#325 – Et à part Colin, qui veut sa baffe ?

Je vous l’ai dit, il y a trois jours j’ai acheté des livres en bonne quantité. Dans le tas, Trésor de la poésie populaire française de Claude Roy (Guilde du Livre, Lausanne, 1954). Je ne vous mens pas, dans les cinq premières chansons que j’y ai piochées au hasard, il y avait ces trois-là. À vous d’en trouver les points communs entre elles, ainsi qu’entre celles-ci et Colin prend sa hotte.

La fille des sables

Dans la ville des sables,

Y a-t-un’ fille à marier.

Sur le bord de la mer

Elle est là qui écoute

Le marinier chanter.

— Apprends-moi z’à chanter !

— Entrez, bell’ dans ma barque

Et je vous l’apprendrai.

Quand la bell’ fut entrée,

Au large il a poussé.

De frayeur, de tristesse,

La bell’ se mit à pleurer.

— Oh ! qu’avez-vous, la belle,

Qu’avez-vous à pleurer ?

— J’entends, j’entends mon père,

M’appeler pour souper.

— Ne pleurez pas, la belle,

Avec moi vous soup’rez.

— J’entends, j’entends ma mère

M’appeler pour coucher.

— Ne pleurez pas, la belle,

Avec moi vous couch’rez.

L’ont bien fait cent lieu’s d’aive,

Sans rire et sans parler.

Au bout des cents lieu’s d’aive,

La bell’ s’mit à parler.

— Ah! c’est-i’ pas Versailles

Ou Paris que je voës ?

— C’est le château d’ mon père,

Ma bell’, que vous voyez.

Nous y couch’rons ensemble

Le soir après souper.

Quand ell’ fut dans la chambre,

Son lacet a noué.

—Mon épé’ sur la table,

Bell’, pourra le couper.

La belle a pris l’épée,

Dans l’ cœur se l’est plongée.

Maudite soit l’épée,

Celui qui l’a forgée !

Sans la maudite épée

Je serais marié

Avec la plus bell’ fille

Qu’y’ i’ ait à l’évêché.

Elle était aussi droite

Que le jonc dans le pré.

L’était aussi vermeille

Que la ros’ du rosier.


Si j’avais une amie

Si j’avais une amie,

Qu’elle m’aime bien !

De baisers et de fleurs

Je la couvrirai !

Si j’avais une amie,

Qu’elle m’aime bien !

La nuit et le jour

Avec elle dormirais !

Si j’avais une amie,

Qui ne m’aime pas !

La jetterais dans l’eau

Et la ferais noyer !

Si j’avais une amie,

Qui ne m’aime pas !

La couvrirais de paille

Et la ferais brûler !


La belle qui fait la morte

Dessous le rosier blanc

La belle s’y promène

Blanche comme la neige

Belle comme le jour ;

Ce sont trois capitaines,

Tous trois lui font l’amour.

Le plus jeune des trois

La prit par sa main blanche.

— Montez-y, montez, la belle,

Dessus mon cheval gris,

A Paris je vous mène

Dedans un grand logis.

Arrivés à Paris,

L’hôtesse lui demande :

— Et’ vous ici par force

Ou bien par vos plaisirs ?

— Ce sont trois capitaines

Qui m’ont conduite ici.

Vint l’heure du souper,

La belle mangeait guère.

— Soupez, soupez, la belle,

Prenez votre plaisir,

Avec trois capitaines

Vous passerez la nuit.

Au milieu du souper

La belle tomba morte.

— Sonnez, sonnez, trompettes,

Tambours, battez aux champs !

Puisque ma mie est morte

J’en ai le cœur dolent.

— Où l’enterrerons-nous,

Cette aimable princesse ?

Au jardin de son père,

Dessous la fleur de lis ;

Nous prierons Dieu pour elle,

Qu’elle aille en paradis.

Tout au bout de trois jours

Son père s’y promène.

— Venez, venez, mon père,

Venez me déterrer.

Trois jours j’ai fait la morte

Pour mon honneur garder.


Franchement sympathique n’est-ce pas ? Toutes ces chansons, populaires, sont chantées par les campagnes françaises depuis des siècles pour certaines. Sans doute bientôt oubliées totalement, sauf par une poignée d’amateurs de ces restes folkloriques et de professionnels de la musique ancienne. Je trouvais donc intéressant qu’elles soient présentes sur internet, quelque part, afin qu’on se souvienne que les emmerdements et violences que subissent les femmes de la part des hommes sont une constante à travers l’histoire.

Collages d’Anna Pepe sur le Palais de justice de Bruxelles

Si vous pensez qu’on exagère quand on déplore la manière donc certains mecs se comportent avec les femmes, leur forcent la main comme de gros lourdauds pour les plus naïfs, comme de vrais gros cons dangereux pour les plus mauvais, revoyez votre copie en prenant en compte l’accumulation des preuves au cours des siècles. Ces chansons se sont longtemps transmises par le chant, car elles font écho au vécu de beaucoup de femmes.

La preuve qu’elles se sont transmises par le chant et non par les érudits, c’est qu’on en trouve des dizaines de variations dans différentes régions. Je vous invite à lire cet article de Camille Frouin sur lequel je suis tombé en cherchant l’origine de La belle qui fait la morte (spoiler : j’ai pas trouvé). Il y a dans l’article plusieurs variations de cette dernière, ainsi qu’une intéressante réflexion sur le sujet dont nous venons de parler. Tout cela est en plus bien sourcé car, contrairement à moi, Camille Frouin ne bâcle pas ses articles. Attention, je ne critique pas, je constate. Il faut bien des gens rigoureux dans ce monde pour ceux qui aiment ça. Et puis tout le monde n’a pas ma capacité à faire mal les choses et c’est bien normal, j’ai beaucoup travaillé pour en arriver où j’en suis.

Bon. Ne nous quittons pas sur ces tristes chansonnettes, en voilà donc une dernière, issue du même ouvrage de Claude Roy, qui va vous remonter le moral :

Renaud le tueur de femmes

Renaud a de si grand appas

Qu’il a charmé la fille au roi

L’a bien emmenée à sept lieu’s,

Sans qu’il lui dit un mot ou deux.

Quand sont venus à mi-chemin :

— Mon Dieu ! Renaud, que j’ai grand faim !

— Mangez, la belle, votre main ;

Car plus ne mangerez de pain.

Quand sont venus au bord du bois :

— Mon Dieu, Renaud, que j’ai grand soif !

— Buvez, la belle, votre sang ;

Car plus ne boirez de vin blanc.

Il y a là-bas un vivier

Où treize dames sont noyées.

Treize dames y sont noyées,

La quatorzième vous serez.

Quand sont venus près du vivier,

Lui dit de se déshabiller.

— N’est pas affaire aux chevaliers

De voir dame déshabiller.

— Mets ton épée dessous tes piés

Et ton manteau devant ton nez.

Mit son épée dessous ses piés

Et son manteau devant son nez.

La belle l’a pris, l’a embrassé ;

Dans le vivier elle l’a jeté :

— Venez anguilles, venez poissons !

Manger la chair de ce larron !

Renaud voulut se rattraper

A une branche de laurier.

La belle tire son épée,

Coupe la branche de laurier.

— Belle, prêtez-moi votre main,

Je vous épouserai demain.

— Va-t’en Renaud, va-t’en au fond

Epouser les dames qui y sont !

— Belle, qui vous ramènera,

Si me laissez dans ce lieu-là ?

— Ce sera ton cheval grison,

Qui suit fort bien le postillon.

— Belle que diront vos parents,

Quand vous verront sans votre amant ?

— Leur dirai que j’ai fait de toi,

Ce que voulois faire de moi !

Même œuvre que plus haut, toujours par Anna Pepe sur le Palais de justice de Bruxelles, avec un peu de recul.

#321 – Colin prend sa baffe

Combien de fois devrais-je vous le répéter ? Je suis un être d’inconséquence. Ce n’est pas parce que je vous ai dit hier que nous aborderions un nouveau sujet que je m’y tiens aujourd’hui.

Hier, donc, dès la publication de l’article, je reprenais mes recherches sur ce fameux air, et fouillais du côté de la plus vieille source citée sur divers sites. Laquelle est-elle ? Colin prend sa hotte. L’article dit que l’air de cette chanson-là ressemble étrangement à l’air qui nous intéresse, et qu’il fut publié en 1719 par Christophe Ballard.

Pour ma part, je l’ai trouvé dans un livre publié par Christophe Ballard, en effet, mais en 1704 : Brunetes ou petits airs tendres, avec les doubles, et la basse-continue, meslées de chansons a danser. Recüeillies & mises en ordre par Christophe Ballard, seul Imprimeur de Musique, & Noteur de la Chapelle du Roy. Tome second.

Il m’est impossible de résister à écrire ces titres en entiers, c’est comme ça. Vous pouvez retrouver ce livre numérisé sur le site de la bnf ici.

Mais qu’est-ce qui m’a poussé à revenir sur ma parole et vouloir vous le partager aujourd’hui ? D’une le fait qu’il s’agisse encore d’un gougeât qui interagit avec une femme, thème qui à l’air de coller de près à cet air, et de deux le fait que je ne savais absolument pas quoi vous raconter aujourd’hui.

Voilà donc à quoi ressemble cet air de Colin prend sa hotte :

et ce que ça donne une fois joué :

Avec un super son de synthé pourri, j’avais rien d’autre sous la main.

Mais, évidemment, ce sont les paroles qui m’ont intriguées, car on peut y voir un Colin se croyant tout permis, et une Godon ne se laissant pas faire, qui nous rappelle que même avant 1700 le consentement n’était pas une notion purement décorative.

Colin prend ſa hotte,

Et ſon hoqueton :

S’en eſt allé voir

La belle Godon,

Bon, Haut le pied, Fillette,

Ma Mer’ vend du ſon.

S’en eſt allé voir

La belle Godon,

La trouva dormant,

Auprés d’un buiſſon

Bon, Haut le pied, Fillette,

Ma Mer’ vend du ſon.

La trouva dormant,

Auprés d’un buiſſon

Il s’approche d’elle

Luy prit le menton,

Bon, Haut le pied, Fillette,

Ma Mer’ vend du ſon.

Il s’approche d’elle

Luy prit le menton,

La Fille s’éveille,

L’appella Fripon,

Bon, Haut le pied, Fillette,

Ma Mer’ vend du ſon.

La Fille s’éveille,

L’appella Fripon,

J’iray en Juſtice,

J’en auray raiſon,

Bon, Haut le pied, Fillette,

Ma Mer’ vend du ſon.

J’iray en juſtice,

J’en auray raiſon,

Pardonnez la Belle,

A ma paſſion,

Bon, Haut le pied, Fillette,

Ma Mer’ vend du ſon.

Pardonnez la Belle,

A ma paſſion,

La faute en eſt faite,

N’y a point de pardon,

Bon, Haut le pied, Fillette,

Ma Mer’ vend du ſon.

Voilà. C’est pas joli joli.

Vous vous demandez sans doute ce que peut bien vouloir dire « haut le pied, fillette, ma mère vend du son ». Moi aussi. D’après mes recherches, le sens le plus probable en est : « Godon, dépêchons nous de baiser, ma mère est partie au travail ». Mais mère au travail ou pas, il me semble être clair que Godon n’est pas super chaude. Et non, c’est non.

Quant à l’air et à la structure, c’est vrai qu’il y a quelque chose de Kradoutja. Cela dit, c’est tout de même une mélodie très basique, je ne mettrais donc pas ma main à couper que les deux airs soient reliés.


Police d’écriture utilisée pour la reproduction du texte ancien : IM FELL DW Pica. The Fell Types are digitally reproduced by Igino Marini. www.iginomarini.com

#320 – Comment en est-on arrivé là ?

Dans la cour de l’école primaire, mes camarades chantaient une drôle de chanson. Une drôle de chanson fort raciste. C’était le début des années 90, nous étions dans le sud de la France, quasiment les pieds dans l’eau de la Méditerranée, et voilà ce que disaient les paroles :

Je m’appelle Moustapha, et j’habite au sahara,

Je joue du tam-tam sur le cul de ma bonne femme,

Elle me dit : « salaud », alors je sors mon grand couteau,

Elle me dit : « assassin », je lui coupe les deux seins.

Délicieux n’est-ce pas ? On a tous envie de voir son enfant de six ans rentrer à la maison cette gerbante chanson aux lèvres. Mais c’était comme ça, les cours d’école, à mon époque.

Et sur quel air chantaient-ils ça les enfants ? C’est plus compliqué. Disons qu’en France, on dira le plus souvent qu’il s’agit de l’air de « Travadja la moukère », qualifiée de chanson de pieds-noirs, ou de chanson des soldats français en Algérie. Connue, selon les sources, depuis au moins 1910 ou 1940. Belle fourchette. On verra un peu plus loin que cet air est en réalité bien plus ancien.

Voici un court extrait de l’interprétation qu’en fait Mohammed ben Abd-el-Kader :

Extrait de Travadja la moukere par Mohammed ben Abd-el-Kader

Comment en est-on arrivé là ? C’est la question que je me suis posé depuis l’enfance, sans jamais vraiment faire de recherche à ce sujet. Depuis, précisément, que mes parents m’ont offert la cassette vidéo de L’Étrange Noël de monsieur Jack de Tim Burton, qui s’ouvrait sur le court métrage Vincent, du même réalisateur.

Quelle était la bande originale de ce court métrage ?

Extrait de la B.O. de Vincent de Tim Burton, composée par Ken Hilton

Comment. Comment ? COMMENT ??

C’était impossible à comprendre pour mon cerveau d’enfant. Tim Burton avait-il été élève dans mon école ? Chantait-il « Moustapha » sans comprendre la portée des paroles même si ses parents faisaient les gros yeux ? Un vrai mystère.

Bon, clarifions. Il semblerait qu’il s’agisse en réalité d’un air traditionnel Algérien nommé Kradoutja, connu en France depuis le XVIIe siècle. Enfin, c’est ce qu’on dit. Personne n’a retrouvé de partitions en attestant. On trouve par contre des partitions d’airs similaires depuis le XIXe siècle (voire XVIIIe).

Mais comment cet air s’est il retrouvé dans un film de Tim Burton ? Il semblerait qu’il ait été popularisé aux États-Unis par la chanson The Streets of Cairo de James Thornton, publiée en 1895. Depuis, dans l’inconscient collectif américain, cet air est lié à la danse du ventre et aux charmeurs de serpents.

Et les charmeurs de serpents, comment charment-ils les serpents ? En leur jouant de la flute. Et que fait le petit Vincent au début de Vincent ? Il joue de la flûte.

Voilà. Maintenant je sais, et vous savez aussi.

Bon, j’ai rédigé cet article en une heure. Et je me suis bien rendu compte en commençant à me documenter qu’il s’agissait là d’un très gros morceau d’archéologie musicale et folklorique. Je m’engage donc à préparer un petit dossier bien roboratif au sujet de cet air, mais ce ne sera pas pour tout de suite. Laissez-moi du temps.

Je tiens tout de même à vous dire que selon Ethan Hein, aux États-Unis aussi, les enfants, et les adultes, mettent des paroles sur cet air, et voilà ce que cela peut donner :

Ethan Hein cite lui-même le livre Beethoven’s Anvil de William Benzon

Mais ce n’est pas tout ! Wikipédia nous dit : « Alternate titles for children’s songs using this melody include « The Girls in France » and « The Southern Part of France » » ou encore « They Don’t Wear Pants in the Southern Part of France. »

Et voici deux versions des paroles de ces chansons, toujours données sur wikipédia :

There’s a place in France

Where the ladies wear no pants

But the men don’t care

’cause they don’t wear underwear.

ou

There’s a place in France

Where the naked ladies dance

There’s a hole in the wall

Where the boys can see it all

Cavanna disait quelque chose du genre les Français sont pour les Américains ce que les Italiens sont pour les Français, et ce que les Arabes sont pour les Italiens. C’était pas la phrase exacte, c’était peut-être même pas ça du tout. Mais ça illustre bien ce retournement de situation. On remarquera que, dans tous les cas, de Moustapha aux Martiennes, c’est la femme qui est nue, qu’on reluque, qui est l’objet de fascination ou sur laquelle on tape. Pas bravo.

Allez, un petit dossier sur cet air de musique qui traverse les époques dès que j’en ai le temps, et demain un article certainement sans aucun lien.

Bises

Musicouillerie #008 – Seven Eighth (Dans Numéro 0.7)

Audio :


Comme son nom l’indique, la signature rythmique de ce morceau est : 7/8. C’est l’occasion d’une petite leçon parce que c’est pas la première fois qu’on en parle.

Qu’est-ce que ça veut dire, 7/8, pour les ceusses qui causent pas le jargon musiqueux ? C’est à peu près simple. Approchez, je vous explique.

Prenez une chanson de Patrick Sébastien, au hasard. Battez la mesure. Allez-y, personne ne vous regarde. Voilà, en tapant dans vos mains en continu, comme ça : clap clap clap clap… vous pouvez compter 1 2 3 4 et recommencer. Et ça va, ça marche bien : 1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4 etc.

La signature rythmique de ce morceau est donc 4/4. Ça veut dire qu’il y a quatre noires dans une mesure. Le premier 4 de 4/4 veut dire qu’il y en a quatre. Quatre quoi ? Ben des noires, je viens de vous le dire. C’est le second 4 qui veut dire que c’est de noires qu’on parle.

Vous vous souvenez des cours de musique de primaire et collège ? Les rondes, les blanches, les noires, les croches ? La ronde c’est la note qui dure toute la mesure, les autres ont des durées moindre. 1 ronde = 2 blanches = 4 noires = 8 croches. Ben voilà z’avez pigé. Bon et maintenant, une signature rythmique en 7/8, qu’est-ce que ça veut dire ?

J’attends. Relisez bien tout lentement si vous n’avez pas trouvé.

Voilà, c’est qu’il y a sept croches dans une mesure. Le premier chiffre dit combien il y en a, le second de quoi on parle. 7/8, sept croches.

Attention plus compliqué : on a dit 4 noires = 8 croches. Okay. Tout à l’heure, vous aviez compté toutes les noires, 1 2 3 4, en tapant dans vos mains sur Patrick Sébastien. Recommencez, sur la même chanson, mais tapez dans vos mains deux fois plus vite (et deux fois plus c’est pas une façon de parler), et au lieux de 1 2 3 4 1 2 3 4… comptez : 1 ET 2 ET 3 ET 4 ET 1 ET 2 ET 3 ET 4 ET 1 etc. Là, vous marquez les croches de chaque mesure, vous comptez en 8/8 on pourrait dire.

Ben voilà. Le morceau Seven eighth, ça veut dire que par rapport à un morceau standard en 4/4 ou 8/8, ce qui est la même chose, il lui manque une croche par mesure. Il n’en a que 7 au lieu de huit, ce qui donne l’impression qu’il « boite ». Il vous faudra compter 1 ET 2 ET 3 ET 4 1 ET 2 ET 3 ET 4 1 etc. pour bien retomber sur 1 au premier temps de chaque mesure, parce qu’il manque un « ET » entre le 4 et le 1.

Pfouu, c’était pas facile sans schéma. Que dire d’autre sur le morceau en lui-même ? Très jeu vidéo, tout synthé… J’ai essayé quelques variations sans trop me casser la tête, j’ai surtout varié les sons de synthé et adapté un poil en fonction du son. Je l’aime quand même pas mal ce morceau.

Quand je l’ai présenté à Numéro 0, la remarque d’un ami a été : « pile quand je me suis dit que ça commençait à être répétitif, le morceau s’est arrêté ». Apparemment, c’est donc un morceau à n’écouter qu’une fois.


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Musicouillerie #007 – Incense (Dans Numéro 0.6)

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Tout ça est parti de la basse. Car j’ai une basse. Une japonaise, cinq cordes. Je me souviens plus la marque. Elle marche bien. Enfin, en ce moment elle marche pas, mais je veux dire qu’en temps normal elle sonne bien. Faut bien la régler quoi. Bon ben là, on a beau la régler y a plus rien qui sort. Faudrait la faire réparer. C’est l’électronique qui merde et… ah oui, je vois, vous vous en foutez. Vous avez bien raison.

Tout est donc parti de cette ligne de basse trouvée alors que je découvrais l’instrument. J’aimais beaucoup la jouer un peu tous les jours comme échauffement. Je l’ai simplement enregistrée, et j’y ai collé une piste batterie trouvée au hasard dans les samples proposés nativement par Logic Pro X. Tout comme la voix de l’Indien d’Inde : sample de base Logic Pro X.

À ce propos, en me rendant sur Dailymotion histoire de voir où il en était de son agonie, c’est mon côté pervers, j’ai découvert qu’OrelSan avait utilisé le même sample dans le clip de sa chanson Dis-moi (1 m 41 s). Je pense qu’il n’y a plus que lui pour faire vivre Dailymotion. OrelSan, cruel opposant de l’euthanasie ? C’est possible.

Tout ça c’est bien beau, que vous vous dites, mais on s’en tape. Voui, moi aussi, je m’en tape. Si vous saviez comme je m’en tape ! Mais en même temps, ce morceau, Incense, c’est trois fois rien. Une ligne de basse en boucle, une guitare avec trop d’effets, trois samples pourris. Et qu’est-ce que vous voulez que je vous raconte avec ça ?


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Musicouillerie #006 – Yet Another Cop Show (Dans Numéro 0.4)

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Le funk ça a jamais été mon truc. Non, c’est pas ça. Disons qu’en explorateur que je suis, dans la jungle des genres musicaux, je suis jamais tombé nez à nez avec le funk. J’ai donc fait un morceau avec tous mes préjugés le concernant et ça a donné ça.

Si je me souviens bien, j’avais acheté la piste batterie sur un site qui proposait des enregistrements de… ben ouais de pistes batteries. Des trucs de qualité et dans différents genres. Le site fournissait aussi des samples de chaque coup sur chaque fût et sur chaque cymbale, isolé. Mais là pour ce morceau j’ai juste collé la piste enregistrée telle quelle et j’ai joué par dessus tout ce qui me passait par la tête.

Pour autant on ne peut pas dire que j’ai fait honneur au batteur dans le mix, mais c’était compliqué. J’ai jamais été bon mixeur, et j’ai jamais eu la patience qu’il faut avoir si on n’est pas bon. Je dis ça parce que j’aime m’auto-flageller, mais en y repensant ce mix je l’ai tourné et retourné dans tous les sens, seulement pas possible de m’en sortir correctement. J’ai fini par l’abandonner dans l’état où vous pouvez l’entendre.

C’était compliqué, je disais, parce qu’il y a beaucoup d’éléments. La batterie et les guitares sont réelles, le reste est synthétique, mais en tout ça fait au moins sept instruments qui jouent en même temps.

Ben voilà, après j’ai refourgué ça à Numéro 0 au printemps 2015. Vous remarquez peut-être qu’en ce moment je vous fais bouffer du « fait pour Numéro 0 » à chaque note de blog, c’est pour rattraper la parution des morceaux sur le site. Ensuite ce sera plus qu’une fois toutes les deux ou trois semaines.


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Musicouillerie #005 – If I Were a Single Man (Dans Numéro 0.2)

Audio :

Paroles :

If I were a single man I’d lie
If I were a single man I’d cry
If I were a single man I’d lay
If I were a single man I’d pay
If I were a single man I’d play
If I were a single man I’d stay
If I were a single man I’d sing
If I were a single man I’d sting
If I were a single man I’d think no more
If I were a single man I’d drink no more
If I were the chosen one I’d smile
If I were the fucking devil I’d smite


Ouhlala. Dans celle-là je chante. J’ai un peu honte. J’ai vachement honte même en fait. Du coup si ça vous embête pas on va se concentrer sur autre chose : le contexte.

Ah non, mince. Le contexte aussi il craint… Bon enfin, faut bien que je vous raconte quelque chose. Donc, nous sommes en… devinez ? Bravo, encore 2015, et je me suis fait quitter par ma petite amie depuis six mois environ, après trois ans de vie commune. Me voilà donc tout seul dans mon petit studio trouvé en urgence et qui me coûte chaque mois 50€ de moins que ce que je gagne avec mon travail à mi-temps en crèche. Il me faut faire quelque chose pour Numéro 0, du fond de ma déprime, pendant que ces connards de voisins du dessous font encore la fête à cent personnes pour la troisième fois de la semaine et que c’est comme ça toutes les semaines, alors que moi je suis désespérément seul, et que même mes amis je les vois presque pas. J’allume mon ordinateur pour noyer mon chagrin dans la musique, ça changera un peu de l’alcool.

Je suis parti sur une mesure composée, un petit 7/8 des familles. Dans ces cas-là, en général, je m’attaque directement à la partie percussion, histoire d’avoir un bon support pour tout le reste. J’ai trop de mal à compter les temps et à trouver des rythmes qui vont bien uniquement avec le métronome en 7/8. Je vous ai dit que je faisais semblant d’être musicien non ? Bon, après ça j’ai couché quelques accords au piano (synthé, bien sûr, vous pensiez que j’avais un piano dans ma cage à lapin de célibataire avec mon salaire de misère ?) et la ligne de basse, puis j’ai enregistré la partie mandoline (avec ma vraie mandoline cette fois, c’est pas cher et ça prend pas de place) et enfin les synthés synthés.

C’est pour le mix que ça s’est corsé. J’avais pas fini de mixer les instruments avant d’enregistrer la voix, ce qui fait que j’y ai passé deux jours à m’en arracher les cheveux. Dès que je baissais ou augmentais le niveau d’un instrument ou que je touchais un compresseur, il fallait que je change tout le reste. J’en pouvais plus, j’ai failli abandonner. Bon ben j’ai pas abandonné sinon vous auriez pas pu écouter le morceau.

Bon et puis pour les paroles vous voyez bien, ça dit en anglais « si j’étais célibataire… » et après je mets des trucs qui riment pour lesquels chacun·e pourra bien inventer un sens.

Anecdote : les rires qu’on entend au tout début de la chanson, c’est les connards de voisins qui font la fête en bas pendant que j’essaie d’enregistrer proprement une mandoline. Je l’ai laissé. J’aime bien.


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Musicouillerie #004 – Something very very flat (Dans Numéro 0.1)

Audio :

Paroles :

« Generally speaking, you’re free until you’re about four years old. And then five arrives, then you go to grammar school and then you start becoming demented and solved and orientated and shoved into areas. You lose what individualism you have. If you have enough, of course, you retain some of it. But most don’t have enough so you become watchers of game shows, you know, and things like that. Then you work the eight-hour job with almost a feeling of goodness. Like you’re doing something. You get married, like marriage is a victory, and you have children, like children is a victory. But most things most people do are a total grind: marriage, birth, children. It’s something they have to do because there’s nothing else to do. There’s no glory in it, there’s no steam, there’s no fire. It’s very very flat. And the Earth is full of them. Sorry, but that’s the way I see it. »

Charles Bukowski, au cours d’une interview.


Toujours 2015. Toujours pour Numéro 0 (voir note précédente).

Alors celle-ci je l’aime bien. C’est pas souvent. Mais je peux pas trop l’écouter, elle me met instantanément dans une état proche de la défonce et vraiment pas loin de la grosse déprime. Je ne sais pas de quoi ça vient. C’est pas les paroles, c’est la musique. Sûr que quand je l’ai faite j’avais bien fumé et j’étais pas dans mon assiette, mais je ne sais pas si c’est parce que ça me rappelle ce moment ou si c’est juste les sons, le rythme qui fait ça. Je sais pas ce que ça vous fera à vous mais à moi elle me fait pas vraiment du bien, et pourtant je le répète je l’aime beaucoup.

L’idée de départ était encore d’habiller un discours parlé, mais cette fois je ne m’étais pas mis de contraintes musicales particulières. J’ai commencé par laisser trainer cet espèce de note aigüe continue qu’on entend dès le début et qui reste présente jusqu’à la fin, puis j’ai rajouté ces sortes de cloches qui sonnent à un rythme régulier sur la même note, avant de leur faire faire des accords et de développer là-dessus. Pour cette contrebasse vraiment très libre, en dehors des temps et mixée très haut, j’ai beaucoup hésité. Encore aujourd’hui je ne suis pas sûr de ce choix. En même temps rien d’autre ne ressort vraiment dans ce morceaux, il faut bien un élément un peu devant et un qui se comporte étrangement, non ? Sinon on se fait chier. Bon ben là c’est la contrebasse qui fait les deux. Bon et j’aime beaucoup le mellotron, vous aimez le mellotron vous ? Je crois qu’on ne peut pas ne pas aimer le mellotron. Moi j’en foutrais partout du mellotron. En plus le mot est sympa. Mellotron, mellotron, mellotron.

Pour le choix de l’interview de Bukowski… bah, disons que c’était pas ma période la plus sobre et que ça devait encore être un de ces jours où j’en veux à la terre entière. Oui, ça m’arrive. Des fois je trouve que vous êtes tous une belle bande de cons qui m’empoisonnez la vie. Après je pense aux gens que j’aime et je me dis que c’est moi le gros con. Des fois je suis de bonne humeur aussi, mais ces jours-là j’évite de lire du Bukowski. Ça aussi ça peut me faire basculer vite fait bien fait, comme ce morceau.

Maintenant que j’y réfléchis c’est peut-être ce sifflement continu qui me fait déprimer quand je l’écoute.


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#284 – Le temps passe mais pas tant que ça

Aujourd’hui je vis mon troisième vendredi de la semaine. Si si, je vous assure, comme dans ces histoires de science-fiction ou d’horreur dans lesquelles le personnage revis jour après jour la même journée. Comment est-ce possible, hein ? Eh bien avant-hier, mercredi, j’ai cru toute la journée qu’on était vendredi. À un moment mon amie m’a bien parlé de « ce week-end qui arrive » mais comme elle n’a pas relevé mon « donc demain quoi » (ce qui prouve bien que personne ne m’écoute (ou qu’elle a trop l’habitude de m’entendre dire n’importe quoi)) je ne me suis rendu compte de rien. Ce n’est que le soir, tard, avant d’aller au lit qu’elle m’a fait remarquer que non, « demain ce n’était pas le week-end. » Zut, que je me suis dit, je suis bien bête. J’en ai donc déduit qu’on était jeudi et je me suis couché.

Hier, jeudi, j’étais donc persuadé qu’on était vendredi. Ben si, puisque mercredi s’était en fait avéré n’être pas la veille du week-end. Je m’étais dit que je m’étais trompé d’un jour, voilà tout, j’étais loin de me soupçonner d’être assez con pour me tromper de DEUX jours… Et comme hier nous n’avons pas parlé de ce week-end avec mon amie, je n’ai pas pu être détrompé une nouvelle fois. Ce n’est qu’en sentant mon amie sortir du lit tôt ce matin et en ne la voyant pas revenir tard dans la matinée que j’ai commencé à me demander où elle pouvait bien être. Je fus, je dois l’avouer, assez surpris en apprenant qu’elle était au travail dans sa réponse à mon SMS.

Voilà donc comment je vis aujourd’hui mon troisième vendredi de la semaine. Vous pouvez applaudir.

Bon, mais paradoxalement, sans que je m’en rende compte, il se sera bientôt passé un an sans que je fasse réellement de musique. Pas possible ? Si. À Lyon, dans notre petit appartement de 22 m² pour deux, je n’en avais pas vraiment la place. Maintenant que je suis en République Tchèque, j’ai la place. Sauf que tous mes instruments sont encore à Lyon et chez mes parents un peu plus au sud encore que Montpellier. C’est donc pas tout de suite que je vais pouvoir m’y remettre comme j’aimerai.

MAIS ! Puisque j’ai dit qu’il y aurait de la musique sur ce site (je sais plus quand je sais plus où mais j’ai bien dû le dire un jour) j’ai ouvert ici même un nouveau blog dédié :

Musicouilleur

(accessible depuis le menu principal en haut du site)

Je l’ai créé indépendant du blog principal (en apparence, puisque dans les faits c’est le même mais les articles de la catégorie musicouilleries apparaissent là-bas et pas ici) parce que je compte le mettre à jour fréquemment et y faire figurer à terme tous mes morceaux vieux ou récents, courts ou longs, cools ou chelous, et je souhaiterai éviter que le blog principal ne soit noyé là dedans.

C’est que la plupart des morceaux sont plus vieux, courts et chelous que récents, longs et cools et j’ai peur d’ennuyer celles et ceux qui s’en tapent de mes petites expérimentations sonores. Je n’ai pas non plus envie que le blog principal devienne uniquement une vitrine pour mes propres fabrications, je veux qu’il reste un endroit où je peux parler du reste du monde aussi.

Chaque article de ce blog musical sera donc consacré à un morceau, ou à un petit ensemble de morceaux s’ils s’y prêtent, et comprendra :

  • le morceau en question à écouter en ligne
  • la vidéo d’accompagnement s’il y en a une
  • les paroles s’il y en a
  • un commentaire du morceau avec anecdotes et infos sur le contexte dans lequel il a été fait
  • des liens de téléchargement vers l’audio et la vidéo s’il y en a.
  • un espace pour poster vos commentaires (pour l’instant « laisser un commentaire » n’apparait pas à côté des articles, mais il suffit de cliquer sur le titre de l’article et d’aller à la section commentaire tout en bas)

Parce que les morceaux ont beau être plutôt vieux (pour l’instant), courts et chelous, ça n’empêche pas qu’ils sont là et qu’il sera toujours plus intéressant de les consulter de cette manière que par une simple liste de 300 fichiers téléchargeables (qui existera cela-dit aussi et sera bientôt accessible depuis la partie Archivouilleur du site).

En espérant que vous y trouviez des trucs qui vous plaisent. La bise.

Musicouillerie #003 – Who Has the Power ? (Dans Numéro 0)

Audio :

Paroles :

« I’m sorry, but I don’t want to be an emperor. That’s not my business. I don’t want to rule or conquer anyone. I should like to help everyone, if possible, Jew, Gentile, black man, white. We all want to help one another. Human beings are like that. We want to live by each other’s happiness, not by each other’s misery. We don’t want to hate and despise one another. In this world there is room for everyone. And the good earth is rich and can provide for everyone. The way of life can be free and beautiful, but we have lost the way. Greed has poisoned men’s souls, has barricaded the world with hate, has goose-stepped us into misery and bloodshed. We have developed speed, but we have shut ourselves in. Machinery that gives abundance has left us in want. Our knowledge has made us cynical. Our cleverness, hard and unkind. We think too much and feel too little. More than machinery we need humanity. More than cleverness we need kindness and gentleness. Without these qualities, life will be violent and all will be lost…. The aeroplane and the radio have brought us closer together. The very nature of these inventions cries out for the goodness in men, cries out for universal brotherhood, for the unity of us all. Even now my voice is reaching millions throughout the world, millions of despairing men, women, and little children, victims of a system that makes men torture and imprison innocent people. To those who can hear me, I say : do not despair. The misery that is now upon us is but the passing of greed, the bitterness of men who fear the way of human progress. The hate of men will pass, and dictators die, and the power they took from the people will return to the people. And so long as men die, liberty will never perish. […] Don’t give yourselves to brutes, men who despise you, enslave you, who regiment your lives, tell you what to do, what to think and what to feel! Who drill you, diet you, treat you like cattle, use you as cannon fodder. Don’t give yourselves to these […] men, machine men with machine minds and machine hearts! You are not machines! You are not cattle! You are men! You have the love of humanity in your hearts! You, the people have the power! The power to create machines. The power to create happiness! You, the people, have the power to make this life free and beautiful, to make this life a wonderful adventure. »

Discours extrait de The Great Dictator, Charlie Chaplin, 1940.


Cette fois on est en 2015, et le morceau fait tout spécialement pour le magazine html underground Numéro 0, premier numéro (c’est-à-dire le numéro 0, suivez).

Au lancement du magazine je me disais que ce serait le lieu idéal pour expérimenter des trucs farfelus, dont le collage musical. Au final, je ne pense pas avoir expérimenté dans Numéro 0 plus qu’ailleurs, vu que je ne me suis jamais vraiment tenu à faire de la musique à formule où que ce soit, mais je reviendrai sans doute sur ce point un autre jour.

Là il s’agit d’une composition qui est partie de l’idée d’accompagner un discours parlé par des accords s’enchaînant selon une certaine séquence de mouvements très brève et répétée sur un Tonnetz néo-riemannien (ça fait mec très intelligent, très qui s’y connait dit comme ça, mais franchement j’ai juste fait mumuse pour la première fois avec de beaux outils que je ne maîtrise pas et auxquels je n’ai jamais retouché depuis) jusqu’à être revenu à l’accord initial. Là je n’ai pas accès à mon projet Logic Pro et je n’ai pas le courage de retranscrire les accords à l’oreille pour vous dire exactement de quelle séquence il s’agit. Ensuite j’ai essayé de dégager des sortes de mélodies pas trop dégueu de tout ces accords contraints.

Représentation animée d’un tonnetz néo-riemannien « toroïdal » ou « en forme de gros donut ». Par Davidwbulger. Enfin allez pas demander un torus à la boulangerie du coin, on va vous regarder bizarre.

Pour le discours, j’ai pris celui du personnage de Chaplin dans son The Great Dictator, non seulement parce qu’il portait grosso modo un message sympa bien que simpliste : « soyez gentils », mais aussi parce qu’il était très simple à trouver et n’était accompagné d’aucune musique de fond. J’ai viré quelques passages du discours que j’aimais moins. Et puis, il y a de l’intention dans la voix, ça aide un peu à tenir cet enchaînement d’accords qui ne semble vouloir aller nulle part. Normalement j’ai pas le droit d’utiliser ça, parce que c’est pas encore dans le domaine public. Chut.

Bon, enfin, pour conclure : j’aime pas trop le résultat.


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