur. C’est mon hébergeur qui en a décidé ainsi. Pour vous ça ne change rien. J’ai même l’impression que le blog charge beaucoup plus vite maintenant. Ce n’est peut-être qu’une impression. Vous me direz.

Quoi d’autre ? Rien. Il fait fort moche. Je passe mes journées, quand je ne suis pas au travail, à coder dans le vent. Rien ne marche. Je tourne en rond. Je crois que je vais laisser ça de côté un moment. Savoir s’avouer vaincu, tout ça tout ça.

Il faudrait que je trouve quoi faire mardi et mercredi. Je vous parlais des deux jours de congés consécutifs que je n’avais pas eu depuis des mois, et bien ça y est. Mardi et mercredi. Je n’ose pas vraiment y croire. On va encore m’appeler pour remplacer quelqu’un l’un des deux jours, c’est sûr. Enfin bon, si jamais j’étais vraiment libre ces deux jours-là, j’aimerais faire autre chose que de rester chez moi à coder dans le noir. Commence à me lasser.

#352 – Laissez-moi chômer

Aujourd’hui, c’est un de mes jours de repos. Je ne suis donc allé travailler que de 12h à 14h30. Vous me direz, c’est quand même pas mal pour un jour de repos. Oui. Le travail en supermarché, c’est comme ça. Et quand vous habitez à une minute à pieds de votre lieu de travail, c’est encore plus comme ça. Depuis quand n’ai-je pas eu deux jours consécutifs de repos ? Je crois que c’était il y a trois ou quatre mois. Dans un mois cela fera un an que je n’ai pas eu de vacances. Et sur cette année je peux compter sur mes dix doigts le nombre de fois où j’ai eu deux jours de repos consécutifs.

Vous sentez que j’essaie de vous faire comprendre quelque chose hein ? Allez, ne passons pas par quatre chemins. Je suis fatigué. Je ne veux pas rédiger cette note de blog. Je veux fumer dans mon fauteuil en regardant des images qui bougent toutes seules. Voilà.

Ah oui ! Demain mon hébergeur migre je ne sais quoi je ne sais où. Il est donc possible que je sois incapable d’accéder au site et que vous n’y arriviez pas non plus. Si c’est le cas, ça me fera deux jours consécutifs sans avoir à me creuser la tête pour vous sortir des banalités au final. Ce sera toujours ça de pris.

#350 – Le temps et l’argent

C’est un plaisir d’apprendre à programmer dans p5.js. On peut très rapidement faire des choses visuellement intéressantes. Du moins tant qu’on suit un tutoriel. Dès qu’on sort des exemples donnés par contre, on est perdu. En tout cas je le suis. Connais pas JavaScript, tâtonne comme une taupe sortie de sa galerie un jour de grand soleil.

Ça ne m’empêchera pas de continuer, les possibles usages sont trop excitants maintenant que j’en ai eu un aperçu, mais je sais que ça me prendra un temps fou de m’améliorer. Cela dit, c’est la même histoire dans chaque domaine technique ou artistique quand on part de zéro.

Aujourd’hui donc, après être sorti faire un tour en ville pour profiter du beau temps, car je ne suis pas véritablement une taupe j’espère que vous aviez compris qu’il s’agissait là d’une simple comparaison, je me suis dit tiens, je ne travaille pas avant 17h, je vais essayer de programmer quelque chose et de partager le résultat sur le blog avant de partir. Voyez comme je suis naïf.

J’ai passé les cinq heures suivantes à échouer lamentablement dans ma quête de génération d’un réseau de veines pseudo-réaliste, alors qu’il s’agissait simplement de modifier à peine un code déjà présent sur le net. Il me reste désormais moins de dix minutes pour rédiger ma note de blog et je n’ai rien à vous présenter.

Reprenez un sticker.

Vu a Ixelles. Typo intéressante, message d’intérêt général, c’est ce que j’appelle de l’art.

Malheureusement, ma condition financière actuelle m’oblige à choisir à chaque repas. C’est frites OU salade. Ceux qui peuvent se payer les deux n’imaginent sans doute pas le luxe dans lequel ils mènent leur existence. Sur ce, laissez-moi aller me faire exploiter par le grand capital, sans ça ce soir je devrais me contenter d’une simple vinaigrette.

À demain.

#347 – Des faits

  • Paragehyra est un genre de gecko de la famille des Gekkonidae.
  • La 49e édition du Circuit de Wallonie a eu lieu le 21 juin 2015.
  • Les piscines de Salomon ou vasques de Salomon, ou étangs de Salomon sont situées au Sud-Ouest de Bethléem, près du camp de réfugiés de Dehaishe.
  • Le xian de Maqu ou Machu Dzong est un district administratif de la province du Gansu en Chine.
  • Adaure est l’une des neuf paroisses civiles de la municipalité de Falcón dans l’État de Falcón au Venezuela.
  • L’autoroute A5 est une autoroute de Croatie longue de 55,5 kilomètres.
  • Le titre de Meilleure défenseure de la saison WNBA (dénomination officielle : Women’s National Basketball Association’s Defensive Player of the Year Award) est une récompense décernée par la ligue féminine de basket-ball de la Women’s National Basketball Association (WNBA).
  • María Gabriela Martínez Gascón, née le 3 janvier 1983 à Ciudad Bolivia, est une escrimeuse vénézuélienne dont l’arme de compétition est l’épée.
  • Le musée rhénan de Trèves est l’un des principaux musée archéologiques d’Allemagne.
  • Jonas Nay, né le 20 septembre 1990 à Lübeck en Allemagne, est un acteur et musicien qui après plusieurs participations à des séries télévisées allemandes est l’acteur principal dans la série allemande Deutschland 83 et sa suite.

Dix faits. Dix choses que vous ignoriez, dix choses dont je n’ai absolument rien à faire. L’espèce humaine est bien décevante.

#327 – Opinions de la tête

On ne m’a jamais interviewé. Entretenu oui, mais interviewé jamais. Pas une seule fois un journaliste n’est venu, avec son micro ou son petit carnet, me faire parler de moi ou d’autre chose. Je n’y avais jamais pensé jusqu’à aujourd’hui, mas je dois avouer que cela me trouble.

Évidemment, je me doute qu’aucune personne sensée ne tomberait sur ce site sans me connaître d’abord. Je n’ai pas de statistiques, mais j’imagine que nous sommes à une visite tous les trois jours si l’on ne prend pas en compte celles de mon amie. Combien y a t’il de chances que cette personne tous les trois jours, donc, soit journaliste ? Pas beaucoup.

Mais même sans qu’on m’interroge sur l’ensemble pourtant riche et génial de mon œuvre, jamais aucun journaliste n’est venu non plus recueillir mes impressions, mon opinion, sur tel ou tel aspect de la vie, évènement, catastrophe…

Quoi alors, j’ai pas la tête à pouvoir parler des inondations, d’art contemporain, de la rénovation de ma rue, des déclarations du ministre, de la reformation de ce groupe de rap ou de la jeunesse que c’est plus ce que c’était ? Pourtant j’en connais, des amis, des oncles, des parentes éloignées, des copains d’une copine, qui sont passés à la télé, à la radio, à l’occasion d’un reportage ou d’un micro trottoir ! Et pas moi. Injustice.

Serait-ce parce que dès que je vois une caméra en ville, je passe illico dans son angle mort, sur l’autre trottoir ou dans une rue parallèle ? Ou parce que j’évite le regard des tendeuses de micro comme des distributeurs de prospectus ? Je veux bien que ça joue mais enfin…

Cela dit, en y réfléchissant, quand on me demande ce que je fais de ma vie, comme travail ou artistiquement, je me mets à balbutier, je baisse les yeux et je change de sujet très vite. Quand on me demande mon opinion, je réponds que je ne sais rien, ou alors quelque chose de très déprimant qui ne laisse que peu de place à l’espoir et à un quelconque développement.

Non, non, vous avez raison. En vérité, c’est très bien qu’on en m’ait jamais interviewé.

#323 – Les jours se suivent comme des moutons

Levé à 8h du matin, couché à 6h du matin. Telle fut la journée d’hier. Aujourd’hui, j’ai mal au crâne et de légères nausées. Dans deux heures, je dois être au travail. Ça va pas être joli.

Mais ce fut une très belle journée, riche en émotions.

J’ai acheté des livres pour la première fois depuis deux ans. Avant, avec tous ces déménagement, je n’osais pas. À Bruxelles, les livres, comme la bouffe, coûtent une blinde. Faudra que je pense à m’inscrire à la bibliothèque.

Je comptais me mettre à les lire, quand nous nous sommes montré nos têtes. Oui. Un petit groupe de moins d’une dizaine de personnes qui parlons chaque jour sur internet depuis plus d’un an. Je dis chaque jour, j’exagère presque pas. Sur une année, il y a peut être une trentaine de jours en tout durant lesquels le serveur de discussion est resté silencieux. On se parlait donc, depuis plus d’un an, développant de vrais liens d’amitié, et on savait même pas à quoi ressemblaient les uns et les autres. Maintenant on sait. Surprise, nous somme tous beaux et belles. Si on l’avait pas été ça n’aurait rien changé. C’est du bonus.

Je me disais que juste après que l’effervescence du moment soit passé, j’allais enfin lire mes bouquins. Mais mon téléphone a sonné. Des collègues de travail m’invitent à faire un repapéro. Bien sûr, je dis oui. Ça fait trois ans que ma vie sociale, hors internet, est au point mort, je ne vais pas refuser de venir quand quelqu’un pense à m’inviter. C’était chouette, on a très bien mangé, on a beaucoup parlé, bien bu aussi et joué au Carrom, ou billard indien. Connaissais pas. Connaissiez ? Bien plus sympa que le billard traditionnel. On risque pas de trouer le tapis, il n’y en a pas. Pas de boules mais des palets, pas de canne, on joue avec les doigts. Essayez si vous en avez l’occasion, et si vous n’avez pas les doigts tordus comme moi.

Voilà, vous savez tout. Maintenant laissez-moi me recoucher une demie heure. Avec un peu de chance, je n’aurais plus les yeux rouge en me re-réveillant. Je ne prends pas le temps de relire cet article. Si vous trouvez des fautes, gardez-les. Trouvé c’est trouvé, reprendre c’est voler.

Autocollant se trouvant quelque part dans Ixelles.

#284 – Le temps passe mais pas tant que ça

Aujourd’hui je vis mon troisième vendredi de la semaine. Si si, je vous assure, comme dans ces histoires de science-fiction ou d’horreur dans lesquelles le personnage revis jour après jour la même journée. Comment est-ce possible, hein ? Eh bien avant-hier, mercredi, j’ai cru toute la journée qu’on était vendredi. À un moment mon amie m’a bien parlé de « ce week-end qui arrive » mais comme elle n’a pas relevé mon « donc demain quoi » (ce qui prouve bien que personne ne m’écoute (ou qu’elle a trop l’habitude de m’entendre dire n’importe quoi)) je ne me suis rendu compte de rien. Ce n’est que le soir, tard, avant d’aller au lit qu’elle m’a fait remarquer que non, « demain ce n’était pas le week-end. » Zut, que je me suis dit, je suis bien bête. J’en ai donc déduit qu’on était jeudi et je me suis couché.

Hier, jeudi, j’étais donc persuadé qu’on était vendredi. Ben si, puisque mercredi s’était en fait avéré n’être pas la veille du week-end. Je m’étais dit que je m’étais trompé d’un jour, voilà tout, j’étais loin de me soupçonner d’être assez con pour me tromper de DEUX jours… Et comme hier nous n’avons pas parlé de ce week-end avec mon amie, je n’ai pas pu être détrompé une nouvelle fois. Ce n’est qu’en sentant mon amie sortir du lit tôt ce matin et en ne la voyant pas revenir tard dans la matinée que j’ai commencé à me demander où elle pouvait bien être. Je fus, je dois l’avouer, assez surpris en apprenant qu’elle était au travail dans sa réponse à mon SMS.

Voilà donc comment je vis aujourd’hui mon troisième vendredi de la semaine. Vous pouvez applaudir.

Bon, mais paradoxalement, sans que je m’en rende compte, il se sera bientôt passé un an sans que je fasse réellement de musique. Pas possible ? Si. À Lyon, dans notre petit appartement de 22 m² pour deux, je n’en avais pas vraiment la place. Maintenant que je suis en République Tchèque, j’ai la place. Sauf que tous mes instruments sont encore à Lyon et chez mes parents un peu plus au sud encore que Montpellier. C’est donc pas tout de suite que je vais pouvoir m’y remettre comme j’aimerai.

MAIS ! Puisque j’ai dit qu’il y aurait de la musique sur ce site (je sais plus quand je sais plus où mais j’ai bien dû le dire un jour) j’ai ouvert ici même un nouveau blog dédié :

Musicouilleur

(accessible depuis le menu principal en haut du site)

Je l’ai créé indépendant du blog principal (en apparence, puisque dans les faits c’est le même mais les articles de la catégorie musicouilleries apparaissent là-bas et pas ici) parce que je compte le mettre à jour fréquemment et y faire figurer à terme tous mes morceaux vieux ou récents, courts ou longs, cools ou chelous, et je souhaiterai éviter que le blog principal ne soit noyé là dedans.

C’est que la plupart des morceaux sont plus vieux, courts et chelous que récents, longs et cools et j’ai peur d’ennuyer celles et ceux qui s’en tapent de mes petites expérimentations sonores. Je n’ai pas non plus envie que le blog principal devienne uniquement une vitrine pour mes propres fabrications, je veux qu’il reste un endroit où je peux parler du reste du monde aussi.

Chaque article de ce blog musical sera donc consacré à un morceau, ou à un petit ensemble de morceaux s’ils s’y prêtent, et comprendra :

  • le morceau en question à écouter en ligne
  • la vidéo d’accompagnement s’il y en a une
  • les paroles s’il y en a
  • un commentaire du morceau avec anecdotes et infos sur le contexte dans lequel il a été fait
  • des liens de téléchargement vers l’audio et la vidéo s’il y en a.
  • un espace pour poster vos commentaires (pour l’instant « laisser un commentaire » n’apparait pas à côté des articles, mais il suffit de cliquer sur le titre de l’article et d’aller à la section commentaire tout en bas)

Parce que les morceaux ont beau être plutôt vieux (pour l’instant), courts et chelous, ça n’empêche pas qu’ils sont là et qu’il sera toujours plus intéressant de les consulter de cette manière que par une simple liste de 300 fichiers téléchargeables (qui existera cela-dit aussi et sera bientôt accessible depuis la partie Archivouilleur du site).

En espérant que vous y trouviez des trucs qui vous plaisent. La bise.

#280 – Quattuor equites apocalyptici pragensis

Eh oui. Ce matin, profitant du beau soleil d’août que ça va pas durer, je me promenais tranquillement dans les rues de Prague sans me demander pourquoi je croisais un T-shirt Metallica toutes les deux minutes (un T-shirt avec quelqu’un dedans, entendons-nous bien, mais là on s’en fout du quelqu’un dedans). Non, je ne me le demandais pas, pourquoi, car je savais. Vendredi, un ami habitué de la ville apprenant que j’allais y arriver hier me demandait : « Tu vas voir Metallica dimanche ? Avec Ghost en première partie. C’est à l’Aéroport Letňany. » Je lui répondais que je n’en avais même pas entendu parler. Il me répondait à son tour que de toute façon il n’y avait sans doute plus de places.

Ce qui était faux. Le concert est ce soir et il y a encore des places. Des places à 160€. Vous me voyez donc bien désolé James, Lars, Kirk et Robert, mais je ne viendrai pas vous faire coucou depuis les gradins. Quant à vous, les musiciens de Ghost, je ne sais déjà pas ce que vous jouez comme musique, alors vos prénoms… Mais ne soyez pas fâchés, j’apprécie que les titres de vos albums soient en latin. Puisque j’essaie d’apprendre le latin. D’une manière générale, j’apprécie tous les efforts faits pour que la langue ne tombe pas totalement en désuétude avant que j’aie fini de l’apprendre.

Va donc falloir se faire une raison, ce soir je n’entendrai pas en direct les doux CRH-CRH-CRH-CRH-CRH-CRH qui ont bercé mon adolescence, et je ne découvrirai pas non plus ce groupe concept suédois dont on m’a tant vanté les costumes de scène (étonnamment jamais la musique). Ben allons-y, donc, faisons-nous une raison : Metallica, c’est peut-être sympa, mais leur merchandising de masse à la con qui fait qu’on retrouve de leurs T-shirts non seulement aujourd’hui dans tout Prague, mais également chaque jour jusque dans les coins les plus reculés du monde, me fait gerber. Metallica, si on regarde les choses en face, c’est 10% de musique, 90% de marketing. James Hetfield, si on regarde bien les choses en face, c’est un mec qui, mis à part faire de la musique, préfère plus que tout rouler en pseudo-dragster au dessus des limites de vitesse et aller braconner des ours en Sibérie complètement pété à la vodka. Lars Ulrich, si on regarde bien les choses en face, c’est Lars Ulrich.

Ah ! Voilà voilà, je me sens mieux. Ce soir, peuvent bien s’électrocuter avec leurs guitares de merde ces petits cons quinquagénaires ! Peuvent bien taper des poings et des pieds sur le sol, me supplier à genoux, non, non, non, j’irai pas les voir. Cavaliers de l’apocalypse, ça ? Dresseurs de poneys de fête foraine à gros budget, ouais.

Okay, okay. Je suis bien dégouté. Je dis des méchancetés et je les pense, mais si les places avaient été à moins de 50€, j’aurais fait mon tour de chapiteau, comme tout le monde.

On reparlera un jour de pourquoi les artistes peuvent bien souvent être classés parmi les plus gros manipulateurs au monde, avec les hommes politiques et les entrepreneurs, et de pourquoi il est vital pour eux de s’attaquer à leurs victimes dès l’adolescence. Ça oui, on en reparlera. Un jour. Peut-être.

DÜRER, Albrecht. « Les quatre cavaliers de l’apocalypse ». L’apocalypse de Saint Jean. 1497.