#349 – Rien de rien

Les jours où je ne sais pas quoi raconter ici ne sont pas des bons jours. Hier, par exemple, n’en était pas un, je n’ai rien posté. Aujourd’hui non plus, mais je me force.

Si je n’ai rien à raconter, c’est que je n’ai pas vécu grand chose, ou rien appris de nouveau, ou rien fabriqué, ou envie de rien, ou que je suis très fatigué. Bon. Mais alors, pourquoi ne pas écrire une note de blog non pas quotidiennement, mais seulement quand j’ai quelque chose à raconter ? C’est bien normal, en tant que lectrice ou lecteur, de se poser la question ainsi. Je préfère également la qualité à la quantité. Mais pas en tant que moi qui tient un blog.

J’essaie de me discipliner. J’ai très facilement tendance à ne rien faire, ou à laisser tomber ce que je m’étais dit que je ferais. Je ne vois pas bien à quoi cette tendance personnelle pourrait bien me mener si je ne faisais rien pour la contrer, mais je suis convaincu qu’en tout cas elle ne m’aiderait pas à mener une vie plus agréable sur le long terme. C’est pourquoi je me force chaque jour à écrire quelque chose. Pour contrer ma nature. Évidemment, ce n’est pas la seule chose que je fais dans ce but, mais ça fait partie du package.

Pardon ? Vous plaisantez j’espère. Si vous êtes chaque jour heureuse ou -reux sans avoir le moindre effort à fournir pour l’être, c’est vous qui êtes bizarre.

Mais il y a également le fait que je ne suis jamais très fier de ce que je fais. Ou alors pas longtemps. Il peut m’arriver d’être satisfait une journée ou deux d’une mélodie, d’un texte ou d’un dessin aboutis, mais ça ne dure pas. Dès les 48h passées, j’ai souvent la sensation que cela n’est rien, que je n’aurais jamais dû le partager, et une grande honte m’assaille alors. La honte c’est pire que tout. La honte me donne envie de ne plus exister. Malheureusement, je crois devoir admettre que c’est souvent la peur et la honte qui motivent mes actions quand je ne me surveille pas.

Imaginez donc si, n’écrivant un article que lorsque j’estime que j’ai quelque chose de digne d’intérêt à dire ou à montrer, je devais assumer la qualité de ce que je fais. Impossible. En postant quotidiennement, j’espère que quelques personnes trouveront au milieu de tout ça une ou deux choses à leur goût, mais je me protège puisque j’ai toujours la possibilité de dire tu sais, quand on doit poster tous les jours, c’est normal que la plupart du temps ce soit mauvais.

Si, et je dis bien si, je ne devais poster que quand j’estime avoir quelque chose de digne d’intérêt à montrer ou dire, je ne posterais donc jamais. Ou alors, j’effacerais mes notes au bout de 48h.

Si vous êtes fins raisonneurs, vous pourriez opposer à ma démarche le fait qu’il serait sans doute plus important de travailler à assumer de ne poster que des choses que j’estime d’intérêt sur le moment, et à ne pas laisser peur et honte me dominer ainsi. Mouais. Peut-être un jour. Ça ne résoudrait de toute façon pas l’aspect se tenir à une discipline de la chose. Alors pour l’instant, vous allez encore vous farcir du quotidien à qualité variable. Ne croyez pas que je n’ai pas également honte de ça aussi.

Hein ? Oui, toutes ces images sont réalisées sur Affinity Designer à partir d’étoiles générées en SVG dans le Regular Star Polygon Generator. C’est bien, vous suivez mine de rien.

#348 – Regular Star Polygon Generator

R.S.P.G. pour les intimes.

Hier vous avez eu droit à l’un des pires articles depuis la création du blog, mais aujourd’hui, j’ai pas chômé.

J’ai réussi à le coder entièrement, ce générateur à polygones réguliers étoilés. Ça m’aura pris du temps, mais il est là. Comme dit précédemment, je l’ai fait sur p5.js Avec, on peut obtenir des étoiles comme ceci :

J’ai même ajouté quelques options. Tout à base de boutons, pas à mettre un seul chiffre dans une seul ligne de code. C’est prémâché.

Le générateur permet d’exporter en .png, mais surtout en .svg !
Car, bien sûr, l’intérêt principal de ce générateur est d’obtenir rapidement l’image vectorielle d’une étoile parfaitement régulière afin de pouvoir facilement la modifier pour s’en servir dans différents projets graphiques.

=> R.S.P.G. <=

#342 – Starstickers

Dernière fournée d’étoiles. Après, on reviendra à un peu de blabla. J’écoule les stocks. Pas eu grand chose à dire ces derniers jours. Pas eu trop envie non plus.

Ce truc-là, comme les précédents, a été fait pour Numéro 0. À cette période, je photographiais tous les stickers d’Ixelles. Parallèlement, j’essayais de programmer un générateur de polygones réguliers étoilés sur processing. J’ai pas réussi. Celle-ci est dessinée au pifomètre. Je ne baisse pas les bras, mais mon niveau en maths et en programmation ne me laissent pas grand espoir d’y arriver par moi-même.

Et donc, je me disais, faire un sticker ce serait pas mal. Tentons avec une étoile.

polygone à 11 côtés

étoile à 11 branches

Bon. Voilà. C’était un test. J’estime pas ça assez bon pour en imprimer une centaine. Et puisque je n’arrive pas à programmer un générateur qui me permette de les dessiner proprement en quelques clics, c’était la première et dernière tentative de starsticker.

Dommage, je voulais faire une série, présentant tous les modèles de polygones de 5 à… je ne sais pas 12, 13 côtés peut-être plus. Ça en fait un paquet, en comptant que pour 7, 9, 11 et 13, entre autres, côtés, il y a différentes manières de relier les points entre eux qui donnent différentes étoiles. Par exemple il y a quatre façons de dessiner un tel polygone à 11 côtés :

Cette image est piquée de cette page wikipédia.

Ces polygones ont chacun onze sommets. Selon qu’on en relie 1 sur 2, 1 sur 3, sur 4 ou sur 5, on obtient ces différentes formes.

Enfin bref, pas question que je me tape ce travail sans avoir des étoiles parfaites et rapides à générer.

En bonus (quel bonus ! vous vous dites), les deux versions sur fond transparent, pour les qui aimeraient se les imprimer.

#341 – Speen

Alors alors, oui. Hier il y a eu comme un raté. Je devais vous poster le gif jumeau du précédent. J’ai oublié. Complètement oublié. C’est ça d’avoir des horaires et des jours de travail qui changent toutes les semaines. Finit par ne plus s’y retrouver.

Enfin bon, raté pour raté, le second gif, je ne vais pas l’afficher.

Non, il est trop volumineux. J’ai de la peine pour votre connexion et votre forfait data. 50Mo et quelques. Si vous voulez le voir dans toute sa lourdeur inutile :

CLIQUEZ ICI


#340 – Weeve

Quelques images aujourd’hui. L’une qui bouge. Les autres qui bougent pas.

Comme d’habitude si vous cliquez sur image ça vous l’ouvre dans une nouvelle fenêtre en plus grand. Faudra que je règle ça un de ces jours.

Un de ces jours aussi, faudra que je vous cause des polygones réguliers étoilés. Mais là, je vous avoue que j’ai un peu la flemme.


#337 – 柊キライ (Hiiragi Kirai)

Un peu de musique cheloue.

Je vous ai déjà parlé ici du logiciel de musique Vocaloid, un synthétiseur permettant de créer des lignes de chant, musique et paroles. C’est un logiciel de Yamaha, principalement utilisé par des musiciens japonais.

Malheureusement, en cherchant sur internet, on trouve plus de cercles de fans des personnages associés aux banques de sons du logiciel que de bonne musique. La plupart des morceaux trouvables sur le web sont soit complétement amateurs et manquent de finition, soit répondent entièrement aux codes de la j-pop commerciale, que j’ai particulièrement beaucoup de mal à apprécier dans son ensemble.

Mais, il existe quelques artistes qui se concentrent vraiment sur l’aspect musical de leur production, s’inscrivent dans le courant pop sans s’y dissoudre totalement, et viennent se frotter à cette vocaloidmania par le truchement de sons recherchés, à la limite de l’attendu et de l’expérimental, sans essayer de vous vendre des figurines, des posters ou des coussins à l’effigie d’un personnage d’animation.

C’est pour moi le cas de l’artiste Hiiragi Kirai (柊キライ), pour lequel je serais bien incapable d’écrire une biographie, même courte.

(si vous ne connaissiez pas déjà, appréciez l’intégration des commentaires directement sur la vidéo caractéristique de la plateforme niconico)

Tout en étant bien sûr influencé par la musique pop de son pays, le Japon, Hiiragi Kirai fait de bons mélanges étranges. Les paramètres des banques de son (les voix donc) sont chez lui poussées à leurs extrêmes et déformées, coupées, scratchées de diverses manières, ce qui confère un côté étrange, hors de ce monde, inquiétant, à ses musiques. On peut sentir des influences electro, rock, pop, jazz, afro-cubaines et baroques dans l’ensemble des morceaux de l’artiste. Cela peut parfois rappeler les mélanges electro-rock-jazz manouche tant à la mode par chez nous au début des années 2000.

Mais chez Hiiragi Kirai, il y également une volonté d’intégrer des dissonances, des instruments (dont la voix) qui sonnent faux, ou à peine justes et qui rendent le tout moins facilement intégrable à l’idée qu’on se fait d’un morceau mainstream. Ces dissonances voulues soulignent les thèmes sombres que l’on retrouve dans les paroles, et les voix qui déraillent complimentent très bien les émotions instables et hors de contrôle des personnages.

(dans cette chanson, par le choix de sons, la composition et l’esthétique de la vidéo l’accompagnant, on reconnait un hommage aux musiques de Yasushi Ishii, compositeur de la bande son d’Hellsing, entre autres)

Évidemment, un artiste naissant se cherche. Je ne tombe pas en admiration devant tout ce que produit Hiiragi Kirai. Ses premières musiques ne sont pas de mon goût, l’album sorti même après le premier succès (tout relatif, 1 750 000 de vues sur la plateforme niconico en deux ans) d’un de ces morceaux, ne m’a pas franchement emballé. Mais voilà, reste que de temps en temps, je vais voir ce qu’il fait et tombe sur un petit objet musical curieux pas dénué d’intérêt ni de charme.

On commence à sentir qu’il a trouvé le bon filon, la formule qui va bien. Mais est-ce un mal ? Pour l’instant, alors que je vois très bien quels éléments il me ressort à tous les morceaux, il reste assez de variations dans tout le reste pour me procurer assez de plaisir à l’écoute. Hiiragi Kirai est tout de même bien balaise niveau rupture de rythmes et sens de la mélodie.

Au cours de cet article, je vous ai partagé les trois dernières musiques sorties par Hiiragi Kirai, de la plus récente à la plus ancienne, il était donc naturel que je vous quitte sur la chanson qui a attiré mon oreille au tout début, celle qui l’a fait connaitre (tout relativement, comme je disais, il reste un compositeur tout à fait underground à ce jour), sortie en août 2019 :

Je ne sais toujours pas si j’aime ou pas cette musique. Ce que je sais, c’est que parfois, je ne peux pas m’empêcher de l’écouter une dizaine de fois d’affilée. Il y a à la fois quelque chose qui m’attire et autre chose qui me repousse dans ce morceau, et plus généralement dans ses morceaux. Et je trouve ça fort. J’aime ne pas savoir si j’aime. J’aime ne pas savoir quoi faire de cette musique. J’aime qu’elle m’attrape par des détails, et me rende accro car je n’ai pas tout à fait eu ce que j’attendais en l’écoutant et qu’il reste donc un manque à combler.

Dans tous les cas, je garde un œil sur cet artiste.

#335 – Tapixeries

Aujourd’hui, je vous explique comment faire des tapisseries de pixels. Des tapixeries. Je me doute bien que vous n’en ferez jamais, mais bon, c’est là. Si besoin, servez-vous.

Je me ressers de motifs créés pour les besoins de la petite énigme partagée hier, cela dit il n’y a aucun lien avec l’énigme en elle-même. Ne cherchez donc pas la réponse ici.

Je me rends également compte que le blog affiche mal les images avec très peu de pixels et ajoute une sorte de flou dégueulasse par dessus, c’est pourquoi je vous invite à cliquer sur ces dernières pour les voir dans leur taille originale.

Allons-y donc pour le tuto tapixeries.


Sur un canevas carré, dessinez un petit motif.

Sur une grille de 2×2 carrés, placez votre petit motif en respectant une certaine symétrie, pour en faire un plus grand motif.

Faites varier cette symétrie pour obtenir d’autres grands motifs à partir du même petit motif de base.

Créez d’autres petits motifs.

Recommencez les étapes précédentes.

Ensuite, faites en des tapisseries de pixels, en plaçant vos motifs aléatoirement les uns à côté des autres.

Voilà, vous avez gaspillé de nombreuses heures de votre précieuse existence à réaliser quelque chose d’absolument inutile et de même pas vraiment beau. Tant pis pour vous.

#319 – L’art, ce n’est pas une science exacte

Aujourd’hui, alors que je marchais paisiblement, un doute violent m’assaillit. Quel nom donne-t-on déjà à l’art des hommes préhistoriques ?

Je ne me souvenais plus. L’art rupestre ? C’est ça ? Peut-être bien. Mais l’art rupestre ce n’est pas celui qu’on fait tranquillement installé à la campagne ? Non, ça c’est l’art champêtre. L’art champêtre, ne cherchez pas, ça n’existe pas. Pas plus qu’il n’y a de gardes rupestres.

Garde champêtre, c’est un joli nom. En vérité cela veut dire policier. Ce qui est moins bien connoté de nos jours. Il ne faut donc pas le confondre avec le garde forestier. Garde champêtre, en France, c’est policier de la police rurale. Qui n’est pas la même chose que la police municipale. On devrait sans doute appeler les policiers municipaux des gardes villageois, et ceux de la police nationale des gardes intervilles, ce qui rappellerait cette vieille émission rigolote qui rythmait nos étés d’enfance. Enfin bon, monsieur le ministre de la justice française, si vous trouvez la police par trop mal aimée, c’est une idée.

Mais revenons à l’art préhistorique. Alors que je marchais toujours, le terme art pariétal fit un joli pop quelque part dans mon cerveau. L’art pariétal, oui. Ce doit être ça. Ou est-ce autre chose ? L’art pariétal ne serait-il pas le pendant masculin de l’art marital ? Non impossible, le mariage n’est pas un art mais une erreur. Ce doit donc bien être ça, l’art pariétal.

Aussi tôt rentré de ma promenade, je lance une recherche wikipédia. Et voilà donc le fin mot de l’histoire :

L’art sur bloc restera par contre à jamais un mystère.

Vous vous demandez maintenant ce qui a déclenché cette réflexion, et c’est bien normal. Pardon ? Si, faites-moi confiance, vous vous le demandez. Peut-être sans même vous en rendre compte. Et, dans tous les cas, si vous ne vous le demandiez pas, vous vous le seriez demandé dans quelques heures, ça ne fait aucun doute.

Eh bien voilà. Cette question m’est venue car je me demandais comment qualifier cette œuvre :

Magnifique n’est-ce pas ? Ce n’est pas une blague, j’aime beaucoup cette peinture. J’aime croire qu’il s’agit de renards. Renards roux. Animaux présents à Bruxelles. Certains les trouvent envahissants, d’autres adorables. Vous pourrez d’ailleurs tomber, à différents endroits de la ville, sur des renards peints par l’artiste Rose Delhaye, assortis de la phrase : « je ne suis pas un nuisible. »

Personnellement, j’irais pas les caresser mais enfin, ils ont le droit de vivre comme nous et, pour ma part, même en me promenant tard, je n’en ai encore jamais croisé.

Mais cette peinture-ci, art rupestre ou pariétal ? Pensez-vous que je sois allé me promener dans une grotte ? Non. Car j’ai peur des araignées. Voici donc cette peinture dans son environnement naturel :

XXV est-il le nom de l’artiste ? Nous ne le saurons pas.

Art rupestre donc.

Enfin… Le béton, ça compte pour de la roche ?

#318 – Découvrir la ville

Fraîchement débarqué à Bruxelles, je…

Je ne sais pas si on peut dire fraîchement débarqué quand on est là depuis dix mois. Même si j’ai passé les six premiers à bosser comme un âne, enfermé dans un supermarché. Essayons autre chose.

Débarqué à Bruxelles, je me…

Oui mais alors là, on perd le côté petit nouveau dans le coin. Ça ne m’arrange pas puisque je veux vous causer du fait que je ne connais pas la ville et que j’y découvre donc chaque jour de nouvelles choses. Et puis je suis arrivé par route et pas par mer, débarqué ne convient pas franchement. Bon.

Arrivé en bus à Bruxelles il n’y a pas si longtemps, mais pas non plus très peu de temps, je découvre chaque jour un peu plus cette magnifique capitale.

C’est vrai que c’est beau, des parcs toutes les trois rues, des architectures foisonnantes ! Tournez la tête à gauche, vous verrez un immeuble Haussmannien, tournez la tête à droite, vous verrez…

Nom de dieu…

Je…

C’est…

Qu’est-ce…

Écoutez, tout compte fait, je vais peut-être rester enfermé à bosser six mois de plus.

#314 – Recopieur !

Ce matin, je me suis levé tôt. En manque d’inspiration, je me suis dit qu’une petite balade, en plus de me faire tomber le gras du bide et de m’emplir les poumons du bon air sain du centre-ville, m’aiderait sûrement à la trouver. L’inspiration, c’est quelque chose ! C’est quelque chose qui vous donne envie de faire quelque chose. C’est quelque chose qui vous donne parfois une idée précise du quelque chose à faire. Mais attention ! Si l’idée est trop précise, ce n’est sans doute plus de l’inspiration mais du plagiat.

Et voilà, j’ai marché, marché, marché… et rien n’est venu. Alors cinq minutes avant de rentrer, j’ai pris la photo du premier truc qui me tombait sous les yeux. Un collage qui m’a fait sourire en passant. On ne peut pas dire que la photo soit très inspirée, ni originale, ni complètement du plagiat même si je profite du travail d’un·e autre pour faire le mien alors que je n’ai pas d’idée. Après tout, il y a des livres entièrement constitués de photos de street art dont les bénéfices ne vont qu’aux éditeurs et photographes.

Crédits : Photo de moi. Dessin et collage de… Janki ? Jonki ? Tanki ? Tonki ? Janla ? Tonla ? Tarki ? On lit pas très bien. Tag derrière le collage de Roni ? Les plagiaires et voleurs de paternité s’arrêteraient là, mais nous savons vous et moi que cela relèverait de la malhonnêteté intellectuelle. Cette photo n’aurait en effet jamais pu exister sans le papier sur lequel est réalisé le dessin qui en est l’objet principal. Papier que beaucoup pensent être une création de l’Égyptien monsieur de Papyrus, mais qui à la vérité, de ce que l’on en sait, est l’invention de monsieur Cai Lun (prononcer 蔡伦 ). Il ne vous aura pas échappé que ce papier est collé, créditons donc l’inventeur de la colle, du premier ou de la première à en avoir enduit un papier. Évidemment, il faut également citer l’entreprise ayant fabriqué ce papier-ci précisément, entendons par là toutes les personnes y aillant travaillé, du PDG au personnel de ménage empêchant au quotidien le lieu de devenir un dépotoir, permettant ainsi d’y travailler dans des conditions tolérables, sans oublier les ingénieurs ayant soigneusement étudié le grammage idéal du papier, la texture, et la brillance adéquates, ainsi que les matériaux à utiliser pour y parvenir. Mais cela serait oublier les personne ayant débité et fourni le bois, ainsi que ceux ayant planté et entretenu les arbres. Il faut également citer, pour le tag, l’inventeur de la peinture, de la peinture blanche précisément, de la peinture blanche en bombe, de la bombe, du capuchon pour ne pas que la peinture sèche, l’inventeur de l’aluminium et du plastique. Mais aussi, sans quoi le tag n’aurait pas existé faute de support, l’inventeur de l’aggloméré, et de la plaque d’aggloméré qu’on pose sur les fenêtres pour les condamner, et de celui ou celle qui a eu l’idée de coller un papier, brun ici, sur l’aggloméré pour faire plus propre (pour la paternité du papier, voir plus haut). Il faut également nommer les ouvriers ayant fabriqué cette plaque, ainsi que ceux qui ont conduit le camion pour la transporter jusque là (et les inventeurs du camion, du moteur, de l’huile, de l’essence et plus généralement de tout ce qu’on trouve dans un camion, et le constructeur), ceux et celles qui l’ont posé, mais également qui en ont donné la consigne. Sans oublier les maçons, contremaîtres, commanditaires qui érigèrent cette maison sur la fenêtre de laquelle on a installé cette plaque, les tailleurs de pierre, charpentiers, architectes, propriétaires et locataires l’ayant entretenue jusque là puis abandonnée. N’oublions pas le bourgmestre ainsi que toute personne ayant contribué à faire une rue à cet endroit-là pour qu’on puisse y faire une maison. Enfin il faut bien admettre que cela n’aurait jamais été rendu possible sans les personnes ayant inspiré tous ceux nommées plus haut, ainsi que ceux qui les ont engendrés et leurs aïeux à eux. Je me rends bien compte maintenant, et alors que je n’ai pas cité les inventeurs de la photo, des smartphones, des internets, des stylo-feutres et j’en passe, que je n’arriverai jamais à faire la liste exhaustive des hommes et femmes sans qui cette image qui restera pour toujours gravée dans les mémoires n’aurait pas existé, mais tout honnête intellectuellement que je suis, je vois mon pourcentage de droits d’auteur potentiels se réduire peu à peu à peau de zob, et je préfère donc m’arrêter là. Bon joueur, je vous laisse le soin d’avertir les autorités compétentes si vous pensez avoir été lésés car votre nom n’apparait pas ici.

Rien à vous raconter aujourd’hui donc. Bien sûr j’aurais très bien pu profiter de l’occasion de cette photo de collage pour vous faire un petit discours sur l’absurdité du droit d’auteur, mais j’ai un peu la flemme.

À demain si tout va bien.